Audi A8 - Porte-étendard dans l'ombre

Publié le 1er janvier 2022 dans 2022 par Antoine Joubert

À l’ère où les acheteurs se tournent plus que jamais vers les VUS ou les électriques de luxe, le segment des grandes berlines devient symbolique en fait de volume. Chez Porsche, par exemple, la transition vers la Taycan fut telle que les ventes de la Panamera ont baissé de 56% en un an. Et chose certaine, l’histoire se répétera pour l’A8 et même l’A7, qui doivent désormais rivaliser avec l’extraordinaire e-Tron GT.

Porte-étendard de la gamme Audi depuis son introduction, en 1995, l’A8 devient aujourd’hui un objet rare et malheureusement très peu convoité. Remarquez, ce pachyderme de la famille ne fait pas dans l’extravagance comme certains modèles, demeurant très classique dans son approche esthétique. Rivale des BMW de Série 7 et Mercedes-Benz de Classe S, l’A8 reste néanmoins une vitrine technologique qui en met plein la vue si, bien sûr, on prend le temps de s’y attarder.

D’abord, une routière

C’est au volant d’une S8 d’un peu plus de 170 000 $ que j’ai pu expérimenter l’ensemble des technologies proposées par Audi. Sans aucun doute, une des plus belles merveilles de celle-ci demeure la suspension pneumatique qui, automatiquement, facilite l’accès à bord ou la sortie par un rehaussement très rapide. Sur route, et même si vous sélectionnez le mode Confort+, l’impression de rouler sur des rails est constante. Et pour cause, un ajustement continu du niveau de la caisse via l’amortissement pneumatique, ce qui élimine une grande partie d’un possible roulis en virage. Naturellement, le confort est exceptionnel, et ce, même si vous sélectionnez un mode de conduite plus agressif.

Étonnamment maniable, cette grande berline bénéficie non seulement d’un excellent système de rouage intégral avec vecteur de couple arrière, mais aussi des quatre roues directionnelles, facilitant tout type de mouvement. Cela dit, son puissant V8 de 563 chevaux reste l’élément phare qui surprend chaque fois par ses réactions, la voiture étant à ce point silencieuse qu’on imagine difficilement un tel degré de puissance. Dans les faits, la S8 riposte donc à la BMW B7 Alpina et à la Mercedes-AMG S63 4Matic+, lesquelles proposent toutefois quelque 40 chevaux supplémentaires.

Petit point décevant, Audi ne propose désormais plus sa S8 avec empattement régulier, comme avec les précédentes générations. Pour celui qui recherche une grande berline sport plus maniable, l’incontournable devient donc la Porsche Panamera. Comprenez bien sûr que la S8 demeure impressionnante dans son comportement, mais certainement plus encombrante que par le passé. Maintenant, parce que l’acheteur de ce genre de berline ne recherche pas nécessairement un niveau de performance ultime, Audi y va d’un choix de trois autres motorisations. D’abord, un V6 (335 ch.) et un V8 (453 ch.) chacun doublé d’une hybridation légère avec système électrique de 48 volts, de même qu’une version hybride rechargeable baptisée TFSI e. Cette dernière, bien qu’elle ne soit pas aussi verte dans son approche que l’e-Tron GT, permet d’obtenir environ 30 kilomètres d’autonomie électrique avant de passer au mode hybride. Combinant le V6 turbocompressé à la motorisation électrique, elle affiche pratiquement la même puissance que le V8, pour une consommation considérablement réduite.

Côté confort, l’A8 vous gâte sans limites. Notamment grâce à ses éléments suspenseurs, ses sièges et son haut niveau d’insonorisation. Et elle le fait également en vous facilitant la vie à bord, malgré la quantité innombrable de gadgets et fonctions offerts via les trois principaux écrans s’y trouvant. Trois principaux? Effectivement, puisqu’en plus du bloc d’instruments numériques et des deux écrans tactiles, on peut en outre obtenir deux tablettes amovibles pour les passagers arrière, lesquelles incorporent plusieurs fonctions aussi retrouvées à l’avant, ainsi qu’un menu Android avec accès à Google. Pour le conducteur, bien que les deux écrans centraux soient fardés de fonctions, les commandes restent simples et intuitives, ce qui est très appréciable, surtout en comparaison avec la Classe S de Mercedes-Benz, chez qui l’adaptation technologique se fait plus difficilement.

Haute couture allemande

Vous pourriez être séduit par la beauté des cuirs d’une Maserati Quattroporte ou par l’environnement plus sportif d’une Porsche Panamera. Cela dit, Audi propose ici un environnement ultra moderne, que je ne qualifierais pas de sobre, mais plutôt d’épuré, encore une fois, malgré tout ce qui s’y trouve.

La richesse des matériaux, la pureté du design et la grande beauté des agencements de couleurs font de cet habitacle l’un des plus exceptionnels du segment. Un qualificatif qu’on attribuerait en fin de compte à la voiture elle-même, traditionnelle d’approche, mais aussi passionnante à conduire que technologiquement impressionnante. Quant à la facture, elle est de concert avec celle de la compétition, c’est-à-dire très élevée.

Feu vert

Feu rouge

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