Chevrolet Camaro - Un excellent tour dans leur sac

Publié le 1er janvier 2020 dans 2021 par Marc Lachapelle

Il est loin le temps où les Camaro et Mustang s’affrontaient sur les circuits le dimanche et chez les concessionnaires le lendemain, pour reprendre un dicton typiquement américain de l’époque. La première a peut-être baissé pavillon devant la seconde aux palmarès des ventes et des qualités pratiques mais elle continue d’exceller au jeu du rapport prix/performance/comportement. Si l’on choisit les bonnes options, bien entendu. Premier indice important : le code magique est 1LE.

La guerre entre Camaro et Mustang a connu son apogée vers la fin des années 60, avec l’escalade prévisible de cylindrée et de puissance. Les deux s’affrontaient également sur les meilleurs circuits d’Amérique du Nord, au fil des épreuves qui composaient la légendaire série Trans Am. Chevrolet avait alors créé la Camaro Z/28 et Ford une première Mustang Boss 302 dans le but d’obtenir l’homologation de ces fringants bolides pour cette série qui exigeait que 1 000 exemplaires en soient produits avant la saison 1969.

Il fallait surtout qu’elles soient propulsées par un moteur atmosphérique dont la cylindrée ne dépassait pas 5 litres ou 305 pouces cubes. Les essais de ces deux voitures, réalisés par Jacques Duval et publiés dans les éditions 1969 et 1970 du Guide de l’auto, avaient fait rêver le jeune mordu que j’étais. Particulièrement avec le récit des tours au légendaire circuit Mont-Tremblant qui avaient produit un chrono identique pour les deux.

Or, ces voitures exceptionnellement puissantes, agiles et performantes pour l’époque étaient également bruyantes, rétives et peu confortables. C’étaient des bêtes de performance sans compromis qui ont marqué l’histoire de ces deux voitures mythiques. Parce que les modèles trop sages ou bêtement fonctionnels sont vite oubliés.

Comme la potion magique

Si la Boss 302 a mis plus de trente années à faire un très bref retour, la Z/28 a été présente dans chacune des générations de la Camaro. Sauf la sixième, amorcée en 2016. Le constructeur offre plutôt les groupes optionnels 1LE qui bonifient l’aérodynamique, le comportement et le freinage des Camaro sans affecter leur confort, en soignant du même coup leur apparence, dans le registre sportif. Ironiquement, l’option 1LE a été créée pour améliorer le freinage des Camaro et Firebird inscrites à la série monotype canadienne Player’s GM des années 80. Comme quoi « la course améliore l’espèce », pour reprendre un autre proverbe automobile.

Les groupes 1LE sont proposés sur toutes les versions, hormis la moins chère, la 1LS, dotée exclusivement du quatre cylindres turbocompressé de 2 litres et 275 chevaux. Les 1/2/3LT peuvent disposer du V6 de 3,6 litres et 335 chevaux pendant que les LT1 et SS accèdent au V8 de 6,2 litres et 455 chevaux. La ZL1 se réserve le V8 surcompressé de 6,2 litres qui libère 650 chevaux.

L’option 1LE comprend des freins Brembo, des roues en aluminium forgé avec pneus de performance, un différentiel autobloquant électronique, un échappement à deux modes, des sièges baquets, un volant et un pommeau en suède synthétique, une suspension de performance et un capot peint du même noir satiné que le becquet avant et l’aileron arrière. Les disques des freins Brembo sont plus grands, pincés par des étriers à 6 pistons à l’avant, et les sièges sont des Recaro pour les SS et la ZL1. Les premières sont également pourvues d’excellents amortisseurs à variation magnétique tandis que la ZL1 reçoit des amortisseurs Multimatic à tiroir coulissant DSSV qui le sont tout autant.

Savoureuse obsession

Passons rapidement sur la visibilité exécrable des Camaro, sur l’exigüité de leurs places arrière, sur leur coffre minuscule et difficile d’accès autant que sur la finition banale de leur habitacle, dont tout a été dit dans ces pages. Ne faisons pas trop de cas, non plus, de leurs cotes de fiabilité plutôt mauvaises. Parce que les qualités primordiales des Camaro sont incontestablement ce comportement routier exceptionnel que font ressortir les groupes 1LE et leurs performances.

Vrai, le quatre cylindres turbo n’a guère de charme mais s’acquitte néanmoins honnêtement de ses tâches tandis que la ZL1, à l’autre extrême de cette échelle, est d’une efficacité diabolique et saura certainement tenir tête à la redoutable Shelby GT500, à bien meilleur prix. Même avec 110 chevaux en moins.

Entre les deux, le V6 est sympathique mais c’est la SS qui offre l’amalgame le plus réussi et accessible des vertus de la Camaro. Son aplomb remarquable, son freinage costaud et sa boîte manuelle solide et précise sont de pures joies sur un circuit. Sans compter qu’elles sont renforcées par ce plaisir coupable qu’est le chant wagnérien de son V8 de 455 chevaux, en pleine accélération. Surtout que la visibilité périphérique n’a guère d’importance quand on a les yeux rivés sur le ruban d’asphalte devant soi. En ville, par contre..

Feu vert

Feu rouge

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