Volkswagen Tiguan - Les comptables ont gagné

Publié le 1er janvier 2022 dans 2022 par Julien Amado

La génération actuelle du Tiguan marque une rupture importante pour Volkswagen. Plébiscitée pour sa conduite dynamique et ses bonnes performances, la première mouture ressemblait à une grosse Golf. Ce modèle a bel et bien connu une descendance, mais pas chez nous. En Europe, il y a désormais deux Tiguan qui cohabitent au sein de la gamme, avec une version plus grande baptisée Allspace. C’est cette dernière qui a traversé l’océan pour être vendue au Canada.

Un modèle plus grand, plus spacieux et qui convient mieux aux réalités nord-américaines. Précisons également que ne pas importer un plus petit Tiguan permet de faire de la place pour le Taos, et ainsi éviter une concurrence néfaste au sein de la gamme. D’ailleurs, la stratégie élaborée par Volkswagen fonctionne puisque les ventes de Tiguan se portent bien ces dernières années. Mais cela se fait au prix d’une conduite nettement moins engageante, un trait de caractère qui faisait pourtant partie de l’ADN du constructeur. De ce point de vue, les comptables et leurs fichiers Excel ont gagné la partie face aux « trippeux ».

Cherche agrément désespérément

Pour ceux qui aimaient la conduite dynamique et enjouée de leur Tiguan de première génération, il va peut-être falloir regarder ailleurs au moment de changer de véhicule. En effet, le modèle actuel ne se démarque aucunement sur ce point. Dès les premiers mètres, la légèreté de sa direction surprend, surtout que le dosage de la direction fait partie des points forts des autres modèles Volkswagen. Plutôt pataud dans les changements de direction, le véhicule souffre de la comparaison face à ses concurrents. Capable de vous conduire au travail ou à l’épicerie, le VUS germanique s’acquitte honorablement de sa tâche, sans plus. Au quotidien, son confort de roulement demeure sa principale qualité. Même sur des routes parsemées de nids-de-poule, le Tiguan ménage ses occupants, ce qui est appréciable sur nos chaussées mal entretenues…

S’il n’est pas très dynamique mais confortable pour une conduite de tous les jours, pourquoi être aussi critique à son égard? À cause de son groupe motopropulseur, au fonctionnement erratique et qui semble tout droit sorti d’un prototype mal dégrossi. Cela commence dès le démarrage, où les claquements à froid rappellent un moteur diesel. Cela s’améliore un peu une fois le moteur en température, mais la réputation d’agrément des mécaniques allemandes en prend un sacré coup…

Le bloc retenu est un 4 cylindres de 2 litres turbocompressé. Mais alors que l’ancien modèle développait 200 chevaux, il n’y en a plus que 184 dans le modèle actuel. Rien de dramatique en soi, surtout que les motoristes ont augmenté le couple (14 lb-pi supplémentaires) pour culminer à 221 lb-pi. En théorie, diminuer légèrement la puissance au profit du couple n’a rien de choquant, ce choix technique pouvant améliorer la réponse à bas régime. Malheureusement, cet argument est balayé à la conduite. Souffrant d’un temps de réponse du turbo à bas régime, le bloc s’essouffle ensuite rapidement et n’apprécie que modérément les hauts régimes.

La transmission automatique, souffrant d’à-coups marqués à basse vitesse, se montre parfois hésitante et nécessite un gros appui sur l’accélérateur pour rétrograder. Ajoutez à cela un système d’arrêt-redémarrage perfectible, et vous obtenez un des groupes motopropulseurs les moins plaisants de la catégorie. Face à ce moteur dénué d’agrément, nous avons pensé que ces performances en demi-teinte étaient peut-être dictées par une volonté d’économiser du carburant. Mais le Tiguan ne peut même pas jouer cette carte, puisque la consommation de carburant n’a rien de compétitif. Avec une moyenne annoncée à 9,9 L/100 km, il n’y a vraiment pas de quoi se vanter…

Trois rangées et de l’espace

Le VUS allemand se rattrape dans l’habitacle. L’augmentation de l’empattement de presque 20 centimètres a permis d’accroître l’espace dévolu aux passagers. Le dégagement est amplement suffisant à l’avant comme à l’arrière, même si davantage d’espace pour la tête lorsque des adultes sont assis à l’arrière aurait été souhaitable.

Un des atouts du Tiguan, c’est aussi la possibilité de disposer d’une troisième rangée de sièges. Deux places à réserver à des petits trajets, d’autant plus qu’elles empiètent largement sur la contenance du coffre, par ailleurs très logeable. Grâce à un volume de 1 065 litres, on profite de suffisamment d’espace, qui monte même jusqu’à 2 081 litres une fois toutes les banquettes abaissées.

En conclusion, si le Tiguan vous intéresse, nous vous recommandons vivement de faire un essai routier avant de signer pour un achat ou un bail de location. Au-delà de sa conduite moins enjouée, c’est principalement le fonctionnement bancal de son groupe motopropulseur que vous devez évaluer, pour voir si vous êtes prêt à vivre avec cet irritant majeur.

Feu vert

Feu rouge

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