Genesis G80 - Ironiquement la plus vieille

Publié le 1er janvier 2020 dans 2020 par William Clavey

Bien que Genesis soit encore un jeune constructeur, sa berline intermédiaire G80 se retrouve déjà vieillissante face aux deux autres modèles de la marque. Toujours basée sur l’ancienne architecture qui supportait la Hyundai Genesis, la G80 n’a pas réellement changé depuis son apparition, en 2016. Pour l’année-modèle 2020, elle continue sa lancée sans trop de modifications.

Genesis travaille encore très fort à se bâtir une réputation auprès des consommateurs de véhicules de luxe, et il faut avouer que le fait de ne proposer que trois berlines, au sein de sa gamme, ne l’aide pas dans cette ère de VUS. Il ne serait donc pas surprenant de voir apparaître un véhicule utilitaire signé Genesis avant qu’une nouvelle G80 se pointe le bout du nez.

G80 Sport, la plus aguichante

En attendant que cela se produise, concentrons-nous sur la berline actuelle qui, en dépit de son âge, continue d’en offrir beaucoup à un prix nettement plus abordable que celui de ses rivales européennes. Sachez qu’il est possible de se procurer une G80 bien équipée sous la barre des 65 000 $, ce qui fait d’elle une réelle aubaine, lorsque comparée à l’Audi A6, la BMW Série 5, la Mercedes-Benz Classe E ou même la Lexus GS.

Toujours offerte uniquement avec une transmission intégrale, la G80 est alimentée par un choix de trois moteurs, soit un V6 atmosphérique de 3,8 litres, un V6 biturbo de 3,3 litres – lequel est partagé avec la Kia Stinger et la Genesis G70 –, ou un V8 de 5,0 litres. Chaque moteur est associé à une boîte automatique à huit rapports.

La G80 Sport demeure la plus intéressante de la gamme, se démarquant par des touches esthétiques marquées, comme des jantes spécifiques recouvertes de bronze, ainsi qu’une finition en chrome foncé autour de la grille et des portières, lui confiant une allure distinguée.

D’ailleurs, la tenue de route de la G80 Sport est issue d’un partenariat avec Lotus et deux ingénieurs reconnus œuvrant maintenant chez Genesis : Albert Biermann et Abdul Rahman, les deux venus directement de chez BMW. Ceux-ci s’assurent désormais de confier aux véhicules Genesis un comportement routier digne des meilleures bagnoles de luxe, et pour la G80, on a misé dans le mille.

Dans les platebandes de la Lexus GS

Le comportement routier de la G80 nous rappelle drôlement celui de la Lexus GS, une berline aux proportions et groupes motopropulseurs similaires. Cela dit, nous irions même jusqu’à affirmer que Genesis a surpassé les japonaises en fait de raffinement et de tenue de route, à un point tel que la marque se positionne soudainement comme une authentique riposte aux constructeurs allemands.

L’immédiate sensation que l’on ressent derrière le volant de la G80 est une solidité insécable normalement retrouvée chez des véhicules à prix vraiment plus élevés. De plus, sa douceur de roulement extrêmement raffinée et sereine octroie une marque de sophistication digne de mention pour cette voiture. Son habitacle est silencieux, ses sièges avant sont tout à fait sublimes pour de longs voyages, et absolument séduisants par leurs agencements de couleurs.

Bien que ses moteurs atmosphériques demeurent doux et efficaces, ceux-ci commencent à se montrer vieux et sont gourmands à la pompe. Notre choix de moteur s’arrête sur le 3.3T pour sa modernité et son efficacité remarquables. Presque aussi puissant que le V8, hautement plus léger et nettement plus frugal, celui-ci confère à la G80 des accélérations épatantes, sans délai des turbos, délivrant une bonne dose de couple à bas régime, tout en agrémentant le caractère doux et confortable du véhicule.

Alors, sur le plan technique, la Genesis G80 s’en tire encore à bon compte, se montrant mieux aboutie et dynamique que ses rivales japonaises, par contre il est difficile d’ignorer le fait qu’elle demeure inchangée depuis les cinq dernières années. Bien que son habitacle gagne des points par la simplicité de ses commandes – une qualité des produits Genesis en général –, sa planche de bord ne fait rien pour se démarquer, intégrant même quelques composantes de qualité douteuse retrouvées dans certaines voitures Hyundai.

De plus, même si son interface multimédia incorpore l’intégration Android Auto et Apple CarPlay, le système est désuet par ses menus dépassés et ses longs délais de réaction. Bref, on a vu mieux chez des produits Hyundai à prix beaucoup plus abordables!

Mais tout ça, ce ne sont que des détails, car en général, la Genesis G80 reste une berline de luxe intermédiaire réussie. On ressent le sérieux dans la manière dont elle a été assemblée, et dans le travail effectué sur sa suspension. Sa qualité de roulement, combinée à une dynamique de conduite digne des produits germaniques, lui permet de s’éloigner de ses origines bon marché, et de surclasser la plupart des berlines de luxe japonaises.

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