Suzuki Aerio, en voie de disparition ?

Publié le 5 février 2007 dans 2007 par Marc Bouchard

Il y a quelques années, quand Suzuki s’est lancé dans l’aventure des petites familiales compactes avec l’Aerio, tout le monde a applaudi. On y voyait l’occasion, à la lumière de ce que le fabricant avait la réputation de faire, de conduire une petite voiture dynamique, efficace et amusante. Le premier constat a été légèrement différent. Bien sûr, la silhouette y était, tout comme l’espace. Mais on avait oublié un peu le plaisir en limitant trop la puissance, et on avait négligé aussi l’apparence en installant, par exemple, un exécrable tableau de bord.

Dès la seconde année d’existence du modèle, les dessinateurs sont retournés à leur planche et ont réussi à améliorer leur petit bolide. D’une part, on a lancé la version à traction intégrale alors que d’autre part, on réussissait enfin à augmenter la puissance en implantant sous le capot un moteur que l’on a conservé jusqu’à aujourd’hui. On maintient donc cette année le moteur 2,3 litres de 155 chevaux, ainsi que le couple de 152 livres-pied, une statistique pas inintéressante pour cette voiture de ville dont la mission n’est évidemment pas de devenir un leader incontesté lors des courses de rue !

Sur la route

Avec une telle latitude, la petite Aerio ne lésine pas trop, et son moteur permet un comportement plus compatible avec une conduite urbaine, tout en préservant la sécurité du conducteur. Dans les faits, un dépassement, ou un changement de trajectoire plutôt rapide sur un boulevard urbain achalandé se fera sans trop hésiter et sans véritable danger. Mais on aurait envie d’en avoir plus, et un ajout de puissance ne serait certes pas négligeable. Et surtout, on apprécierait certainement une petite baisse du niveau sonore. Le petit moteur rugit comme une lionne en chaleur, mais ne livre malheureusement pas autant de puissance que de décibels. Lors d’une accélération trop vive, il faut donc accepter de faire une petite pause dans la conversation. En matière de tenue de route, l’Aerio obtient de bonnes notes, notamment grâce à sa suspension indépendante aux quatre roues et à sa conduite directe, bien qu’un peu anonyme. La suspension est peut-être un peu ferme mais garantit une grande stabilité sur tous les types de route. En version traction, on n’a pas encore corrigé la tendance au sous-virage ressentie lorsque la trajectoire de courbe est un peu trop prononcée. Une caractéristique qui disparaissait avec l’ajout du rouage intégral qui était l’apanage de la familiale. Cette dernière configuration, qui permettait de transporter plusieurs bagages n’est plus offerte, conséquence de l’arrivée de la SX-4. De toutes façons, le rouage intégral de l’Aerio était toujours un peu lent à réagir et ne permettait pas d’affronter autre chose que la jungle urbaine. De plus, le bouclier avant était tellement bas que la voiture ne pouvait se permettre d’aller bien loin dans les bois
.
Les dimensions réduites de la berline favorisent aussi un très court rayon de braquage, une qualité indispensable pour un usage en milieu urbain. Quoi de mieux en effet pour un stationnement parallèle que d’avoir une voiture qui se tourne sur un dix sous? Ce n’est qu’au niveau du freinage (disques à l’avant mais tambours à l’arrière) que l’Aerio a une faiblesse. La réponse de freinage est un peu lente, ce qui allonge la distance nécessaire pour immobiliser le véhicule. Mais ce n’est là qu’une bien petite faiblesse que l’on ressentira fort peu dans l’usage quotidien.

De légères améliorations

Quant au reste de la voiture, il ne subit pas de véritables modifications. Il faut dire que la venue prochaine, annoncée et très attendue, du petit SX4 devrait faire la vie dure à l’Aerio, et Suzuki a déjà annoncé sa disparition à la fin de l’année-modèle 2007. La valeur de revente, déjà pas très haute, va en prendre pour son rhume... Le tableau de bord continue d’être efficace certes, mais j’irais peut-être jusqu’à le qualifier de réussite esthétique en plus d’atteindre tout à fait la cible sur le plan de l’ergonomie. Les sièges sont confortables, sans plus. La position de conduite, droite et particulièrement élevée, étonne d’abord le conducteur. Mais rapidement, on en apprécie les avantages : confort, espace pour les jambes et surtout, meilleure visibilité à l’avant comme sur les côtés. Les passagers arrière doivent se contenter d’une banquette dont la fermeté toute relative rend son utilisation plus ou moins agréable. En revanche, pour une si petite voiture, l’espace disponible est plutôt étonnant.

Difficile de parler de l’Aerio, sans insister sur l’espace de chargement du coffre arrière. On a fait disparaître la version familiale, mais la berline conserve tout de même un espace plus que raisonnable, compte tenu des dimensions réduites du véhicule évidemment. Les sièges arrière peuvent aussi s’incliner dans une proportion de 60/40 pour dégager encore plus d’espace. Pas question de loger de grosses valises pour la famille, mais en usage urbain, pour les randonnées avec peu de personnes à bord ou même pour conduire fiston au soccer, l’Aerio joue bien son rôle. Malgré ces petits défauts, cette Suzuki continue d’être une entrée de gamme à considérer. Et nul doute que les concessionnaires seront prêt à la sacrifier à bon prix !

feu vert

Rayon de braquage minuscule
Planche de bord ergonomique
Position de conduite unique
Finition en progrès

feu rouge

Freinage allongée
Slhouette vieillissante
Abandon de la familiale
Insonorisation insuffisante

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