Toyota Supra - Une Allemande aux yeux bridés

Publié le 1er janvier 2020 dans 2020 par Antoine Joubert

Et si je vous disais que les dernières Supra canadiennes vendues en 1998 ont collé chez les concessionnaires, le croiriez-vous? C’est pourtant vrai. Car à plus 80 000 $, les acheteurs se faisaient rares. Voilà peut-être pourquoi Toyota Canada joue de prudence pour 2020, en n’important que 300 unités de la nouvelle Supra. Une voiture qui ressuscite après 22 ans d’absence sur notre marché et qui ne laisse personne indifférent.

C’est vrai, la nouvelle Supra n’est pas une authentique Toyota. Même chose pour le coupé 86, qui fait appel à une mécanique Subaru. Cela signifie-t-il que Toyota n’est pas en mesure de concevoir de vraies autos sport? Bien sûr que non! Or, le partage de technologies entre constructeurs permet justement la survie des voitures sport financièrement coûteuses à développer et vendues en petite quantité. Comprenez ainsi que n’eût été du partenariat signé en 2012 avec BMW, la renaissance de la Supra n’aurait tout simplement pas eu lieu.

Alors oui, la Supra possède des gènes de BMW. En fait, on utilise la structure et la motorisation de la récente Z4, qui a toutefois l’avantage d’un peu plus de puissance. Même le poste de conduite est issu de la firme bavaroise, contrairement à ce qu’indique l’emblème logé au centre du volant. Néanmoins, Toyota réussit à conserver l’ADN d’une authentique Supra, par sa configuration et en raison de la présence d’un six cylindres en ligne.

Une sacrée belle gueule

Sur les réseaux sociaux, on peut lire les pires insanités à l’endroit de la nouvelle Supra, alors que d’autres l’encensent. Pour ma part, je suis de ceux qui apprécient son aspect. Un long devant plongeant et massif, un toit embossé et une partie arrière charnue et tronquée la caractérisent. Et puis, son ensemble de jupes aérodynamiques et ses superbes jantes de 19 pouces lui donnent fière allure. Sachez également que la Supra peut revêtir sept teintes, dont le gris fantôme, première couleur mât offerte sur une Toyota.

À bord, vous êtes chez BMW. Même interface, même planche de bord, mêmes matériaux de qualité. Apple CarPlay sans fil est inclus dans l’ensemble, une caractéristique propre à BMW. Il faut en fait jeter un œil à l’instrumentation pour y trouver un peu de Toyota. Celle-ci diffère donc de celle de la Z4, en proposant plutôt un affichage numérique où le tachymètre prédomine sur tout. Pour leur part, les sièges fermes fournissent un excellent soutien. Certains pourraient toutefois se plaindre de l’absence d’une assise à longueur réglable, ce que possède justement la BMW Z4. Et les places arrière? Il n’y en a tout simplement pas, ce qui constitue d’ailleurs une première pour la Supra, qui a toujours offert quatre places assises.

Malgré l’influence BMW, la présentation intérieure est franchement ordinaire. Surtout parce que le noir prédomine et qu’il n’y a pratiquement aucun contraste. Vous verrez certes un peu de fibre de carbone au niveau de la console, mais là s’arrête la liste des éléments décoratifs. Pour un peu plus de punch, l’option sans frais des sièges rouge peut donc apporter un peu de chaleur dans cet habitacle qui, disons-le, est plutôt sombre.

Eh oui… automatique seulement!

Hélas, pas de boîte manuelle! Parce que les Américains n’en veulent pas, et parce que la Z4 ne l’a pas non plus. Même les gens de Toyota Canada admettent être déçus de ne pouvoir l’offrir. Heureusement, la boîte ZF à huit rapports effectue un excellent boulot. Et en sélectionnant le mode Sport, on découvre à quel point cette dernière a du potentiel. Il faut dire qu’à la sélection de ce mode, plusieurs éléments de la voiture se transforment : direction et amortissement plus fermes, sonorité d’échappement plus agressive, puissance plus vive et gestion des passages de rapports plus dynamique permettent ainsi à la Supra de performer de façon exceptionnelle. Et parce que la bagnole profite d’une parfaite répartition des masses et d’un court empattement, la maniabilité est littéralement incroyable. Parallèlement, l’activation du mode Normal permet de jouir d’un certain confort, sans jamais perdre la notion primaire de cette voiture, qui procure du plaisir au volant même à très basse vitesse.

Nerveuse et rapide, la Supra boucle le 0-100 km/h en 4,3 secondes. Et pour l’immobiliser, Toyota fait appel à des disques avant de 13,7 po de diamètre avec étriers Brembo à quatre pistons. Elle freine ainsi avec aplomb, aussi parce que passablement légère. En terminant, mentionnons comme irritant l’inévitable turbulence dans l’habitacle passé 40 km/h, lorsque les vitres sont abaissées. Cela dit, les rares Supra à toucher le sol canadien cette année feront assurément le bonheur de leur propriétaire, qui conduiront une voiture amusante et originale. Et qui plus est, vendue à prix moindre que la Supra 1998, malgré un bond de puissance de 15 chevaux!

Feu vert

Feu rouge

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