Bye bye berlines

Publié le 9 juillet 2021 dans Blogue par Antoine Joubert

Deux ans à peine après l’arrivée de sa berline 200 entièrement renouvelée, Chrysler mettait abruptement un terme à sa carrière. Et pour cause, un changement stratégique doublé d’une difficile rentabilité en raison d’un trop faible volume de ventes. Pourtant, on peut considérer la dernière 200 comme la meilleure berline intermédiaire jamais construite par le constructeur.

C’était hélas trop tard. Impossible pour l’entreprise de rivaliser avec des modèles établis comme la Toyota Camry et la Honda Accord qui trônaient au sommet du palmarès des ventes de ce segment, ce qui est d’ailleurs toujours le cas. L’abandon de cette berline aura été symbole de douche froide pour l’industrie automobile, qui voyait alors ce geste comme le début d’un important changement de l’industrie. Un abandon qui, rappelons-le, allait survenir pratiquement au même moment que celui de la Dodge Dart, véritable échec commercial.

Tomber comme des mouches

En 2017, c’était ensuite au tour de Ford d’annoncer l’abandon de ses voitures. D’abord, de ses modèles Fiesta et Focus, puis de la Taurus. La berline Fusion aura quant à elle poursuivi son chemin jusqu’en 2020, n’étant disponible qu’en version hybride à la fin de sa carrière. GM a aussi suivi le bal avec le retrait de ses modèles Sonic, Cruze, Volt et Impala, ne conservant encore que la Malibu qui, vous vous en douterez, vit sur du temps emprunté.

Photo: Chevrolet

Il faut néanmoins comprendre que si la survie de ce modèle nous semble ici incohérente par rapport au retrait de la Cruze (beaucoup plus populaire chez nous), il en allait autrement de l’autre côté de la frontière. En fait, il se vendait à l’échelle nord-américaine environ le même nombre de Cruze que de Malibu, GM ayant préféré de garder la seconde pour une simple question de rentabilité. Cela dit, voilà une voiture qui, bien que toujours disponible, n’est aucunement promue par son constructeur.

La liste des berlines de toutes tailles jusqu’ici abandonnées ne fait donc que s’allonger, surtout si vous incluez les modèles Lincoln. Or, on annonçait récemment que Mazda allait à son tour faire mourir la Mazda6, une berline fort intéressante, mais de plus en plus boudée par le public. Des rumeurs quant à un modèle de nouvelle génération allaient pourtant bon train, il est cependant évident qu’en 2021, le marché n’y est plus. On constate d’ailleurs une baisse de ventes deux fois plus forte que celle du marché général qui, en raison de la COVID-19, chutait en 2020 de 19,8%. Une baisse certes significative, mais certainement moindre que celle des berlines intermédiaires, en dégringolade de 41,2%.

Cette baisse s’explique bien sûr par le retrait de plusieurs modèles, mais également par le désintérêt du public envers ce type de configuration. Et n’allez pas penser que le manque de technologies ou de mises à jour y est pour quelque chose, puisque plusieurs constructeurs y croient toujours ou du moins, y croyaient jusqu’à tout récemment. Sans quoi, Nissan n’aurait pas renouvelé sa berline Altima, meilleure que jamais et désormais dotée des quatre roues motrices, bien qu’elle n’ait jamais été aussi impopulaire depuis son arrivée en 1993.

Photo: Nissan

Qui seront les prochaines?

Alors, en plus de la Mazda6, quelles sont les berlines appelées à nous quitter prochainement? D’ores et déjà, nous savons que les Arteon et Passat ne seront pas renouvelées. Volkswagen en a récemment fait l’annonce, peu de temps après avoir confirmé le retrait de sa Golf en sol canadien. En toute logique, attendez-vous aussi au départ des grandes berlines japonaises restantes. En l’occurrence, la Nissan Maxima et la Toyota Avalon, certes toujours pertinentes pour nos voisins du Sud, mais qui ne font chez nous qu’amasser la poussière dans les cours des concessionnaires. Les Chrysler 300 et Dodge Charger? Mystère et boule de gomme! Un duo de voitures dont les ventes sont aussi en chute libre, mais qui contredit tous les pronostics. Les seules survivantes des grandes berlines américaines, comme si chez Chrysler, le temps s’était arrêté.

Photo: Marc-André Gauthier

En considérant leur départ, il ne resterait alors qu’un duo coréen (Hyundai Sonata/Kia K5) ainsi qu’un quatuor japonais formé des Honda Accord, Nissan Altima, Subaru Legacy et Toyota Camry. Et il ne faudrait pas non plus oublier la Prius, qui loge dans ce segment depuis quelques années, bien qu’elle fasse bande à part. Une voiture qui nous rappelle l’annonce de l’abandon de la Honda Clarity, pour 2022.

Le segment des berlines intermédiaires pourrait donc pour 2022 ne représenter qu’à peine 1,5% du marché canadien de l’automobile, avec une approximation de 25 000 unités vendues. Une goutte d’eau dans l’océan, alors que cette catégorie de véhicules symbolisait à une certaine époque environ le quart des ventes automobiles au pays.

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