Série Volkswagen Jetta TDI Cup, en piste avec les jeunes...

Publié le 2 septembre 2009 dans Événements spéciaux par Marc Lachapelle

Prenez trente jeunes pilotes âgés de 16 à 26 ans, soigneusement choisis parmi quelques milliers d’aspirants. Placez-les au volant de voitures de course préparées et mises au point de façon rigoureusement identique, par le constructeur lui-même. Choisissez de préférence une des berlines compactes les plus ‘vertes’ et frugales de l’heure. Mettez ensuite sur pied une structure solide qui organisera un chapelet d’épreuves sur certains des meilleurs circuits an Amérique du Nord. Mélangez le tout et vous obtenez la Jetta TDI Cup, une des meilleures séries de promotion en sport automobile et assurément la plus écologique.

Volkswagen va même jusqu’à planter des arbres sur une terre en Louisiane pour compenser entièrement la consommation énergétique de cette grosse caravane et s’assurer que son ‘bilan carbone’ soit parfaitement neutre. Sans parler du carburant que consomment les voitures de course, les génératrices, les camions de transport et autres moteurs d’appoint, qui combine le biodiesel et le diesel synthétique.

Pour la deuxième fois à Mosport

La Coupe Jetta TDI a été lancée en 2008 et a fait tout récemment son deuxième passage en terre canadienne au légendaire circuit de Mosport en Ontario du 28 au 30 août. Pour l’occasion, Volkswagen avait invité trois pilotes à se frotter aux jeunes coureurs réguliers de la série qui en étaient à la septième des dix courses de la saison 2009. Parmi ces invités, Maximilian Hackländer, un pilote allemand de 19 ans qui est un des meneurs de la série de promotion Polo Cup en Europe et deux journalistes: Jim Kenzie du Toronto Star et celui qui signe cet article.

Mon camarade Kenzie et moi nous sommes d’ailleurs beaucoup amusés à l’idée d’avoir plus de deux fois l’âge maximum des pilotes inscrits à la Coupe Jetta TDI. Jim roule à Mosport depuis 35 ans mais je n’y avais pas couru depuis une participation à la dernière reprise des 24 Heures de Mosport, en 1992. J’avais hâte de retrouver ce circuit ultrarapide, dénivelé et technique qui comporte certains des virages les plus difficiles en sport automobile. Contrairement au Circuit Mont-Tremblant, autre circuit mythique tracé à la même époque, le circuit ontarien de 3,96 km n’a jamais été entièrement repavé depuis sa création. On l’aurait élargi par endroits pour le rendre conforme aux normes de la FIA en 2003 mais la surface elle-même ne semble pas avoir changé depuis 1992, sauf pour les larges bandes de béton qui empêchent maintenant la piste de se dégrader sur la trajectoire de course.

De vraies voitures de course diesel

Ma première mission, en arrivant au circuit le vendredi, fut de découvrir la voiture et de m’assurer d’une bonne position de conduite. Puisque le siège de course Recaro est boulonné en place, c’est Tristan Brannon, mon mécano pour la course, qui va s’en charger. Il fait partie de la petite armée qui assure la préparation des voitures de la série. Peter Viney, de Volkswagen Canada, souligne que les voitures de la série sont construites sans sièges et sans le moindre revêtement intérieur, en jouant simplement sur les codes d’assemblage informatisé. C’est nettement plus logique et moins coûteux que de dépouiller une voiture déjà assemblée comme cela se fait habituellement.

Les Jetta version Coupe TDI comportent environ 70 % de pièces de série et 15 % de composantes empruntées à d’autres modèles VW. Elles conservent par exemple leur tableau de bord d’origine, leurs contre-portes et les accessoires de conduite essentiels : clignotants, essuie-glace, système de dégivrage et d’aération. On ajoute les éléments de sécurité essentiels : cage de sécurité complète, extincteur, interrupteur central, filet de sécurité latéral, etc. En jouant avec les codes d’assemblage, on ajoute un volant sport de Golf GTI et les freins arrière de la Passat. Les grands freins à disque avant de 355 mm de diamètre, avec étriers Brembo à quatre pistons, sont par contre empruntés à la grande Audi R8. Le freinage ne sera jamais un problème en course, ABS inclus.

Les Jetta version Coupe TDI sont propulsées par la version européenne du quatre cylindres diesel turbocompressé à injection directe de 2,0 litres. Sa puissance est de 170 chevaux et son couple maxi de 258 lb-pi est livré dès 1 900 tr/min. Il est jumelé à la boîte DSG à double embrayage automatisé à 6 rapports avec manettes au volant. Chaque voiture est dotée d’un système d’acquisition de données AiM qui montre également le régime et indique le point optimal pour passer les rapports avec des diodes colorées, soit un régime de 4 400 tr/min, précisément. Volkswagen affirme que la consommation en course n’est que d’environ 10 litres aux 100 km et que les voitures pourraient faire la saison entière avec deux réservoirs seulement.

La suspension de ces Jetta très spéciales est entièrement réglable et on remarque immédiatement la carrosserie surbaissée et l’angle de carrossage prononcé des roues. Les jantes d’alliage de 18 pouces sont chaussées de pneus Pirelli P Zero lisses ou rainurés, selon les conditions. Imaginez seulement que les mécanos de la série doivent changer les pneus d’une trentaine de voitures à la fois alors qu’une équipe de course n’a généralement que trois voitures, tout au plus. L’opération est complétée en 30 minutes.

Les choses sérieuses

La majorité des jeunes pilotes de la série TDI Cup ont une longue expérience en course, généralement acquise en karting, en autocross ou en monoplace. C’est ainsi qu’ils ou elles se démarquent lors des épreuves de sélection. La série compte effectivement deux jeunes femmes cette année. Theresa Condict du Massachusetts, une jeune diplômée et physique et musique de l’Université McGill, a d’ailleurs inscrit le troisième chrono de la première séance d’essais à Mosport, tenue sur une piste mouillée. Elle se fera toutefois piéger lors de la séance de qualification et sa voiture en sortira trop endommagée pour courir le dimanche.

La toute première activité au programme aura toutefois été un examen minutieux du circuit, virage par virage, mené par Jan Heylen, le jeune pilote belge de 29 ans qui est l’instructeur en chef de la série. Heylen a couru en Champ Car, en Formule 3000 et remporté à la fois le prestigieux Formula Ford Festival en 2002 et le titre en série Renault Mégane Eurocup en 2005. Heylen et ses confrères prennent leur rôle très au sérieux. Les jeunes pilotes sont rigoureusement encadrés et suivis de très près. On les conseille sur tous les aspects du sport automobile, de l’entraînement aux contacts avec les médias. Heylen va également lui-même en piste lors des séances d’essai et de qualification pour établir des chronos de référence et pouvoir appuyer ses conseils aux pilotes sur les données concrètes acquises en piste.

Les contacts sont interdits mais les accrochages néanmoins fréquents dans la série, une fois que l’adrénaline et la testostérone s’en mêlent. Ces fautes de conduite sont sévèrement sanctionnées et les instructeurs ne mâchent vraiment pas leurs mots. J’y ai tout simplement vu un désir authentique de voir ces jeunes se développer au maximum et réussir. Les pilotes doivent par ailleurs payer pour les tôles froissées, à concurrence de 7 500 $US. À défaut de quoi, ils ne courent pas la prochaine fois. Pour certains, un carambolage ou une grosse sortie de piste peut signifier la fin de l’aventure et d’un grand rêve.

Les chronos chutent

Après une séance d’essai très matinale sur pneus rainurés, la qualification du samedi après-midi fut enfin disputée sur pneus lisses et piste sèche. Du coup, les chronos tombèrent de dix secondes. Mark Pombo de Georgie, à qui le titre de champion avait échappé de peu l’an dernier, fut à nouveau le plus rapide avec un chrono de 1:37.160. À son tout dernier tour, il devança Jake Thompson de Calgary, une des recrues cette année, par un gros sept dixièmes de seconde. Cet ingénieur en mécanique de 23 ans a quitté son emploi après avoir remporté la deuxième manche de la série et mené le championnat jusqu’à la ronde précédente.

Les autres pilotes canadiens réguliers de la série, Andrew Cordeiro et David Richert, se sont qualifiés au 10e et 22e rang, respectivement. Le jeune invité allemand Hackländer a pris le 14e rang avec un temps de 1:39.427 et mon collègue Kenzie s’est retrouvé à la 24e place avec un 1:45.985. Et moi? Après avoir peu à peu retrouvé mes marques sur le circuit, je me suis qualifié 19e avec un temps de 1:40.559 à mon dernier tour. J’étais au moins heureux de ramener une voiture intacte après avoir évité quelques voitures en perdition dont trois d’un seul coup au virage 9 où Jake Thompson s’est retrouvé à l’équerre, droit devant moi, au beau milieu de la piste. Quatre voitures ont été assez sérieusement endommagées durant la séance. Les mécanos se mirent à l’œuvre aussitôt et trois d’entre elles étaient sur la grille de départ le lendemain.

Bon scénario et fin heureuse

J’étais au circuit à 6 heures pile le dimanche matin, en vue de la réunion des coureurs à 6h30. À 6h10, on entend un bruit continu sur le toit plastifié de l’immense ‘centre technique’ qui abrite les voitures. La pluie va tomber pendant une ou deux minutes à peine mais c’en est fait des espoirs de rouler sur pneus lisses pour la course qui sera lancée comme prévu à 8h30. Dès que les feux rouges s’éteignent, Mark Pombo détale et file devant. Je l’ai su après, bien entendu, puisque je prenais le départ de la dixième rangée. Je joue la grande prudence en me rappelant les carambolages de l’an dernier, au premier comme au deuxième virage, sur piste mouillée. Je me fais donc doubler par quelques voitures et me retrouve à la queue d’un long peloton d’une dizaine de voitures.

Une fois le risque d’accrochage monstre disparu, je me mets au boulot et remonte peu à peu ce groupe de voitures. Peu après, j’y suis et je me mets à doubler. J’an devance même deux sur un seul tour. Peu après, nos pneus rainurés perdent beaucoup de leur mordant et il ne reste guère de plaques humides pour les refroidir. La voiture se met à glisser de plus en plus, louvoyant même en ligne droite comme s’il y avait une crevaison ou deux. Je vois alors vu une voiture qui se rapproche. Croyant un instant que c’est déjà le meneur – on n’a pas de calculette en course – ou alors un coureur revenu en piste le couteau entre les dents, je lève le pied un moment. C’est suffisant pour me faire perdre cette position. Voyant qu’AJ Nealey est seul, je me remets en chasse. Je boucle le dernier tour dans son pare-chocs mais choisis de ne pas tout risquer dans les derniers virages.

N’ayant aucune idée de ma position, j’espérais avoir gagné quelques places. Or, ce fut une course presque parfaitement exempte d’incidents, de sorties de piste et d’abandons. Je me retrouve donc 19e, ayant essentiellement repris les quelques positions perdues au départ et gaspillé une occasion d’en gagner une. Malgré ce résultat qui n’a rien d’éclatant en termes de position, j’ai sans doute disputé là ma meilleure épreuve ‘sprint’ en une vingtaine d’années de courses très occasionnelles. Chose certaine, j’y ai pris plaisir comme rarement auparavant.

Mark Pombo a fait cavalier seul devant, prenant même une avance de 12 secondes sur ses poursuivants en début de course. Cinquième au classement avant Mosport, il affirmait n’avoir rien à perdre et chercher la victoire à tout prix. Il l’a raflée avec brio devant Timmy Megenbier, le meneur au classement qui n’a que 19 ans, et le Torontois Andrew Cordeiro qui grimpait sur le podium pour la première fois cette année. Il y a beaucoup de talent, de passion et d’énergie dans cette série de course écolo comme pas une. Je suis toutefois pleinement d’accord avec ceux qui m’ont dit à Mosport espérer y voir bientôt aussi de jeunes pilotes québécois. Après tout, une saison de Coupe Jetta TDI, clés en mains, sur certains des plus beaux circuits de ce continent, coûte à peu près autant qu’une saison sérieuse en karting.

Liens pour la série Volkswagen Jetta TDI Cup

Sur le site officiel de la série Volkswagen Jetta TDI Cup on peut aussi accéder aux sites Facebook, Twitter et au site de chronométrage et de radio en direct qui lui sont consacrés.

On peut également se mériter un volant pour la série Jetta TDI Cup en participant à une série d’épreuves de karting. Vous trouverez les  renseignements en cliquant sur ce lien

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