Coupures majeures chez Nissan

Publié le 28 mai 2020 dans Actualité par AFP

En perte pour la première fois depuis 11 ans, Nissan a annoncé jeudi la fermeture d’une usine espagnole dans le cadre d’un nouveau plan stratégique visant à réduire d’environ 20% ses capacités mondiales de production d’ici mars 2023.
Le constructeur automobile japonais, touché de plein fouet par la crise du coronavirus, a confirmé jeudi qu’il comptait fermer son site de Barcelone, qui emploie quelque 3000 personnes.
Un coup dur pour l’Espagne, deuxième constructeur de voitures de l’Union européenne, où l’automobile contribue pour 10% au PIB.
Le gouvernement espagnol a aussitôt regretté cette décision, eu égard aux nombreux « soutiens, aides et accompagnements » dont a bénéficié le groupe selon lui, et affirmé qu’il se battrait pour sauvegarder l’emploi.
Nissan va aussi redimensionner sa production en Amérique du Nord, mais sans y fermer d’usines. En Asie, il avait déjà annoncé en mars la fermeture d’un site de production en Indonésie.
Lors d’une conférence de presse en ligne, son directeur général Makoto Uchida a cependant refusé de divulguer le chiffre total des nouvelles suppressions de postes à venir, invoquant les négociations par pays avec les représentants du personnel.
En 2019 le groupe employait 138 900 salariés dans le monde.
Nissan avait déjà annoncé en juillet dernier son intention de réduire de 10% ses capacités de production d’ici mars 2023, ce qui impliquait la suppression d’environ 12 500 postes dans le monde.

« Lâchés en pleine pandémie »
Une fumée noire monte d’une barricade de pneus brûlés face à une usine centenaire de Barcelone, symbole de l’industrie automobile espagnole.
« En pleine pandémie de COVID-19, il est vraiment honteux qu’une multinationale comme celle-ci nous lâche », dit un employé du service des achats, Jordi Carbonell, 54 ans, évoquant l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.   

Dans la foule des employés (masqués) qui se massent devant les grilles, ce salarié a le cœur gros.   

Il a passé 32 ans de sa vie chez Nissan et se sent « trompé » par la direction depuis des années : « aucun site n’est rentable s’il n’obtient pas un volume de production suffisant et ici, ils l’ont laissé mourir ».  

« L’indignation est à son comble, nous la contenons, mais je ne sais pas ce qui va se passer dans les prochains jours », avertit Jordi, appelant le gouvernement à « pénaliser autant que possible » le groupe.   

« Tous sur la route! », crie un manifestant, pendant qu’une voiture sort de l’usine pour bloquer la circulation de l’autoroute. 

Parmi les manifestants, un couple d’employés s’angoisse tout particulièrement : Juan Sánchez, 45 ans, employé à l’atelier de peinture, et sa compagne, Loli Maraver, affectée au montage.   

Tous deux sont désormais menacés de licenciement. « Une unité familiale se retrouve à la rue, sans travail », dit Juan, en songeant à leurs deux filles âgées de 10 ans.  

La nouvelle arrive au pire moment, insiste-t-il. « Avec la COVID-19, on ne peut pas trouver d’emploi, alors qu’il y a beaucoup de licenciements dans d’autres entreprises ».  

Et si les autorités ne réagissent pas, avertit Pedro Ayllon, « cela peut avoir un effet domino sur d’autres entreprises qui verront que fermer un site en Espagne est facile ».

En vidéo: Nissan peut-elle remonter la pente?

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