Mitsubishi RVR - Comme un vieux tracteur

Publié le 1er janvier 2020 dans 2021 par Germain Goyer

Très bruyant et archaïque, le Mitsubishi RVR se conduit comme un vieux tracteur. Après avoir subi quelques retouches esthétiques pour 2020, on a droit à un copier-coller pour la nouvelle année. Nul besoin de vous dire qu’une refonte complète s’impose quand on réalise que la génération actuelle a été introduite en 2010, ce qui en fait l’un des plus vieux véhicules sur le marché suite à l’abandon des Dodge Grand Caravan et Journey. Malheureusement pour le consommateur moyen, il faudra encore patienter pour la venue d’un RVR qui soit véritablement nouveau. Par principe, rappelons les innovations auxquelles on a eu droit pour 2020. Après tout, elles demeurent les caractéristiques principales du véhicule. Essentiellement, on a subtilement redessiné le bouclier et le pare-chocs, ajouté l’éclairage à DEL autant à l’avant qu’à l’arrière et on a bonifié la palette de couleurs.

En ce qui a trait à la mécanique, il n’y a aucun changement à signaler. Pour les versions de base, on continue d’offrir un vétuste bloc à quatre cylindres de 2 litres. Si l’on désire davantage de raffinement - tout étant relatif - , on peut aussi opter pour un autre moteur à quatre cylindres de 2,4 L. Avec les 168 chevaux qu’il développe, on ne peut lui reprocher de ne pas être suffisamment puissant. En considérant sa taille et son volume, c’est tout à fait adapté. En revanche, dès qu’il est moindrement sollicité, il devient rapidement bruyant et dérangeant. Qui plus est, l’insonorisation du RVR est nettement insuffisante, ce qui nuit, hélas, à la quiétude des occupants. C’est sans contredit le moins bien insonorisé du segment et on pourrait même étirer le cadre jusqu’à l’ensemble du marché. Mitsubishi devrait presque fournir une paire de bouchons pour les oreilles à l’achat d’un RVR.

Les deux blocs travaillent conjointement avec une transmission à variation continue. Malheureusement, la technologie de motorisation hybride rechargeable n’a toujours pas été intégrée au RVR. Pourtant, c’est le cas avec l’Outlander qui a connu un certain succès. Sachant que le RVR est le véhicule le plus vendu, le calcul est facile à faire. À l’intérieur, dès le premier coup d’œil, on constate que c’est vieillot, que c’est dépassé. La finition est décevante pour un véhicule 2021. Et si vous en doutez, montez à bord d’un Mazda CX-30 ou d’un Honda HR-V et vous comprendrez . Mitsubishi nous vante le système d’infodivertissement jumelé à un écran de 8 pouces. Il n’est pas plus intuitif qu’il ne le faut et la qualité de sa résolution rappelle celle d’un vieux four à micro-ondes. Et j’exagère à peine…

Un bon rouage intégral

L’un des atouts de Mitsubishi, c’est assurément son rouage intégral. Se procurer un RVR sans le rouage intégral, ce serait comme de visiter la Gaspésie sans manger une guédille au homard, c’est-à-dire que l’on passe à côté de l’essentiel. Notons que le conducteur peut choisir entre trois modes : roues motrices avant, quatre roues motrices automatique et quatre roues motrices permanent.

Il est offert sur la version ES pour laquelle il faut débourser tout près de 26 000 $. Soulignons également que la facture peut facilement dépasser les 35 000 $, selon la version choisie et des options cochées. Pour un véhicule utilitaire sport (VUS) sous-compact aussi désuet dans sa conception, il n’y a pas à dire, c’est trop chèrement payé.

Deux mots-clés : fiabilité et garantie

Suite à une précédente critique du RVR, nombreux ont été les commentaires des propriétaires de ce modèle. Et parmi eux, une majorité me lançait des roches en me disant qu’ils en possédaient un depuis plusieurs années et qu’ils n’avaient fait face à aucun problème et que le véhicule s’était avéré très fiable. Là n’est pas la question. S’il y a bien un élément que l’on ne puisse lui reprocher, c’est sa fiabilité. En effet, en étant globalement archaïque, le RVR n’innove en rien et ses composantes ont largement eu le temps d’être mises au point. Le RVR est un produit tellement ancien et son évolution est si lente qu’il ne peut qu’être fiable. Et c’est pour cette raison que le manufacturier se permet de proposer une garantie si étendue. Rappelons qu’il est couvert d’un pare-chocs à l’autre pour une durée de cinq ans ou 100 000 kilomètres. Et pour ce qui est du groupe motopropulseur, il est protégé pendant dix ans ou 160 000 kilomètres.

En bref, pour celui qui veut avoir un véhicule garanti longtemps et qui ne veut pas faire face à d’innombrables ennuis mécaniques, le RVR pourrait être à considérer. Mais souvenez-vous aussi qu’il existe des véhicules bien plus modernes, mieux équipés, mieux insonorisés, mieux finis, mieux motorisés et moins énergivores dans le même segment.

Feu vert

Feu rouge

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