Audi A3, le cœur sur la main

Publié le 9 octobre 2009 dans 2010 par Alain Morin

C’était en 2004, bien avant la crise économique. Audi avait remarqué qu’une partie des consommateurs n’était pas suffisamment fortunée pour se promener dans une de ses voitures même si elle appréciait les belles mécaniques. Le cœur sur la main, comme tous les constructeurs automobiles, Audi est allé fouiller dans son catalogue de châssis, a trouvé que celui de la Volkswagen GTi était plus que potable, et a concocté la A3. Le succès a été immédiat. Désirant aussi connaître cet état de grâce qu’apportent les bonnes actions, BMW a par la suite dévoilé sa Série 1.

L’année dernière, Audi effectuait de très légères modifications à la A3, question qu’on parle un peu d’elle dans les médias, en attendant une version entièrement nouvelle qui devrait être dévoilée au début de 2010 — et qui pourrait être offerte au public en tant que modèle 2011 selon mon petit doigt, à l’imagination quelquefois trop fertile. Quoi qu’il en soit, le principal changement apporté pour 2009 avait consisté en des phares affichant une bande de diodes, comme c’est maintenant la mode chez Audi.

Pour 2010, la plus grande nouveauté se retrouve dans ce qui ne se trouve plus… Il s’agit de l’abandon du V6 de 3,2 litres. Il était certes très puissant, mais pas tellement plus que le 2,0 litres turbo, tout en consommant comme un alcoolique en rechute tandis que son poids supérieur venait un peu assombrir le comportement routier. La meilleure raison pour choisir le V6 était la possibilité de le marier avec le rouage intégral quattro. Mais l’an dernier, Audi a associé quattro et 2,0 litres turbo, signant ainsi l’arrêt de mort du V6.

Le diesel, enfin!

Vers la fin de 2009 ou le début de 2010, la A3 2,0 TDI, déjà proposée sur le marché européen, débarquera enfin chez nous. Nous n’avons pas encore de détails concernant cette voiture, mais nous savons que seules la traction (roues avant motrices) et l’excellente transmission DSG nous seront offertes. N’étant jamais totalement satisfaits, nous implorons déjà Audi d’importer la version quattro et la boîte manuelle à six rapports. Mais commençons par le moteur diesel, c’est déjà un bon début!

Pour l’instant, donc, un seul moteur est proposé avec la A3, soit le 2,0 litres turbocompressé. Ses 200 chevaux impressionnent, mais c’est bien davantage le couple de 207 livres-pied disponible dès 1 700 tours/minute qui retient l’attention des amateurs de performances. Puisque ce couple est réparti également jusqu’à 5 000 tours/minutes, cela signifie qu’il est toujours présent et qu’il n’est point besoin de rétrograder quand vient le temps de dépasser. La voiture fera un bond en avant, peu importe sa vitesse initiale. Bémol cependant sur la consommation d’huile de certaines unités, beaucoup trop élevée. D’ailleurs, Audi serait au courant du problème, mais certains concessionnaires feraient la sourde oreille… selon un ami, propriétaire d’une A3 2,0T qui boit trop (la voiture, pas le gars!). Le modèle de base est une traction à boîte manuelle à six rapports, mais la transmission automatique DSG (qui s’est appelée S-Tronic durant quelques années pour revenir à DSG, pourquoi faire simple…) lui vole la vedette. Cette boîte à double embrayage passe les rapports avec une rapidité déconcertante et toujours au bon moment. Et lorsqu’elle est placée sur le mode sport, elle est encore plus exaltante, les rapports passant encore plus rapidement, accompagnés d’un « blip » convaincant. L’excellent rouage intégral quattro est aussi offert, mais uniquement avec la transmission DSG. Soulignons au passage que même si ce rouage s’appelle quattro, il provient en fait de Haldex, contrairement aux rouages intégraux maison des Audi plus cossues, sauf la TT (Haldex aussi).

L’A3, surtout en livrée quattro, est incroyablement agile et les courbes sont les bienvenues. Grâce au couple élevé et à sa large plage d’utilisation, les sorties de courbes se font rapidement et avec beaucoup de fluidité. Les suspensions bien étudiées de l’A3 n’en font pas un modèle de confort, mais il ne s’agit pas, non plus, d’un objet de torture et le peu de roulis qu’elle affiche en courbes prouve que les ingénieurs ont fait du bon boulot. Un empattement plus long améliorerait par contre le confort. Les freins, de leur côté, sont très efficaces et stoppent la voiture avec autorité. Le système de contrôle de la stabilité latérale et de la traction intervient rapidement si quelque chose cloche. Heureusement, il est possible de le désactiver. En cas de pépin, six coussins gonflables veillent sur les occupants.

Habitacle riche mais pauvre

Même si Audi s’est affiché en maître dans plusieurs domaines, c’est encore en raison de la qualité de l’habitacle qu’il surpasse tous ses concurrents. Les matériaux sont nobles et très bien assemblés et le tableau de bord est un modèle du genre. On pourrait certes retrouver un peu moins de noir que nous ne nous plaindrions pas, mais nous saluons bien bas les jolies jauges qui se consultent aisément, le volant qui se prend parfaitement en main et la disposition ergonomique des diverses commandes. Les sièges, fidèles à la tradition allemande, sont plutôt fermes, mais ils font preuve de confort sur de longues distances. L’accès aux places arrière n’est pas des plus aisés et l’espace accordé aux passagers n’est pas très généreux. Voilà où l’A3 pèche le plus. Car même si son prix joue aisément aux alentours de 35 ou 40 000 $, il s’agit d’une voiture compacte, au même titre qu’une… Volkswagen Golf! Prenez le coffre, par exemple. Il a beau être aussi bien fini qu’un fauteuil papal, il peut contenir moins de matériel que celui d’une vulgaire Dodge Caliber.

Les Européens ont droit à plusieurs versions de l’A3 : un coupé, un cabriolet et une délicieuse version sportive S3 (265 chevaux). De notre côté de la flaque, nous n’avons que le modèle Sportback (quatre portières à hayon). Heureusement, il est possible de l’agrémenter un peu en optant pour la version Premium, et d’agrémenter cette dernière en y ajoutant l’ensemble S-line. Mais le prix s’en ressent…

Feu vert

Moteur 2,0T en forme
Diesel enfin offert (fin 2009-début 2010)
Boîte DSG exaltante
Comportement routier enjoué
Matériaux d’excellente qualité

Feu rouge

Habitacle restreint
Prix de certaines options
Manuelle non offerte avec quattro
Suspensions un peu sèches
Absence du cabriolet et de la S3

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