Les garagistes débordés par des touristes mal pris au volant de leur VR

Publié le 8 septembre 2021 dans Actualité par Journal de Montréal

Par Nora T. Lamontagne

Des garagistes sont submergés par les demandes de dépannage de touristes partis en vacances au volant d’un véhicule récréatif sans en connaître les rouages.

« Avec la pandémie, les gens ont acheté des vieux motorisés plus ou moins en bonne condition et ont pris la route avec ça », soupire Sylvain Vezeau, propriétaire d’Atelier mécanique 2000, à Saint-Jérôme, dans les Laurentides.

Le spécialiste des véhicules récréatifs n’a jamais été aussi occupé que cet été, où plusieurs Québécois privés de voyages à l’international ont redécouvert les attraits de leur province à bord de ces véhicules. 

 

«Un VR, c’est un camion avec une maison dessus. Il y a du 110 volts, du 12 volts, de l’air climatisé, du propane, du gaz, une génératrice, [en plus de la mécanique]... Autrement dit, plein de choses qui peuvent flancher», rappelle le mécanicien d’expérience. 

CAA-Québec recense d’ailleurs une forte hausse des demandes de dépannage pour des véhicules de plus de 3000 kg dans les régions touristiques. 

Deux fois plus de membres ont appelé à l’aide pour un pépin en Estrie ou dans les Laurentides en 2021, comparé à 2019, tandis que la hausse en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine atteint 177 %. 

Ils sont partout

Les routes des Îles semblent surtout être périlleuses pour les propriétaires séduits par le charme d’un ancien modèle, parfois acheté usagé et à gros prix. 

« Il n’y a pas beaucoup de vieilles Westfalia qui viennent ici sans que ça finisse par un remorquage », lance avec un grand rire Léon Lapierre, le seul à leur offrir l’assistance routière sur l’archipel.

Selon lui, si tentes-roulottes, fourgonnettes aménagées et autres véhicules récréatifs sont si communs dans la région, c’est parce que l’offre d’hébergement est insuffisante. 

« Tous les campings sont pleins, alors les gens essaient d’aller sur le bord des plages », illustre M. Lapierre. 

Résultat : après 35 ans de carrière, le vieux routier est plus qu’habitué de remorquer des véhicules enlisés dans le sable jusqu’aux essieux. 

Ce genre de scène se répète aussi sur la Côte-Nord, où les campeurs en tous genres ont pris d’assaut la route 138 et les magnifiques plages de la Minganie. 

En plus de gérer les nombreux enlisements, Dominique Boudreau doit souvent remplacer les lames de ressort des véhicules qui traînent une roulotte.

Conduite « cowboy »

«Le monde roule trop vite dans les travaux!» s’exclame le propriétaire d’un service mécanique à Havre-Saint-Pierre, qui a visité de nombreux campings de la Côte-Nord pour faire les réparations nécessaires. 

«Si tu savais les appels que je reçois... Une fois, j’ai passé deux heures et demi à expliquer à un client le fonctionnement de son VR», se rappelle-t-il en rigolant. 

Pour les problèmes plus sérieux, il doit souvent remplacer des pièces... qu’il ne garde pas toujours en stock dans son petit établissement. 

«Est-ce que je vais me stocker pour 100 000 $ de pièces au cas où il y en a un qui arrive ici avec son campeur européen?», demande-t-il de façon rhétorique. 

Les touristes les plus malchanceux doivent donc se résigner à attendre, ou à se faire remorquer jusqu’à la grande ville la plus proche, c’est-à-dire Sept-Îles. 

À partir de Natashquan, à 360 kilomètres de là, ils doivent compter environ 900 $, tandis qu’aux Îles-de-la-Madeleine, on peut faire venir des pièces par avion pour une centaine de dollars. 

«Une inspection avant de partir, c’est pas mal moins cher que de passer deux semaines dans la cour d’un garage», rappelle Sylvain Vezeau, d’Atelier mécanique 2000.

Tous les garagistes consultés par Le Journal partagent son avis : l’inspection avant un long road trip est essentielle.  

« On en voit beaucoup qui passent devant notre commerce et qui, visiblement, n’ont pas fait la maintenance avant de partir. On se dit “ça, c’est un client potentiel !” » note Maxime Poulin, du garage Poulin de Rivière-au-Tonnerre, sur la Côte-Nord. 

Selon la SAAQ, environ 2500 motorisés et 15 000 roulottes de plus ont été immatriculés au Québec depuis 2019.

Pour des vacances réussies

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