Volkswagen Atlas Cross Sport 2020 : Amerika

Publié le 25 février 2020 dans Premiers contacts par Marc-André Gauthier

L’Amérique représente une cible toujours plus juteuse pour les constructeurs automobiles. Il n’y a autant de gens qu’en Asie, mais les consommateurs moyens y sont plus riches. Ils paient plus cher pour des « VUS » car ils veulent de la « sécurité ».

Bonne nouvelle pour les manufacturiers, ils ont de meilleures marges sur les VUS, donc, pour eux, vendre des VUS c’est payant. Ils en veulent de plus en plus. Ils veulent que chaque acheteur qui hésite à peut-être acheter une berline se tourne vers un VUS. Pourquoi croyez-vous qu’il y a autant de VUS sportifs et de VUS « coupés ».

Photo: Marc-André Gauthier

On se rappelle le premier Tiguan, un VUS que les ingénieurs de Volkswagen ont développé avec comme vision une grosse Golf GTI, plus pratique. C’est pour ça que le Tiguan était amusant à conduire. Aujourd’hui, Volkswagen « Amerika » est géré par des Allemands naturalisés, qui ont convaincu Wolfburg par on ne sait trop quelle magie de leur faire confiance. Ainsi, on a des Volkswagen plus américaines...et moins intéressantes à conduire.

C’est le cas du nouveau Tiguan, et l’Atlas, s’il a plein de qualités, n’a pas la conduite à laquelle on s’attend de Volkswagen, une compagnie réputée historiquement pour faire des voitures amusantes.

Mais bon, l’Atlas connait un bon succès, et étonnamment, il s’agit d’un véhicule particulièrement apprécié par les jeunes familles de milléniaux fortunés, selon Volkswagen. Encore mieux, toujours selon la compagnie, il s’agit de la voiture qui attire le plus de nouveaux acheteurs chez les concessionnaires.

Comment faire pour continuer de miser sur le succès de l’Atlas ? En s’attaquant au Honda Passport, au Ford Edge et au Jeep Grand Cherokee. Qu’ont en commun ces trois voitures ? Ce sont des VUS intermédiaires pouvant accueillir 5 passagers. Ainsi naquit l’Atlas Cross Sport lors d’une réunion du conseil d’administration de Volkswagen Amerika. Un VUS coupé à 5 places.

Photo: Marc-André Gauthier

Style tellement 2020, mais 2021
Les plus aiguisés d’entre vous auront remarqué que le style du Atlas Cross Sport, à part le fait qu’il soit « coupé », n’est pas exactement le même que l'Atlas actuel. Et oui, pour l’année-modèle 2021 l'Atlas aura une nouvelle devanture. Or, on la retrouve déjà sur le Cross Sport 2020. Encore mieux, on remarque que le nouveau signe en 2D de Volkswagen est maintenant appliqué sur le véhicule.

Pour le reste, c’est exactement la même voiture que l’Atlas. Même planche de bord, mêmes sièges, même système d’info-divertissement, etc. La grosse différence, encore une fois, c’est qu’il n’y a pas deux places supplémentaires cachées dans le coffre.

C’est dommage, parce que ces deux places sont plutôt spacieuses dans l'Atlas, à cause de sa forme carrée. Toutefois, malgré le fait qu’on ait affaire à un VUS coupé, on conserve beaucoup d’espace à l’l’intérieur du véhicule, tant pour les passagers que pour les marchandises. D’ailleurs, même la visibilité demeure bonne, ce qui est rare avec un VUS dont la partie arrière est coupée.

Photo: Marc-André Gauthier

Mécanique recherchée
Où est passée la Volkswagen d’il y a 10 ans ? Le constructeur nous explique qu’on ne peut pas insuffler à un VUS le comportement d’une sportive sans devoir se limiter en taille. C’est pourquoi le Tiguan actuel, plus imposant, se conduit moins bien que le premier.

Pourtant, les gens de Ford arrivent à faire des VUS intéressants avec l'Explorer ST par exemple, mais bon, c’est un sujet pour un autre moment.

Le Atlas Cross Sport est disponible avec deux moteurs, bien connus. Le premier est un quatre cylindres turbocompressée de 2 litres, développant 235 chevaux et 258 livres-pied de couple. L’autre est un V6 (VR6) de 3,6 litres, développant 276 chevaux et 266 livres-pied de couple.

Dans les deux cas, le rouage intégral est livré de série, et ce sera aussi le cas sur l’Atlas 2021. Dans les deux cas, c’est une transmission automatique à 8 rapports qui mène le bal. Côté consommation d’essence, on atteint facilement une moyenne de 12 L/100 km, peu importe le moteur choisi, même si Volkswagen annonce que le moteur turbo est plus économique de 8%.

Toutefois, ils sont inégaux, dans la mesure où le V6 est beaucoup plus adapté à ce genre de gros VUS.

Un petit mot sur le rouage intégral 4motion réactif qu’on retrouve dans le Cross Sport. Il est réactif, c’est-à-dire qu’il priorise les roues avant, mais en cas de « problème », il peut envoyer jusqu’à 90% de la puissance aux roues arrière. Or, sur une chaussée un peu mouillée, les roues avant glissaient lors des départs, et si on exécutait un virage au même moment, les roues arrière donnaient une sorte de petite poussée désagréable.

Photo: Marc-André Gauthier

Bon châssis, conduite sans âme
Qu’il fait mal au cœur de votre serviteur d’écrire ce titre, mais nous y sommes.

Tout d’abord, les louanges ! Le châssis du Atlas Cross Sport, comme celui dut Atlas, est bon. Il est bien rigide, et peu importe le nombre de G qu’on se risque à envoyer au châssis, il tient bon.

Mais la direction, ouf. Tellement élastique, au point où on a l’impression qu’une bande de caoutchouc relie le volant aux roues. Pourtant, le volant a une belle prise en main. Combinez ça à une transmission qui étouffe un peu les moteurs, rendant la conduite « vache », on obtient un véhicule sans âme.

Même sur les belles routes qui relient Vancouver à Whistler, où nous avons essayé l'Atlas, aucun sourire sur le visage. En fait, les paysages majestueux du pays Skwxwú-mesh étaient la seule source de joie en cette journée grise.

Photo: Marc-André Gauthier

Au final
Mais bon, le plaisir de conduire, qu’est-ce que sa rapporte ? Des millions de dollars ont été dépensés par Volkswagen pour dessiner ce produit. Des centaines de clients ont été rencontrés dans des groupes de discussion, et des dizaines de clients potentiels ont conduit des mules. L’Atlas représente ce que veulent les habitants de l’Amerika.

C’est gros, ça donne l’impression d’être sécuritaire, c’est spacieux, on a des capacités hors route suffisantes si jamais, et maintenant, on peut l’avoir en version coupée.

À part le style, c’est le même Atlas, donc. La conduite est identique. La question est donc de savoir si vous préférez avoir deux places d’extra, ou un style qui fera jaser vos voisins gonflables, avec votre VUS à 60 000$.

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