Ford EcoSport - L’herbe est plus verte ailleurs

Publié le 1er janvier 2020 dans 2021 par Julien Amado

Lorsqu’un constructeur arrive dans une nouvelle catégorie, c’est généralement pour y jouer les premiers rôles. Dans le cas de l’EcoSport, Ford a fait preuve de moins d'ambition. Déjà vendu en Europe et en Amérique du Sud depuis longtemps, il a fait son entrée sur notre marché en 2018. En théorie, l’offre pourrait être alléchante puisqu’il est disponible avec deux motorisations différentes et peut se doter la traction intégrale en option. Sa gamme de prix se rapproche également de celle de ses rivaux, du moins en théorie, comme nous allons le voir plus loin.

Le Ford EcoSport se distingue de la concurrence avec sa porte battante à l’arrière, similaire à celle des premiers Toyota RAV4. À l’usage, cette dernière est plus agaçante que pratique et prend trop d’espace vers l’arrière lorsqu’on souhaite charger des objets dans le coffre. Et si vous décidez de l’entrouvrir pour éviter de toucher un mur ou une voiture derrière vous, le vérin hydraulique continue de pousser la portière même si vous l’avez arrêtée à la main! Dans cette situation, il faut donc la tenir d’une main et remplir votre coffre de l’autre. Pas très commode avec des sacs d’épicerie plein les bras. Enfin, cette portière vous gratifiera de nombreux bruits et craquements dans l’habitacle pendant la conduite, la rigidité n’étant visiblement pas optimale.

Où sont les chevaux?

Sous le capot, Ford propose deux motorisations. La première, un 3 cylindres turbocompressé de 1 litre développant 123 chevaux et 125 lb-pi de couple, offre des performances correctes pour une utilisation citadine, mais limitées pour un usage routier et autoroutier. Et n’espérez pas obtenir une consommation plus basse. En dépit d’une cylindrée réduite, le petit bloc consomme autant qu’un moteur à 4 cylindres équivalent.

La déception perdure du côté du moteur 2 litres atmosphérique. Bien que les performances suffisent dans l’absolu, elles manquent vraiment d’éclat. D’après Ford, la puissance de ce 4 cylindres s’élève à 166 chevaux. De son côté, le couple maximal annoncé culmine à 149 lb-pi. Derrière le volant, on se demande si quelques chevaux n’ont pas quitté l’écurie en cours de route. En effet, les accélération et les reprises demeurent ordinaires.

Et une nouvelle fois, la consommation n’a rien d’impressionnant puisqu’elle peut dépasser les 10 L/100 km, ce qui est trop élevé considérant les prestations offertes. Les deux moteurs sont jumelés à la même boîte automatique, qui compte six rapports. Elle fonctionne correctement, sauf lors des reprises où le temps de réponse de la boîte est trop long pour descendre les vitesses.

La tenue de route n’est pas dangereuse, mais demeure nettement inférieure à ce que propose la concurrence. Même des modèles basiques comme le Nissan Kicks ou le Hyundai Venue font mieux. La direction ne brille pas particulièrement par sa précision et le roulement n’est pas aussi bien maîtrisé qu’il le devrait. Le roulement, trop sec, grève le confort des occupants tandis que l’amortissement devient trépidant lorsque la route est mauvaise. Ajoutez une prise de roulis supérieure à la moyenne dans les virages et vous obtenez la conduite la moins intéressante de la catégorie. Soulignons tout de même le freinage, suffisamment puissant et efficace, en dépit d’une pédale un peu dure.

Loin des meilleurs joueurs du marché

À l’intérieur, la finition n’a rien d’impressionnant. La qualité des matériaux se situe très loin de celle d’un Subaru Crosstrek ou d’un Mazda CX-30. Et dans les modèles haut de gamme, la différence est encore plus flagrante. Les sièges avant sont plats et un peu fermes tandis que les dossiers manquent de maintien latéral. À l’arrière, la visibilité est limitée et l’espace dévolu aux passagers pourrait être amélioré. En revanche, le système multimédia Sync3, très intuitif, brille par sa facilité. Doté d’un écran tactile de 8 pouces, il reçoit également la connectivité Apple CarPlay et Android Auto. Les boutons situés sous l’écran permettent aussi d’accéder à certaines commandes sans quitter la route des yeux.

Le principal problème de l’EcoSport ? Il était déjà dépassé avant même d’avoir posé ses roues dans les salles d’exposition. En effet, sa conception ancienne joue contre lui dans la mesure où la catégorie des VUS sous-compacts, extrêmement concurrentielle, est désormais peuplée de véhicules plus récents et agréables à conduire. Si son prix de vente se rapproche de celui de ses concurrents, les mensualités à la location ou au financement sont beaucoup trop élevées. Sans oublier la valeur de revente, beaucoup plus incertaine que celle d’un Hyundai Kona ou d’un Subaru Crosstrek par exemple. Pour toutes ces raisons, tournez-vous vers d’autres véhicules si vous magasinez un petit VUS.

Feu vert

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