Ferrari SF90 - Quand Ferrari joue de la batterie

Publié le 1er janvier 2020 dans 2021 par Antoine Joubert

En excluant les voitures destinées à la course ainsi que la Monza SP1/SP2, interprétation moderne d’une barquette vendue en très petite série, Ferrari propose aujourd’hui six gammes de modèles. Deux fois plus que Lamborghini, qui compte désormais sur un VUS pour mousser ses ventes. La SF90 Stradale, qui trône au sommet, se veut donc l’interprétation la plus moderne et la plus poussée des Ferrari, à ne pas être limitées en production. Car bien sûr, vous pourriez avoir en tête la LaFerrari, qui n’a été construite qu’à 710 exemplaires. Or, dans le cas de cette SF90, il suffit d’être patient…et bien sûr, d’assumer la facture.

Pour en apprendre davantage sur les aptitudes de ce supercar, quelques minutes suffisent. Vous n’avez en fait qu’à observer sur YouTube les exploits de Charles Leclerc, qui a poussé la voiture à ses limites dans les rues entrelacées de Monaco, pour le court métrage de Claude Lelouch intitulé, Le grand rendez-vous. À en donner des frissons!

Ainsi nommée en l’honneur des 90 ans de l’écurie Scuderia Ferrari (SF), on la baptise également Stradale pour indiquer qu’il s’agit bel et bien d’une voiture de rue. Parce que bien sûr, avec ce que cette voiture a dans le ventre, on pourrait croire qu’elle ne soit destinée qu’à la piste. Alors oui, il s’agit de la première voiture de route, ornée du cheval cabré, à passer le cap des 1 000 PS (l’équivalent de 986 chevaux chez nous), mais aussi à offrir chez Ferrari une technologie hybride enfichable, pour une autonomie 100% électrique de 25 kilomètres.

Tout commence par la robe

Une voiture à faire décrocher les mâchoires, rien de moins. Qu’importe l’angle sous lequel on l’observe, c’est une œuvre d’art. Remarquez notamment ces trois entrées d’air avant ainsi que cette sortie d’air à la base du capot, venant s’ajouter aux prises latérales et aux multiples sorties arrière. Un diffuseur arrière plutôt intimidant fait partie de cette équation. Vous pourriez le choisir en fibre de carbone, pour un « léger supplément » de 12 750 $. Sachez au passage qu’il est d’ailleurs possible d’y ajouter plus de 150 000 $ d’accessoires en fibre de carbone, allant des jantes au bonnet décoratif du moteur, en passant par la jupe inférieure jusqu’aux cadres des sièges. L’embarras du choix!

Contrairement à la LaFerrari, pas de portières papillon. Le constructeur ne semble conserver cette caractéristique que pour les hypercars, comme ce fut le cas pour la Enzo. Vous remarquerez cependant qu’à travers la lunette arrière peut s’entrevoir un moteur positionné plus bas qu’à la normale, ce qui contribue bien sûr à l’abaissement du centre de gravité. Soulignons également que sur le plan esthétique, les feux arrière sont quasi rectangulaires, une première chez Ferrari, qui ne conserve ici les formes circulaires que pour ces deux pots d’échappement logés au centre du pare-chocs.

Utilisant une structure qui marie l’aluminium et la fibre de carbone, la SF90 Stradale est l’une des Ferrari les plus légères. Cela constitue bien sûr un exploit, considérant que le système hybride ajoute à lui seul 270 kg. Ce dernier comprend une batterie lithium-ion de 7,9 kWh et trois moteurs électriques, dont deux attribués à chacune des roues avant. D’ailleurs, il est intéressant de savoir qu’en mode eDrive (ou tout électrique), la voiture est une traction. Pour activer les roues arrière, il faut ainsi passer au mode hybrid (par défaut), performance ou qualification, afin d’exploiter le V8 biturbo de 4 litres. Autre fait intéressant, la boîte séquentielle à double embrayage comporte huit rapports, sans reculons. On confie donc aux moteurs électriques avant le soin d’inverser leur mode de fonctionnement pour que la voiture puisse faire marche arrière.

D’une exaltante sonorité, le moteur V8 chante jusqu’à 8 000 tr/min en faisant équipe avec les trois moteurs électriques afin de produire une puissance maximale qui permet de boucler par exemple le 0 à 200 km/h en 6,7 secondes. On fait aussi appel à une technologie baptisée eSSC (electric Side Slip Control), combinant des freins et des moteurs électriques, pour maximiser la distribution de couple en fonction des besoins, et ce, aux quatre roues. Inutile de le dire, mais les performances dépassent ici l’entendement.

À bord, rien n’est laissé au hasard. La plupart des commandes vitales se retrouvent à même le volant, tels les clignotants, les phares, les essuie-glaces et le bouton de démarrage. On y intègre aussi ce commutateur servant aux différents modes de conduite, que vous aurez sans aucun doute envie d’exploiter. Du reste, une finition magnifique, un écran de bord numérique de 16 po, et quelques petits espaces de rangement, incluant même un porte-gobelet! Bref, une hybride enfichable des plus extraordinaires, mais qui avec un prix de départ à 599 000 $, ne sera certainement jamais éligible aux crédits gouvernementaux pour les voitures vertes!

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