Lincoln Zephyr, pas si bête que ça !

Publié le 8 février 2006 dans 2006 par Denis Duquet

Lorsque l’annonceur au Cobo Arena de Detroit a annoncé l’arrivée de la Lincoln Zephyr lors du dévoilement de celle-ci en janvier 2005, presque tous les journalistes québécois étaient hilares. Pourquoi avait-on utilisé une appellation aussi bizarre après que le modèle du même nom se soit avéré un échec dans la gamme Ford ? Et sans oublier non plus les connotations drolatiques envers les personnes qui portent ce nom. Rappelez-vous de l’oncle Zéphyr dans Le Survenant. Une fois de plus, les décideurs américains avaient trouvé le moyen de nous faire rire.

Il faut toutefois savoir que ce nom a été choisi en raison de la première Lincoln compacte apparue en 1936 et qui portait ce nom. Il était donc logique de l’utiliser de nouveau pour le lancement de la plus petite Lincoln de la gamme. Une « petite Lincoln », voici un oxymoron de première! Mais les temps ont changé et la direction de Ford se rend bien compte que les modèles intermédiaires d’entrée de gamme dans la catégorie des voitures de luxe sont de plus en plus demandés. Et puisque ce constructeur possédait déjà dans ses filiales une plate-forme idéale pour le faire, les dirigeants sont passés rapidement de la parole aux actes. Vous vous demandez bien quelle est cette plate-forme, n’est-ce pas? Il s’agit de celle de la Mazda 6 qui a également été le choix de l’équipe de développement de la Ford Fusion.

Il est alors facile de conclure que la Fusion est une Zéphyr à bas prix et que la Ford est un meilleur achat. C’est là une conclusion que je ne partage pas. Il est vrai que les deux voitures utilisent la même mécanique, mais plusieurs différences les départagent.

Un air de famille

En tout premier lieu, si les stylistes de la Ford ont tenté de lui donner un air agressif avec ses phares de route et ses feux arrière verticaux, ceux de la Zephyr ont opté pour un choix totalement contraire alors que les blocs optiques avant et arrière sont en position horizontale, tandis que la grille de calandre est dotée de rayons placés verticalement en forme de chute d’eau, comme sur les autres modèles de la marque. De plus, une bande de chrome disposée tout en haut de la ceinture de caisse ajoute une touche spéciale.

Bien entendu, comme toute Lincoln qui se respecte, la cadette de la famille nous offre un habitacle très cossu. Mais avant de parler d’appliques de bois et de cadrans indicateurs, il est surprenant de réaliser que l’espace aux places arrière est généreux pour une voiture de cette taille. Et le coffre à bagages, d’une capacité de 447 litres est tout aussi impressionnant. Quant au tableau de bord, c’est réussi sur toute la ligne. Dans un premier temps, les combinaisons de beige et de brun de même que les appliques en bois se marient fort bien. Le tout est relevé par une console centrale verticale de couleur aluminium brossé qui est d’un bel effet, tout comme les buses de ventilation de même couleur qui se démarquent vivement. Par contre, le volant avec son imposant moyeu vertical garni de boutons de commandes de couleur aluminium serait mieux adapté au Town Car. Cette présentation dans l’ensemble se distingue totalement de l’habitacle de la Ford Fusion et plusieurs acheteurs hésitants seront convaincus lorsqu’ils auront jeté un coup d’œil au tableau de bord. En outre, la qualité de la peinture des modèles observés était très bonne, avec un minimum de fini pelure d’orange. Les fidèles de la marque vont sans doute déplorer les dimensions de cette nouvelle venue, mais retrouveront le luxe et la qualité de l’habitacle des autres modèles de la marque.

Traction et V6

Depuis la disparition de la regrettable Continental en 2002, la Zephyr est le premier modèle à traction qui est commercialisé par Lincoln. Certains vont souligner le fait qu’il semble y avoir un retour des autres constructeurs nord-américains en faveur de la propulsion, mais il apparaît que la division Lincoln n’avait pas les ressources financières pour se lancer dans une telle aventure sans même savoir si une propulsion aurait plus de succès que ce modèle tout à l’avant. Et si jamais la Zephyr fait un carton, il sera toujours possible de suivre la tendance vers la propulsion si celle-ci continue de croître en popularité. À mon avis, une intégrale serait une solution encore plus intéressante.

Mais pour l’instant, cette traction est équipée du moteur V6 Duratec trois litres couplé à une boîte automatique à six rapports. Pour continuer notre évocation de la Ford Fusion, ce modèle est offert en version de base avec un moteur quatre cylindres de 2,3 litres, ce que n’offre pas la version Lincoln. Après tout, le prestige a ses exigences ! Bien entendu, les suspensions avant et arrière sont indépendantes. Les ingénieurs ont même consacré beaucoup de temps à calibrer les amortisseurs afin de combiner tenue de route et confort. Compte tenu de la grande rigidité de la plate-forme, ils n’ont pas été obligés d’avoir recours à des amortisseurs trop fermes. Et si cette plate-forme est celle de la Mazda 6 au départ, elle a connu plusieurs modifications pour en améliorer la rigidité et raffiner la suspension.

Les 210 chevaux sont suffisants pour assurer un temps de 9,2 secondes pour boucler le 0-100 km/h, tandis que la transmission automatique à six rapports effectue du bon boulot. Par contre, elle semble hésiter entre le second et le troisième rapport. Enfin, la direction est d’une assistance fort bien dosée. Ce qui nous permet de conclure que la nouvelle Zephyr en surprendra plusieurs positivement. Encore faudra-t-il convaincre les acheteurs ciblés de rouler en Lincoln, une marque de papy. Du moins pour l’instant.

Feu vert

Silhouette élégante
Tableau de bord réussi
Boîte automatique six rapports
Bonne habitabilité
Grand coffre

Feu rouge

Appellation loufoque
Volant trop chargé
Réputation de la marque
Ford Fusion plus économique

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