Dodge Charger Hellcat Widebody 2020 : une vraie furie

Publié le 2 octobre 2020 dans Essais par Julien Amado

Contact. Démarrage. Le moteur rugit instantanément tandis que l’aiguille se stabilise sur le régime de ralenti. Le couple de renversement du gros V8 de 6,2 litres secoue légèrement la voiture de gauche à droite à chaque pression sur l’accélérateur.

Sur l’écran central, l’interface indique que le système de départ canon est activé. L’accélérateur est à fond, le frein fermement appuyé. Dès que la pédale de gauche est relâchée, la Dodge Charger Hellcat décolle instantanément dans un hurlement bestial.

Le compresseur volumétrique siffle de toutes ses forces tandis qu’il gave le V8 en air frais. Le train arrière, dont les pneus saturent sous la charge des huit pistons, oscille de gauche à droite dessinant quelques virgules de gomme sur l’asphalte.

Quelques secondes plus tard, l’accélérateur est complètement relâché. La vitesse maximale permise au Québec est déjà atteinte.

Trippante, mais aussi frustrante

La décharge d’adrénaline n’aura pas duré longtemps, et pour cause. Les performances de la Charger Hellcat sont tout simplement hallucinantes. Capable de passer de 0 à 100 km/h en 3,5 secondes, l’auto vous catapulte à des vitesses stratosphériques à la moindre sollicitation. Et elle le fait avec une telle brutalité qu’atteindre les 200 km/h est une simple formalité.

Surtout qu’une fois que l’auto vous a collé dans votre siège au démarrage, la poussée demeure franche et continue, comme si la réserve de puissance et de couple était inépuisable. Le moteur prend peu de régime (moins de 6 000 tr/min), mais se rue vers la zone rouge avec enthousiasme. Il faut dire qu’avec 707 chevaux et 650 lb-pi, les chiffres sont éloquents.

C’est tout le paradoxe qu’on éprouve lorsqu’on conduit cette berline pas comme les autres. Elle vous donne des frissons à chaque accélération, mais fait grimper le compteur de vitesse si vite qu’il faut immédiatement relâcher la pression, sous peine de terminer sa promenade avec les poches remplies de contraventions…ou sur le banc des accusés dans un tribunal!

Photo: Julien Amado

Et pour une conduite quotidienne?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la Charger Hellcat est capable de s’acquitter des tâches ingrates du quotidien. Spacieuse, elle propose suffisamment d’espace pour les occupants, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière. Les sièges avant sont moelleux et très confortables, même lors des longs trajets. La banquette arrière propose aussi un bon confort, et le coffre permet d’engloutir beaucoup d’affaires. De ce point de vue, la Hellcat se montre aussi pratique que n’importe quelle Charger.

Lorsque la route est bien revêtue, la Hellcat se comporte comme une version SXT élargie qui braque moins bien. Le moteur se plie volontiers à une conduite coulée, son couple de camion n’ayant aucune difficulté à mouvoir l’auto dès les plus bas régimes.

C’est lorsque la route devient cassante que cela se complique. Dodge a logiquement doté sa Hellcat de suspensions plus sportives, qui tapent durement lorsque la route est dégradée. D’autre part, on regrette le fait qu’il n’existe pas de mode « silence » pour l’échappement. La sonorité du V8 est envoûtante quand on conduit de manière enthousiaste, mais on apprécierait quelques décibels en moins pour ne pas réveiller les voisins quand on démarre la voiture au petit matin ou tard le soir.

Il faudra aussi penser à prévoir un budget carburant conséquent. Lors de notre essai, la consommation moyenne s’élevait à 16,2 L/100 km. En ville, l’afficheur indiquait 25 L/100 km…soit 2 L/100 de moins que sa consommation réelle ! En caressant la pédale de droite et en roulant sur des routes secondaires, nous avons réussi à consommr entre 11 et 12 L/100 km. Vous l’avez compris, si vous achetez une Hellcat il y a de grandes chances que vous connaissiez tous les commis de la station essence la plus proche!

Photo: Julien Amado

Voyante à l’extérieur, discrète à l’intérieur

Notre modèle d’essai, doté d’une couleur orange plutôt voyante, est une Hellcat Widebody dotée d’un ensemble alcantara et carbone, du Pack navigation et de l’Ensemble commodités. Au total, ces options portent le prix à 92 825 $.

Quand on soulève le capot, on en a évidemment pour son argent. Mais c’est un peu moins vrai dans l’habitacle. Notre modèle d’essai, plutôt terne, ne se démarque pas particulièrement par sa qualité de finition. Les insertions alcantara et carbone optionnelles rehaussent la qualité perçue, mais le plastique bon marché des portes ou du tableau de bord sont difficiles à justifier dans une auto qui va dépasser les 100 000 $ une fois les taxes incluses.

Photo: Julien Amado

Avec un prix trois fois plus élevé qu’une Charger SXT, la version Hellcat n’est pas vraiment donnée. Mais elle représente toute la démesure américaine réunie dans un même véhicule. À l’heure où l’écologie et la consommation raisonnable des ressources sont logiquement mis en avant, la Hellcat prend un malin plaisir à brûler autant de carburant qu’un avion en faisant hurler de plaisir son gros V8.

Que ce soit la Charger ou la Challenger dotée du même moteur, ces bolides sont les dernières héritières des véritables muscle cars de la fin des années 1960. Oui, la charger a toutes les peines du monde à faire passer sa puissance au sol. Et il faut reconnaître que sa tenue de route est largement inférieure à celle d’une Allemande, mais elle procure des sensations véritablement uniques. Et ce sont ses défauts marqués qui la rend la hellcat aussi attachante.

Qu’on aime ou qu’on déteste le pari pris par Dodge, les décideurs ont osé sortir une berline surmotorisée capable de dépasser les 300 km/h. Oui c’est inutile, oui c’est démesuré, mais dans un monde de plus en plus sage et conformiste, n’est-ce pas l’exception qui confirme la règle?

En vidéo: une Dodge Charger en hiver, c'est possible?

Fiche d'évaluation
Modèle à l'essai Dodge Charger 2020
Version à l'essai SRT Hellcat Widebody
Fourchette de prix 37 895 $ – 84 045 $
Prix du modèle à l'essai 92 825 $
Garantie de base 3 ans/60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur 5 ans/100 000 km
Consommation (ville/route/observée) 19,0 / 11,5 / 16,2 L/100km
Options n.d.
Modèles concurrents Chevrolet Impala, Chrysler 300, Ford Taurus, Nissan Maxima, Toyota Avalon, Volkswagen Arteon
Points forts
  • Perforances hallucinantes
  • Sensations de conduite uniques
  • Voiture spacieuse et logeable
  • Tenue de route correcte considérant la cavalerie
Points faibles
  • Roulement ferme quand la route est mauvaise
  • Qualité de finition moyenne
  • Consommation déraisonnable
  • Diamètre de braquage important
Fiche d'appréciation
Consommation 1.5/5 Un peu plus de 16 L/100 km de moyenne lors de notre essai, plus de 25L/100 km en ville, le budget carburant est à considérer en plus du prix d’achat.
Confort 3.0/5 Le roulement est un peu ferme, mais les sièges confortables permettent de ne pas trop faire souffrir les occupants.
Performances 5.0/5 Les accélérations et reprises sont époustouflantes, la force de ce moteur semble inépuisable!
Système multimédia 4.0/5 L’interface Uconnect, identique à beaucoup de produits Fiat-Chrysler, demeure intuitive et agréable dans la Charger.
Agrément de conduite 4.5/5 Un peu remuante lorsque la route est mauvaise, sa tenue de route est loin d’égaler les Allemandes. Mais le caractère de son moteur la rend terriblement attachante.
Appréciation générale 4.0/5 Surpuissante, gourmande en carburant mais amusante à conduite, la Hellcat est la berline de tous de tous les superlatifs.
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