Cinq grands échecs de l'industrie automobile moderne

Publié le 28 octobre 2021 dans Blogue par Antoine Joubert

Certains constructeurs automobiles ont tenté de convaincre les clients avec de nouveaux produits et de nouvelles technologies qui se sont avérés de véritables échecs.

Ainsi, bien que l’industrie n’en ait actuellement que pour les VUS ou pour les véhicules électriques, force est de constater que l’on  s’est parfois joyeusement trompé. En voici quelques exemples.

Chevrolet Volt

Photo: Chevrolet

On débute cette analyse par l’échec de la Chevrolet Volt. Pour les Québécois, elle était une merveille, jumelant un moteur à essence à une technologie électrique. Toutefois, elle n’a pas su convaincre nos voisins du Sud. Par exemple, la meilleure année de commercialisation de la Volt du côté des États-Unis fut 2016, alors que l’on écoulait à peine 24 739 unités (contre 227 881 Malibu à la même période). Entre 2012 et 2018, Chevrolet a vendu en moyenne 20 500 Volt sur une base annuelle aux États-Unis, tandis que le Québec à lui seul achetait toujours entre 10 et 15% de ce volume.

Bien que la Volt ait aussi été vendue en Europe sous le nom d’Opel Ampera et que sa technologie semblait convaincante, elle constitue pour GM un échec commercial. Trop peu d’Américains s’y sont intéressés, entre autres parce qu’il s’agissait d’une voiture compacte.

Fiat

Photo: FCA

Chez Stellantis, impossible de passer sous silence cette catastrophe financière qu’est celle de Fiat. Une division réintroduite sur le marché nord-américain en 2010, et qui devait dynamiser l’image d’un constructeur tout en maximisant l’offre de plus petits véhicules. Or, la fiabilité inégale, les prix élevés et le rapide désintérêt des concessionnaires à vendre ces produits ont eu pour effet une lente agonie de cette division qui, en Amérique du Nord, demeure toujours sur le respirateur artificiel. À preuve, pour l’année modèle 2021, la gamme ne comportait techniquement qu’une seule voiture, la 500X, qui n’aura trouvé preneur qu’à hauteur de deux unités dans la Belle Province.

Ford EcoSport

Photo: Ford

Chez Ford, les réactions à retardement auront coûté cher. Pensez à l’arrivée tardive de la camionnette Ranger, en réaction au succès des Colorado/Canyon de GM, alors que depuis longtemps, on affirmait que le marché de la camionnette intermédiaire n’était plus viable. L’échec le plus cuisant des dernières années aura été l’EcoSport. Un VUS sous-compact tiré du marché européen et maladroitement adapté à l’Amérique du Nord. Un produit sous-motorisé, cher et pas assez compétitif pour affronter la très féroce concurrence asiatique qui, encore aujourd’hui, domine largement ce segment. Ford a donc choisi de délaisser ce modèle pour 2022, et personne ne s’en ennuiera.

Honda Clarity

Photo: Honda

Pourtant précurseur de la voiture hybride en Amérique du Nord, Honda continue de multiplier les échecs avec l’abandon de l’Insight, pour une troisième fois, ainsi que de la Clarity. Une hybride rechargeable particulièrement efficace, mais que l’on vendait hélas au compte-gouttes. Plusieurs concessionnaires affirmaient d’ailleurs qu’avec un plus grand nombre d’unités disponibles, cette dernière aurait eu beaucoup de succès chez nous, notamment en raison des crédits gouvernementaux applicables. Comme pour l’Insight qui coûtait cher à importer, on suppose que Honda a volontairement freiné la vente de cette voiture. Maintenant, à quoi bon proposer des modèles si le constructeur n’a pas l’intention d’en vendre en quantité suffisante? La réponse pourrait se situer dans le fait qu’il fallait se conformer aux normes en affichant une moyenne globale de consommation pour ce marché spécifique.

Toyota C-HR

Photo: Toyota

Autre triste échec, celui du Toyota C-HR. Un produit qui devait se trouver chez nous dans la division Scion, mais qui, suite à l’abandon de cette division, a été relégué au catalogue Toyota. Un véhicule peu compétitif, au style trop audacieux et qui a comme désavantage de n’offrir qu’une version à deux roues motrices, alors qu’une mouture hybride à quatre roues motrices est pourtant proposée du côté de l’Europe. Or, parce qu’il est difficile de faire un virage rapide à 180 degrés, Toyota a dû pendant des années jouer un rôle de figurant dans un marché extrêmement prospère, celui du VUS sous-compact. Le constructeur débarque finalement avec la Corolla Cross pour 2022, un modèle en compétition directe avec la Subaru Crosstrek et qui rappelle en quelque sorte les bonnes années de la Matrix, que l’on avait ironiquement abandonnée en raison de son faible succès à l’échelle nord-américaine.  

Commentaires
Share on FacebookShare on TwitterShare by emailShare on Pinterest
Partager

ℹ️ En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies telle que décrite dans notre Politique de confidentialité. ×