Les véhicules électriques : de plus en plus verts

Publié le 28 février 2020 dans Blogue par Daniel Breton

Lorsqu’on doit analyser l’impact écologique d’un véhicule électrique VS celui d’un véhicule à essence, on se doit d’être vigilant, la situation évoluant très rapidement.

  1. Luc Gagnon a abordé le sujet récemment dans La Presse. Selon lui, « deux facteurs importants affectent la performance environnementale : la source d’électricité et la quantité de batteries ». Malheureusement, il en omettait deux autres qui sont tout aussi importants : les nouvelles sources de production de pétrole et la durée de vie de plus en plus longue des batteries, facteurs non considérés par l’ACEEE, l’ADEME, le CIRAIG ou les autres sources d’où il basait son analyse.

Transition vers du pétrole non conventionnel
Selon « l’état de l’énergie 2020 », 100% des approvisionnements pétroliers au Québec en 2019 provenait du Canada et des États-Unis. Or, s’il y a une dizaine d’années le pétrole brûlé par nos voitures était essentiellement de sources conventionnelles, ce n’est plus le cas. Nous consommons de plus en plus de pétrole des sables bitumineux et de pétrole de schiste qui sont deux types de pétrole encore plus polluants.

Au Canada,

- Environ 75% du pétrole produit au pays provenait des sables bitumineux en 2018. Ce pourcentage augmentera puisque 96% des réserves prouvées de pétrole canadien proviennent des sables bitumineux;

Aux États-Unis,

- 59% de la production pétrolière américaine provenait des schistes en 2018.

Émissions de GES beaucoup plus élevées que prévues
Il y a quelques jours à peine, la revue scientifique Nature révélait que les GES des hydrocarbures étaient de 25% à 40% plus élevées qu’estimées initialement. De plus, des scientifiques d’Environnement Canada ont publié en 2019 un rapport révélant que les émissions de GES des sables bitumineux sont 64% plus élevées que les chiffres fournis par l’industrie pétrolière. Or, l’augmentation des émissions de GES des sables bitumineux était déjà effarante : +423% entre 1990 et 20178.

De l’électricité de plus en plus propre
La production d’électricité au Québec émet très peu de GES : 0,3% des GES du Québec en 2017. Celle de nos voisins s’améliore aussi : Entre 1990 et 2016, les GES de la production d’électricité ont diminué d’environ 66% dans l’État de New York et de 90% en Ontario. Sur l’ensemble des États-Unis, plus de 330 centrales au charbon ont fermé leurs portes depuis 2005, provoquant une baisse des GES de la production d’électricité américaine de 27% entre 2005 et 2017.

Ce virage important dans la production d’électricité a fait en sorte que le pourcentage d’américains qui habitaient dans des régions où un véhicule électrique émettait moins de GES qu’un véhicule équivalent à essence est passé de 43% en 2009 à 94% en 2018, selon une analyse publiée en 2020 par l’organisme Union of Concerned Scientists. Selon le Département américain de l’énergie, une voiture 100% électrique pollue moins qu’une voiture à essence, hybride ou hybride rechargeable dans 42 états sur 50 en 2020. Il ne reste donc que 8 états (6% de la population) où les véhicules hybrides sont les moins polluants. Ainsi, un véhicule à essence pollue toujours plus qu’un véhicule partiellement ou entièrement électrique.

Batteries de plus en plus vertes
Si la fabrication d’une batterie de 60 kWh émet de 8 à 9 tonnes de GES en 2020, les innovations technologiques des batteries qui arrivent présentement sur le marché feront en sorte de diminuer son impact écologique d’un facteur 8 d’ici 2025 à 2027.

Et ce, qu’il s’agisse de la composition de celles-ci, des nouvelles méthodes de réutilisation comme batteries stationnaires, des nouveaux procédés de recyclage des batteries… ou de sa durée de vie qui ira de 1 million à 1,6 millions de kilomètres, soit de 50 à 80 ans à raison de 20 000 km par année.

Les études comparatives de l’ACEEE, du CIRAIG ou des autres sources ne prenant pas en compte les nouvelles sources pétrolières et leurs émissions de GES très élevées, les multiples vies des batteries et la durée de vie prolongée de celles-ci, on peut donc en conclure que leurs analyses sont obsolètes.

Ainsi, pendant que les véhicules électriques sont de plus en plus verts grâce à une production électrique et des batteries de moins en moins polluantes, les véhicules à essence sont piégés par le pétrole qu’ils consomment et qui est de plus en plus polluant.

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