Suzuki Jimny 2022 : on a conduit l'héritier du Samurai!

Publié le 3 octobre 2022 dans Essais par Julien Amado

Cela va bientôt faire 10 ans que Suzuki a annoncé son retrait du marché automobile canadien. Et depuis l’année-modèle 2014, il n’est plus possible de se procurer des voitures neuves de la marque japonaise au pays. Au Guide de l’auto, nous gardons toujours un œil sur ce qu’il se fait ailleurs, et nous avons remarqué que les Européens peuvent s’offrir un VUS sous-compact atypique : le Suzuki Jimny. Nous avons donc profité d’un passage en France pour en faire l’essai.

Contrairement aux petites voitures surélevées qui se prennent pour des utilitaires sport, comme les Nissan Kicks, Hyundai Venue ou Kia Soul, Suzuki commercialise un authentique 4x4. Héritier des Samurai et Sidekick à deux portes que nous avons connus, ce nouveau Jimny mise sur un design inspiré du passé, une pratique courante dans l’industrie. Et même si la beauté est quelque chose de très subjectif, ce baroudeur nous a charmés. Et nous ne sommes pas les seuls à le penser, vu le nombre de regards appuyés et de pouces levés qui ont émaillé notre périple.

À la manière d’un « mini Wrangler », le Jimny repose sur un châssis en échelle. Il se caractérise aussi par deux essieux rigides et des porte-à-faux réduits à leur plus simple expression pour faciliter le franchissement. Très court, il mesure 3,65 m, soit 59 cm de moins qu’un Wrangler à deux portes! Pour vous donner une idée de sa petite taille, nous l'avons pris en photo à côté d'une Fiat 500, ce qui donne une bonne idée de son gabarit réduit.

Photo: Julien Amado

Initialement disponible avec quatre places, le Jimny ne propose désormais que deux sièges à l’avant en France. Pourquoi ? Parce qu’en transformant le véhicule en « VU » (véhicule utilitaire), Suzuki échappe au malus écologique qui grève le prix de nombreux véhicules. Disponible en une seule version avec quelques teintes optionnelles, le constructeur japonais essaie de maintenir un prix aussi bas que possible pour son petit 4x4.

Et cela fonctionne puisque notre modèle d’essai se détaille 21 690 euros toutes taxes incluses, ce qui correspond à 28 770 $ au moment d’écrire ces lignes. Quand on sait qu’un Wrangler de base à deux portes coûte plus de 45 000 $ (taxes incluses), on se dit que le Jimny pourrait séduire certains amateurs de conduite hors route au Québec.

Aller à l’essentiel

Quand on grimpe à l’intérieur du Jimny, on a l’impression de faire un retour plusieurs années en arrière. Pas d’écran TFT, de commandes tactiles ou haptiques ni de débauche technologique. On retrouve une instrumentation à aiguilles face au conducteur et un système multimédia réduit à sa plus simple expression. Il s’agit d’un petit écran rectangulaire à cristaux liquides orange doté de boutons de réglage de part et d’autre. Il est possible de connecter son cellulaire en Bluetooth, mais oubliez Apple CarPlay ou Android Auto!

Photo: Julien Amado

Le tableau de bord, moulé dans du plastique rigide et granuleux, semble paré pour résister aux outrages du temps. Là encore, pas de superflu à bord. On retrouve trois boutons rotatifs pour la température et la ventilation, les commandes des vitres électriques, l’assistance en descente et l’interrupteur pour déconnecter le contrôle de stabilité. Cela rend le Jimny un peu anachronique, mais aussi rassurant pour un achat à long terme. Avec le peu d’équipement livré dans le véhicule, les risques de bris sont nettement atténués.

Derrière le conducteur, une grille métallique marque la séparation avec le coffre. La porte à battant s’ouvre sur un espace de chargement très pratique. Suzuki revendique fièrement 863 litres de contenance. C’est très bon pour un si petit véhicule, mais avec des sièges arrière, l’espace serait évidemment réduit à sa plus simple expression…

Photo: Julien Amado

Sous le capot ronronne un moteur à 4 cylindres de 1,5 litre atmosphérique. Suzuki annonce 102 chevaux en Europe (ce qui fait 101 ch chez nous) et 96 lb-pi. Des chiffres plutôt modestes, qui doivent toutefois être mis en rapport avec le poids réduit du Jimny (1 090 kg à vide). Ce bloc ne peut être jumelé qu’à une boîte manuelle à 5 rapports, assortie d’un boîtier de transfert intégrant deux gammes de vitesses : basses (4L) et hautes (4H). Il est également possible de rouler en propulsion uniquement.

Mini format, maxi plaisir

Les propriétaires de Wrangler ou de Bronco le savent bien, conduire un authentique 4x4 vient avec son lot de compromis, mais aussi avec un plaisir de conduite incomparable. C’est exactement la même chose au volant du Jimny. Très court, le véhicule dévoile une agilité étonnante dans la circulation parisienne. On se faufile partout avec une facilité déconcertante, et on stationne à peu près partout. Le roulement n’est évidemment pas aussi conciliant que celui d’un modèle 100% routier, mais le confort des suspensions demeure adéquat. Que ce soit en ville ou sur des routes secondaires, on garde le sourire en conduisant ce petit 4x4.

Photo: Julien Amado

Le moteur n’est pas un foudre de guerre, cependant, la transmission aux rapports courts permet de profiter de démarrages suffisamment énergiques pour s’insérer dans la circulation. La commande de boîte pourrait être plus précise, mais cela reste correct. La pédale d’embrayage, dont le point de patinage est très haut, demande un peu d’habitude mais on finit par s’y faire.

Le bloc de 1,5 litre se conduit plutôt à mi-régime. Après 4 500 tr/min, il a déjà tout donné et ne fait que hurler sans avancer franchement. C’est d’ailleurs ce que l’on remarque quand on s’engage sur l’autoroute. À 130 km/h, l’aiguille du compte-tours oscille autour de 4 000 tr/min, ce qui occasionne une véritable cacophonie mécanique dans l’habitacle. Le format carré et haut sur pattes rend aussi le Jimny sensible au vent latéral à haute vitesse. Après quelques dizaines de kilomètres, on a qu’une envie, quitter au plus vite les voies rapides pour retrouver un peu de quiétude. À sa décharge, il faut reconnaître que le véhicule n’a vraiment pas été conçu pour cet usage.

Photo: Julien Amado

Le Jimny possède une solide réputation en conduite hors route, nous aurions donc beaucoup aimé le pousser dans ses derniers retranchements. Mais nous n’avons trouvé que des chemins de terre ou de graviers qui ont été avalés avec facilité.

Durant notre essai, fait de ville, de routes secondaires et d'autoroutes dans des proportions équivalentes, nous avons relevé une consommation de 7,9 L/100 km. Ce n'est pas si élevé dans l'absolu, mais pour un moteur 1,5 litre atmosphérique si peu puissant, ce n'est pas très efficient.

Au moment de rendre les clés du véhicule, nous avons eu un léger pincement au cœur, en pensant que ce modèle ne fera jamais le déplacement chez nous. Son design réussi, sa conduite charmante et ses capacités de franchissement séduiraient certainement des acheteurs en quête d’un petit véhicule aventurier. Surtout s’il était vendu 28 770 $ taxes incluses, ce qui, pour rappel, correspond au prix d’un Hyundai Venue de milieu de gamme…

Les plus :

Conduite amusante

Agile et facile à stationner

Un vrai 4x4 sous-compact

Prix compétitif...même en euros!

Les moins :

Très bruyant dès 80 km/h

Sensible au vent latéral

Moteur gourmand considérant la puissance développée

À voir aussi : Antoine Joubert raconte l'histoire du Suzuki X-90 1996 - 1998

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