Lexus LS - Toujours là?

Publié le 1er janvier 2022 dans 2022 par Antoine Joubert

Il y a deux ans, Lexus abandonnait sa berline GS, rivale de la Série 5 et de la Mercedes-Benz Classe E. Une voiture efficace, mais perdue dans un marché où les manufacturiers japonais n’ont pas su évoluer. Idem pour le segment des grandes berlines de luxe, qui appartient incontestablement aux constructeurs allemands. Comment ainsi expliquer la survie d’une Lexus LS, que les concessionnaires n’osent même plus commander, faute d’acheteurs?

Imaginez, à peine 24 ventes à l’échelle nationale l’an dernier, et seulement deux dans la Belle Province! Bien sûr, ces quelques acheteurs peuvent se vanter de conduire une automobile très rare, et qui n’est certainement pas dépourvue de qualités. Parce qu’il est évident que les chiffres de ventes ne s’expliquent pas par l’absence de talent de cette Lexus.

Il faut en fait comprendre que le marché des grandes berlines est en chute libre, qu’importe le constructeur, et particulièrement au Canada. Même Mercedes-Benz observe une très forte transition d’acheteurs vers de gros VUS ou  des sportives. Alors, ne soyez pas étonnés de constater des ventes plus importantes pour la gamme LC de Lexus (quoique toujours symboliques), proposant désormais coupé et cabriolet.

Élégance relative

À son arrivée en 1989, la Lexus LS révolutionnait littéralement le marché de la grande berline. D’abord, parce qu’il s’agissait de la première voiture asiatique du genre, ensuite parce que ses lignes modernes ne pouvaient que plaire à quiconque s’intéressait à ce genre de véhicule. La presse spécialisée évoquait même un coup de poing au visage de Mercedes-Benz, assené par cette Lexus qui avait mérité d’innombrables prix et éloges. Aux États-Unis, pas moins de 42 806 Lexus LS avaient d’ailleurs trouvé preneur à sa première année de commercialisation, les ventes n’ayant jamais été aussi impressionnantes par la suite. Dommage que les stylistes de Lexus n’aient pas su faire perdurer cette image avec la LS, avec à peine 3 600 ventes en 2020 chez nos voisins du Sud. Il faut dire que cette dernière génération de la LS, introduite en 2018,  propose une ligne nettement plus polarisante que par le passé, et qui ne plaît sûrement pas à tous les acheteurs. Un design plus chargé, fortement ciselé, auquel se greffe cette disgracieuse calandre malheureusement si chère à Lexus.

Affichant une superbe finition, l’habitacle de la LS impressionne d’abord par le confort de ses sièges. À l’avant, par ces fauteuils desquels on ne souhaite tout simplement plus se relever, et qui nous font immédiatement rêver à un trajet Montréal-Fort Lauderdale. Puis, à l’arrière, par ces baquets inclinables offerts avec l’ensemble Exécutif, qui pourrait aussi vous inciter à employer un chauffeur. Parce qu’évidemment, celui-ci  ne fait pas partie du catalogue des options de Lexus !

Sans parler d’une incomparable expérience sensorielle, il est indéniable que cet habitacle nous en met plein la vue au chapitre de la finition, du confort, comme de la technologie. Hélas, la complexité d’utilisation du système d’infodivertissement demeure un irritant majeur. Un système que Lexus baptise Remote Touch, et qui oblige le conducteur à avoir recours à un pavé tactile ultra sensible et difficile à opérer, surtout sur une route dégradée. Un désagrément tel qu’il pourrait à lui seul expliquer qu’un acheteur rebrousse chemin.

Hybride, parce qu’il le fallait

Réputé pour ses avancées technologiques en matière de motorisation hybride, Toyota ne pouvait faire autrement que de greffer cette technologie à son porte-étendard. Un exercice qui n’impressionne pas du tout, puisqu’en fin de compte, vous économiserez à peine 15% d’essence, au prix de performances décevantes et d’un manque flagrant de raffinement au rendement. L’option la plus viable demeure donc le V6 biturbo de 3,5 litres d’une LS500 disponible avec de multiples groupes d’options. Parmi eux, l’ensemble F-Sport laissant présager de meilleures performances routières, ce qui n’est toutefois guère le cas. En fait, telle n’est pas la vocation de cette berline, qui cherche d’abord à vous offrir le confort le plus exceptionnel qui soit. Et à ce compte, elle remplit son mandat avec brio.

Au volant, vous n’aurez donc tout simplement pas envie de sélectionner autre mode de conduite que celui qui vous berce en vous isolant du monde extérieur. Et si l’envie d’une berline un tant soit peu dynamique vous guette, jetez immédiatement votre dévolu sur une voiture allemande. Certes, moins fiable et plus coûteuse à l’entretien, mais qui vous procurera de bien meilleures sensations de conduite.

Feu vert

Feu rouge

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