Lamborghini Urus - Taureau ascendant Lion

Publié le 1er janvier 2022 dans 2022 par Marc Lachapelle

Comme prévu, l’Urus joue son rôle à la perfection dans la famille Lamborghini depuis son arrivée, il y a quatre ans. Ce projectile trapu de plus de deux tonnes a effectivement doublé les ventes mondiales de la marque et obligé le constructeur à augmenter d’autant la taille de son usine de Sant'Agata Bolognese, pour satisfaire la demande. Les capitaux encaissés lui permettent de poursuivre le développement de nouvelles autos sport et l’électrification pressante de sa gamme. Et tant pis pour les puristes.

Le premier signe de cette solide réussite de l’Urus est l’absence quasi totale de modifications ou de retouches dont il a été l’objet depuis son lancement. Il faut dire que le constructeur bolognais a bien choisi ses composantes dès le départ et que ses ingénieurs et stylistes les ont ensuite agencées et transformées avec beaucoup de soin et d’inspiration, en respectant toujours les principes et valeurs uniques de Lamborghini.

Des bases solides

En pigeant parmi les meilleurs morceaux que l’on puisse trouver dans la constellation Volkswagen, au sein de laquelle la marque italienne est jumelée à Audi depuis 1999, l’équipe a d’abord choisi de construire l’Urus sur l’architecture MLB Evo qu’il allait partager avec les cousins rivaux que sont les Audi Q8, Bentley Bentayga et Porsche Cayenne.

Au bout du compte, l’Urus est le plus léger de ce quatuor, grâce à l’abondance d’aluminium utilisé pour le châssis, la suspension, la carrosserie et les jantes forgées, entre autres. On l’a également doté de roues arrière directrices comme celles de l’Aventador, d’une direction rapide (démultipliée à 13,3 :1) et de ressorts pneumatiques qui permettent de faire varier la garde au sol de 158 mm à 248 mm, selon le mode de conduite sélectionné.

Ses freins sont aussi les plus grands du moment, avec des disques en carbone-céramique qui mesurent 440 et 370 mm de diamètre aux roues avant et arrière, respectivement, pincés par des étriers à dix et six pistons. Tout ça pour atteindre des objectifs de comportement et de polyvalence pour le moins ambitieux.

Côté moteur, Lamborghini a sagement choisi le V8 biturbo de 4 litres développé à l’origine par Porsche au lieu d’un V12 ou d’un V10. Surtout pour le couple supérieur à bas régime qui convient parfaitement à cet impressionnant utilitaire sport. Les ingénieurs italiens en ont tiré plus de puissance et une sonorité diabolique en modes Corsa et Sport. Nous en avons tiré des chronos de 3,65 secondes pour le sprint de 0 à 100 km/h et de 11,85 secondes à 190 km/h pour le quart de mille. Prestation évidemment exceptionnelle pour un VUS de ce poids, trame sonore à l’appui.

Sans complexe

L’Urus est donc assurément digne de porter l’écusson au taureau doré, même s’il est aux antipodes des Lamborghini produites depuis près de six décennies. Parce qu’il dégage, en toute chose, la démesure et l’audace sans retenue qui ont fait la réputation du fabricant au fil du temps. Ce caractère, tout sauf timide, s’impose d’abord par une carrosserie en aluminium et en acier à la fois massive et profilée, dont les multiples détails et contours semblent avoir été taillés au scalpel ou sculptés au ciseau à froid. L’immense calandre, striée de lames finement découpées, les phares allongés et le capot bombé sont du pur Lamborghini.

Or, bien que le constructeur évoque des ressemblances avec les Aventador, Countach, Miura, Murciélago et même l’étrange utilitaire LM002, la silhouette de l’Urus est cohérente en elle-même. Il suffit de choisir parmi les seize couleurs de base, dont Orange boréale et Rouge Mars, ou alors les quinze du nuancier Ad Personam, dont un Vert scandale quasi fluorescent, pour obtenir le degré de visibilité souhaité.

La manière et l’esprit Lamborghini sont entièrement respectés aussi dans l’habitacle. On y retrouve des hexagones partout, y compris pour les icônes des deux écrans tactiles intégrés à une interface multimédia efficace dont l’essentiel est partagé avec l’Audi Q8. Le graphisme magnifique de l’écran numérique de 12,3 pouces offert au conducteur se transforme selon le mode de conduite qu’il aura choisi avec un sélecteur « Anima » au fonctionnement inhabituel. Même chose pour le sélecteur de réglages « Ego », et surtout l’étrange palette de la boîte automatique à 8 rapports. Les manettes au volant sont franchement indispensables et on s’habitue au reste.

Une chose est sûre , on est à l’aise dans un Urus et on ne devrait jamais s’ennuyer. Il suffit en effet de modifier quelques réglages pour que la bête passe du ronronnement au rugissement. On peut alors profiter de ses performances féroces et d’une tenue de route sans reproche, modulée par des systèmes électroniques finement réglés. De quoi revoir certaines convictions sur les lois de la physique, au détriment de certaines bonnes résolutions écologiques.

Feu vert

Feu rouge

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