Honda Accord - Les grands espaces de l’ère turbo

Publié le 1er janvier 2020 dans 2021 par Jacques Bienvenue

L’inventeur du turbocompresseur, le Suisse Alfred Büchi, ne pouvait imaginer que son invention brevetée le 16 novembre 1905 servirait tant aux automobiles. Depuis des années, les fabricants y ont recours pour extirper plus de puissance de leurs moteurs. Aujourd’hui, cette technologie sert aussi à atteindre les cibles imposées en matière de réduction d’émissions polluantes et de consommation avec des moteurs de faibles cylindrées.

La Honda Accord l’illustre bien. La dixième génération de cette grande berline populaire a troqué deux moteurs atmosphériques employés jusqu’en 2017, un V6 de 3,5 litres et un 4 cylindres de 2,4 litres, pour deux 4 cylindres turbo de 1,5 et 2 litres. Le premier est jumelé à une boîte de vitesses automatique à variation continue et le second à une boîte à 10 rapports.

Signe des temps, Honda a même choisi de supprimer la boîte manuelle pour cette voiture. L’indifférence des acheteurs envers l’Accord Sport, seule version offerte avec une manuelle à 6 rapports en 2020, explique ce choix. Il n'y a que 2% des clients qui l’ont choisie. Les autres valorisaient sans doute davantage la simplicité d’utilisation et la souplesse de l’automatique à variation continue.

Moteurs performants

D’ailleurs, ces 4 cylindres suralimentés ne manquent pas de fougue. Produisant respectivement 192 et 252 ch, ils procurent des accélérations franches (meilleures pour le second) et des reprises soutenues grâce à un couple substantiel livré à bas et moyen régime. En conduite normale, ils sont aussi moins gourmands que leurs prédécesseurs, particulièrement le moteur de 1,5 litre. D’après ÉnerGuide, sa consommation moyenne serait presque 15% inférieure à celle de l’ancien moulin de 2,4 litres.

En matière d’économie de carburant, l’Accord hybride fait encore mieux. L’action combinée d’un 4 cylindres atmosphérique de 2 litres à cycle Atkinson et de deux moteurs électriques lui procure une puissance nette de 212 ch et une moyenne de 5 L/100 km, cote qui la place à égalité avec la Toyota Camry hybride, selon les chiffres d’ÉnerGuide. Tristement, Honda n’offre pas de version d’entrée de gamme aussi abordable que sa rivale, ce qui limite son attrait.

Par ailleurs, à l’instar de la Camry et de plusieurs berlines comparables, l’Accord n’est pas conçue pour tirer une remorque. C’est écrit noir sur blanc dans le manuel du propriétaire. Pour cela, on optera plutôt pour un CR-V, un Passport, un Pilot ou un Ridgeline. Cette berline a une structure monocoque très rigide habillée d’une carrosserie élégante avec un toit à longue courbure. Cette forme, en vogue chez les constructeurs actuellement, impose cependant une lunette très inclinée et des montants de toit arrière larges qui limitent le champ de vision.  

Cette forme n’empêche pas pour autant d’avoir un intérieur spacieux. Même les places arrière fournissent un espace princier à leurs occupants avec beaucoup de dégagement pour les jambes. Le constructeur propose plusieurs versions de cette berline partageant une dotation de série satisfaisante. Elle comprend, entre autres, des sièges avant chauffants, une caméra de recul multiangle, l’ensemble Honda Sensing de dispositifs d’aide à la conduite et les systèmes de connectivité les plus populaires.

Coffre perfectible

Quelle que soit la motorisation, le volume utile du coffre est le même, soit 473 litres. Bien qu’il soit un des plus volumineux de sa catégorie, ce coffre est aussi le talon d’Achille de l’Accord. La combinaison d’une ouverture large, mais courte, d’un seuil élevé et d’une hauteur libre réduite complique parfois le chargement de bagages lourds et encombrants. Même un petit objet oublié au fond de ce coffre très profond oblige à jouer au contorsionniste pour l’en extirper.

La surface de chargement peut cependant être allongée grâce aux dossiers arrière 60/40 rabattables (de série). Mais pour les replier, il faut d’abord les déverrouiller à l’aide de petites manettes situées dans le coffre; impossible de le faire depuis l’habitacle. Puis, une fois repliés, ils découvrent une ouverture plutôt étroite et demeurent inclinés.

En abaissant le dossier du côté passager, on constate que le baudrier de la ceinture centrale n’est pas détachable. Il s’étend à volonté, mais reste gênant, sans compter qu’on peut le salir et l’abîmer. Enfin, les bras tubulaires en « S » fixés au couvercle du coffre empiètent dans l’aire de chargement lorsqu’on le referme. Ils peuvent alors écraser des objets fragiles posés juste en dessous. Avec un coffre pareil, Charles Patenaude, le capitaine du Romano Fafard dans la série télévisée Dans une galaxie près de chez vous, imaginerait sans doute un proverbe du genre : « Mieux vaut prévenir que... ramasser une douzaine d’oeufs cassés »!

Feu vert

Feu rouge

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