Quand l’assureur doit remplacer votre véhicule…

Publié le 10 juin 2022 dans Blogue par Antoine Joubert

La rareté des véhicules affecte tous les secteurs d’activités. Parmi les plus problématiques, il y a celui des assureurs, qui doivent rapidement remplacer des véhicules après sinistre. Une situation délicate qui est trop souvent reléguée dans la cour du consommateur.

En fait, c’est que plusieurs assureurs semblent ne pas s’être adaptés à cette nouvelle réalité, le client s’en trouvant bien sûr pénalisé. À preuve, voici deux situations dont on m’a fait part.

Longs délais

Prenons d’abord le cas de Diane, propriétaire d’une Chevrolet Sonic 2017, qui a récemment été victime d’un accident de la route. Les sacs gonflables latéraux déployés, le côté droit complètement démoli, l’assureur a choisi de déclarer la voiture perte totale après quelques jours. Le temps que Diane puisse s’en trouver une autre, l’assureur lui fournit un modèle de location. Ironiquement, une Mitsubishi Mirage qu’elle n’ira pas magasiner, puisqu’elle ne l’aime vraiment pas!

Hélas, comme quiconque magasine un véhicule actuellement, Diane constate que les voitures neuves se font rares et que les petites autos ne courent pas non plus les rues. Elle hésite donc entre le Hyundai Kona et le Nissan Kicks, lesquels ne sont évidemment pas disponibles dans l’immédiat. Il lui faut en fait patienter deux mois avant l’arrivée de l’un de ces deux modèles, ce qui, au moment de la discussion, portait la livraison minimalement à la fin de juillet. Le problème, c’est que dans ce contexte, Diane aurait à débourser de sa poche une location de voiture pendant un mois, le temps qu’arrive sa nouvelle automobile en concession. En effet, l’assureur ne peut offrir une location de véhicule de remplacement pour plus de 30 jours, signifiant ainsi que l’assuré se voit pénalisé par cette situation.

Photo: istock

Valeur à neuf

Maintenant, voici le cas de Martin, qui s’est procuré en 2019 une Volkswagen Golf toute neuve. Une voiture à boîte manuelle et à hayon, comme il les aime, laquelle a été payée environ 23 500 $ avant taxes. Malheureusement, sa Golf a été la cible de voleurs il y a quelques semaines, et n’a pas été retrouvée depuis.

Ayant souscrit avec son assureur à la garantie de remplacement (communément appelé valeur à neuf), Martin s’attend donc à pouvoir obtenir une voiture équivalente à la sienne, conscient que la Volkswagen Golf n’est plus vendue au Canada. Ainsi, on peut penser à une Honda Civic Hatchback, à une Mazda3 Sport ou à une Toyota Corolla Hatchback.

Or, l’assureur lui refuse ces modèles, prétextant qu’ils se trouvent dans une catégorie supérieure à celle de la Golf. En somme, l’assureur n’accepte de débourser que pour une voiture de valeur équivalente, ce qui, dans le contexte, ne permet tout simplement plus d’obtenir une compacte à hayon. Pourtant, la Mazda3 en version GX affiche un prix de départ de 24 265 $ : cette somme est fortement comparable avec celle de la Golf achetée il y a environ 30 mois.

Photo: Volkswagen

Après d’innombrables échanges, l’assureur n’accepte l’achat que d’une Kia Rio, d’une Hyundai Venue, d’une Mazda CX-3 ou d’une Nissan Kicks/Sentra/Versa. Bref, des véhicules de facture égale ou moindre au montant payé à l’époque, ne contextualisant ainsi pas le fait que le prix des véhicules a explosé depuis quelques années. Par exemple, une Honda Civic LX vendue à 21 000 $ en 2019 coûte aujourd’hui un peu plus de 27 000 $. Une hausse de plus de 20% en quatre ans, que l’assureur n’accepte aucunement d’absorber.

Ajoutez  à cette situation le fait qu’encore une fois, le véhicule de location de remplacement ne soit payé par l’assureur que durant 30 jours à partir de la date du vol et vous avez là une situation particulièrement fâcheuse pour l’assuré. Dans ce contexte, ce dernier peut toutefois contester la décision du responsable du dossier. Parce qu’il est clair que si la Golf était demeurée sur le marché, elle coûterait elle aussi 20% plus cher qu’en 2019.

Cela étant dit, le contexte actuel rend la tâche ardue pour les assurés comme pour les assureurs. Ceux-ci font face à des problèmes de disponibilité de véhicules neufs et de pièces pour les réparations, ce qui fait grimper le coût d’une réclamation en prolongeant la durée d’un dossier. Soyez cependant sans crainte, les assureurs ont pensé à tout et proposent désormais une couverture permettant de prolonger la durée d’une location de véhicule à 60 jours. On peut aussi obtenir une garantie de remplacement pour un modèle d’occasion sans égard à la dépréciation. Évidemment, dans le contexte où l’assuré accepte de débourser toujours un peu plus...

En vidéo : L'assurance jantes et pneus, ça vaut la peine?

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