Cadillac CT5 - Un acte de résistance

Publié le 1er janvier 2022 dans 2022 par Julien Amado

En dévoilant la CT4 et la CT5, Cadillac réitère son engagement sur le segment des berlines de luxe. Alors que le constructeur aurait pu imiter Lincoln et se focaliser sur les utilitaires sport, General Motors prend le contre-pied et persévère dans un paysage automobile où le VUS est devenu roi.

C’est d’autant plus méritoire, que face à la CT5, on retrouve la fameuse triade allemande, à savoir Audi, BMW et Mercedes-Benz qui dominent outrageusement les ventes du segment. Pour les contrer, les designers de Cadillac n’ont pas cherché à réinventer la roue et c’est très bien ainsi. L’histoire récente a également montré que l’originalité stylistique paie très rarement dans le monde du luxe. Élégante, joliment dessinée, mais plutôt classique dans son approche, la CT5 est réussie esthétiquement.

À l’intérieur, on retrouve un habitacle typique de la marque. Si vous conduisez déjà une Cadillac, vous ne serez pas dépaysé! Mais pour aller jouer avec les Allemands sur leur propre terrain, il faut aussi se doter d’une qualité de finition à la hauteur. De ce point de vue, c’est réussi, avec des matériaux de qualité, ainsi qu’un bel assemblage.

Bien installé dans des sièges enveloppants, le conducteur fait face à des cadrans simples mais lisibles. Au centre du tableau de bord, l’écran central de 10 pouces intègre une interface intuitive et bien pensée. On est très loin du système CUE qui équipait les Cadillac au début des années 2010.

Du 4 cylindres au V8…

Curieusement, le modèle de base de la CT5 est une propulsion, un rouage devenu très rare au pays. Cette version reçoit un 4 cylindres de 2 litres, fort de 237 ch et 258 lb-pi. Une motorisation dont les performances quelconques ne mettent pas en valeur le travail réalisé par les ingénieurs de Cadillac. Optez de préférence pour le V6 turbo optionnel, facturé 4 000 $ certes, mais dont les performances (335 ch et 400 lb-pi de couple) correspondent davantage à une berline de ce calibre. Et avec seulement 25 chevaux de moins qu’une CT5-V, le plaisir de conduite sera au rendez-vous pour un prix plus compétitif.

Puisqu’il est question de la CT5-V, cette dernière utilise le même V6 biturbo de 3 litres, alors que la CTS-V recourait à un V8. Cela peut surprendre, mais c’est juste parce que Cadillac a décidé de revoir sa nomenclature, les modèles V devenant des modèles sport, mais qui n’ont plus pour mission de vous clouer à votre siège à chaque accélération.

Ce rôle revient désormais à la redoutable version Blackwing, dont le V8 de 6,2 litres crache 668 ch et 659 lb-pi sur ses seules roues arrière. Des chiffres qui font de ce modèle le plus puissant de toute l’histoire de Cadillac! Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avons pas encore pu prendre le volant de cette CT5 haute performance, mais nous nous réjouissons qu’une boîte manuelle à 6 rapports soit disponible au catalogue! Un bon moyen de rehausser le plaisir de conduire, quitte à perdre quelques dixièmes de secondes dans l’exercice du 0 à 100 km/h.

Dynamique et plaisante

Une fois derrière le volant, la CT5 dévoile une tenue de route maîtrisée et un châssis rigoureux. C’est encore plus vrai à bord de la CT5-V qui ajoute les suspensions adaptatives Magnetic Ride Control, assistées d’un différentiel arrière à glissement limité. Ainsi équipée, l’auto vous offre deux visages distincts.

Si vous êtes d’humeur calme, les suspensions réglées en mode Confort laissent entrevoir un amortissement plutôt souple et des mouvements de caisse marqués pour une auto à tendance sportive. Toutefois, cela permet de disposer d’un bon confort, meilleur que ses rivales allemandes, particulièrement lorsque la route est mal revêtue. Et si l’envie d’une conduite plus enthousiaste vous prend, une simple pression sur le bouton « V » sur le volant change radicalement le caractère de la voiture. Dorénavant mieux campée sur ses appuis, la CT5-V virevolte d’une courbe à l’autre et se montre bien plus précise, surtout son train avant, désormais mieux guidé. Dommage que le durcissement de la direction soit un peu trop caricatural avec le réglage le plus sportif. Il est toutefois possible de personnaliser chaque paramètre en passant par l’écran central.

Du côté du V6, qu’il faut alimenter à l’essence super, les performances donnent également satisfaction. Bien rempli à bas régime, il ne rechigne pas à aller titiller la zone rouge quand le conducteur le souhaite. Un moteur agréable, bien secondé par la boîte automatique à 10 rapports, qui se montre efficace quel que soit le rythme adopté. À l’heure du bilan, on ne peut que féliciter Cadillac d’insister sur le créneau des berlines de luxe. Mais ce baroud d’honneur pourrait ne pas durer indéfiniment, surtout si l’auto demeure sous le radar de beaucoup d’acheteurs. Dans le cas de la CT5 ce serait regrettable, car la proposition de Cadillac ne manque pas d’allure.

Feu vert

Feu rouge

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