Jeep Compass - Dur, dur de s'appeler Jeep

Publié le 1er janvier 2022 dans 2022 par Luc Gagné

Un patronyme peut être un lourd fardeau à porter pour un véhicule. Prenez le Compass, par exemple. Certains experts de 4x4 le dénigrent en prétextant qu’il ne serait pas apte à parcourir de bout en bout la « Jack Rabbit », dans le coin de Montcalm. Entre vous et moi, le conducteur typique de ce Jeep inscrit-il ce genre de virée hors route sur sa liste de choses à faire absolument avant de quitter ce bas monde ? Sûrement pas, sinon il conduirait un Wrangler Rubicon. Cet automobiliste veut avant tout se voir sur la route, précédé des lettres J-E-E-P surmontant une calandre à sept fentes verticales. De quoi lui permettre, au moment voulu, de se gonfler le torse en présence d’amis ou de parents, en évoquant son précieux lien avec un clan prestigieux.

À l’instar du Renegade, le Compass a été créé pour attirer, chez Jeep, des acheteurs souhaitant troquer une petite voiture pour un VUS réduit. À ses débuts, en 2007, il n’avait même pas de variante « Trail Rated », une appellation imaginée par le marketing de Jeep pour distinguer les modèles taillés pour le tout terrain des autres. Cet oubli a cependant été rectifié quelques années plus tard avec l’ajout d’une version arborant cet emblème.

Porte d’entrée à la marque

En Amérique du Nord, cette stratégie a porté fruit, pour le Compass du moins. Bon an, mal an, il se maintient dans la moyenne au palmarès des ventes, surtout depuis l’arrivée du modèle actuel. Dévoilé en septembre 2016, ce Compass de seconde génération a gagné en volume et en substance pour se différencier du Renegade, plus petit et nettement moins populaire.

Cette année, Jeep offre aux acheteurs nord-américains un modèle bonifié introduit en Europe en avril 2021. Parions que l’usine de Toluca au Mexique, qui produit nos Compass, ne pouvait être réoutillée aussi vite que celle de Melfi en Italie, qui dessert le vieux continent.

Le profil de la carrosserie est resté intact, mais la calandre, les phares, les feux arrière et les pare-chocs ont subi des retouches esthétiques. Les blocs optiques, entre autres, ont été harmonisés à ceux du nouveau Grand Cherokee L. Les versions Limited et Trailhawk ont d’ailleurs des phares et des antibrouillards à DEL. On peut même désormais parer le Compass Limited, le plus cossu, de roues de 19 pouces en optant pour l’ensemble Elite.

Doté du 4 cylindres atmosphérique de 2,4 litres du Cherokee d’entrée de gamme, le Compass est offert avec deux ou quatre roues motrices. Malheureusement, ce moteur de puissance moyenne manque d’éclat et s’avère gourmand. Un Crosstrek, qui a quatre roues motrices de série, consomme beaucoup moins de carburant que la déclinaison d’entrée de gamme à deux roues motrices du Jeep. Les utilisateurs de petites remorques voudront aussi savoir que le Compass à deux roues motrices n’est pas conçu pour le remorquage. Pour cela, il faut une variante à quatre roues motrices, qui a une capacité de 2 000 lb.

La suspension a de nouveaux réglages optimisant la douceur de roulement, alors que la direction, moins légère, gagne en précision. Par ailleurs, cette dernière procure toujours un rayon de braquage légèrement inférieur à la version Trailhawk, la seule à porter l’écusson Trail Rated. Voilà pourquoi elle a des plaques protectrices, des crochets de remorquage devant comme derrière et la plus haute garde au sol de la gamme, soit 219 mm, soit 1 mm de moins qu’un... Crosstrek ! Le Trailhawk possède aussi le système d’entraînement Jeep Active Drive Low lui donnant un rapport à très forte démultiplication de 20:1, ainsi qu’un limiteur de vitesse en descente.

Du nouveau à l’intérieur

L’habitacle spacieux peut accueillir confortablement quatre adultes de taille moyenne. Les seuils de portes hauts compliquent cependant l’embarquement, surtout derrière. En revanche, le coffre transformable rend ce petit utilitaire polyvalent. Son volume utile se compare d’ailleurs à celui d’un Cherokee. Le design du tableau de bord a été revu. Ses formes épurées mettent en valeur, entre autres nouveautés, un écran tactile de 8,4 ou 10,1 pouces, selon la version. Son nouveau système d’exploitation Uconnect 5 incorpore CarPlay et Android Auto, de même qu’un système de reconnaissance vocale.

Face au conducteur, on retrouve un écran numérique de 3,5 ou 7 pouces, selon la version choisie. Le constructeur offre également un impressionnant écran haute définition de 10,25 pouces. Curieusement, il est livré de série uniquement dans le Compass Altitude de gamme moyenne. Pour la plupart des autres versions, même les plus chères, on l’obtient moyennant un supplément.

Enfin, au Canada, ce Compass amélioré offre du jamais vu dans un petit Jeep : un dispositif de conduite semi-autonome de niveau 2. En Europe, il y a même une motorisation hybride branchable « 4xe ». Constituée d’un 4-cylindres turbo de 1,3 litre, d’une boîte automatique à six rapports, de moteurs électriques (dont un pour les roues arrière) et d’une batterie de 11,4 kWh, elle livre 240 ch et permet de parcourir près 50 kilomètres en mode électrique. Avec le bon prix, elle pourrait faire sensation au Québec !

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