Ford Transit - La domination

Publié le 1er janvier 2022 dans 2023 par Hugues Gonnot

Au Canada, en 2019, 2020 et 2021, Ford a vendu plus de Transit que de Chevrolet Express, GMC Savana, Mercedes-Benz Sprinter, Nissan NV et Ram ProMaster… combinés! Doit-on en dire plus? Le succès du Transit ne date pas d’hier. Lancé en Europe en 1965, il devient instantanément la fourgonnette la plus vendue en Angleterre, titre qu’il va garder sans discontinuer jusqu’à aujourd’hui. Le coup de génie de Ford Europe est d’utiliser un maximum de pièces existantes pour baisser les coûts, de le doter d’une allure moderne (les modèles proposés alors font très « années 50 ») et de multiplier les versions. Il ne recevra son premier restylage majeur qu’au millésime 1978 et il faudra attendre 1986 pour voir l’apparition d’une nouvelle génération, qui connaîtra encore plus de succès. La troisième génération, présentée en 2000, deviendra véritablement mondiale.

Il ne restait finalement plus que l’Amérique à résister (même si sa commercialisation y avait un temps été envisagée pour le lancement de la troisième génération). L’arrivée d’Alan Mulally à la tête de Ford, en 2006, va changer les choses. À ce moment, Ford est plutôt l’agrégation de différentes compagnies (ou zones géographiques) plus ou moins autonomes. Mulally comprend qu’il y a là beaucoup d’économies à réaliser.

Avec son plan « One Ford », il entreprend d’éliminer les doublons partout où cela est possible. C’est pourquoi la quatrième génération de Transit est aussi conçue pour l’Amérique du Nord et remplace la E-Series (alias Econoline) à partir de 2014. Étonnamment, Ford continue pourtant de faire évoluer le E-Series, qui se vend encore aujourd’hui (et plutôt bien d’ailleurs!) en châssis cabine seulement avec un V8 de 7,3 litres développant 300 chevaux. Pas mal pour un véhicule dont les entrailles datent de 1975!

Moderne et polyvalent

Le Transit, comme tout bon utilitaire, c’est un vrai buffet chinois : de tout pour tout le monde! Pour les fourgons, vous avez six carrosseries de base réparties sur deux empattements, trois longueurs et trois hauteurs de toit (voir fiche technique). Ils sont disponibles en utilitaires (2 places), transport d’équipe (5 places) et transport de passagers (jusqu’à 15 places). Les châssis cabine offrent quant à eux 3 longueurs d’empattement. Trois motorisations sont proposées : V6 de 275 chevaux, V6 EcoBoost de 310 chevaux et électrique de 266 chevaux. Tout cela peut être combiné selon 4 catégories de charge : T150 (pas en châssis cabine), T250, T350 et T350 HD (avec essieu arrière à doubles roues, non disponible en électrique), en propulsion ou en traction intégrale. N’en jetez plus…

Mais si, on en jette toujours, car il faut maintenant regarder les équipements de série ou en option. On est loin des Econoline de papa avec les nombreuses assistances à la conduite disponibles (précollision, aux intersections, en marche arrière, régulateur de vitesse intelligent…), le système d’infodivertissement SYNC4 avec écran de 12 pouces ou bien un support télématique, idéal pour la gestion de flottes. La version électrique embarque un générateur de 2,4 kW, capable de charger ou d’alimenter nombre d’outils sur un chantier.

Des deux côtés de l’Atlantique, Ford a toujours su écouter sa clientèle et amener des innovations qui répondent à ses besoins. Le fait que le F-150 et le Transit, en Europe d’abord et maintenant ici, caracolent en tête des ventes depuis des décennies le montre bien. Le passage à l’électrique, et les nouvelles fonctionnalités qu’il apporte, devrait augmenter davantage la popularité du Transit. Bien joué, Alan Mulally, bien joué.

Supervan!

En juin 2022, Ford a présenté son Transit Supervan 4 au « Festival of Speed » de Goodwood. La première génération avait vu le jour en 1971. Il s’agissait d’un Transit avec des ailes gonflées auquel les ingénieurs avaient greffé des composants de GT40 (trains roulants, moteur 5 litres de 435 chevaux en position centrale arrière). Une bête! En 1984, Ford a montré le Supervan2, basé sur un châssis de C100 de Groupe C avec un V8 Cosworth DFL de Formule 1 développant 590 chevaux (toujours placé à l’arrière) et une carrosserie en fibre de verre rappelant le Transit de première génération restylée. Il est chronométré à 280 km/h sur le circuit de Silverstone.

Ce même véhicule est remanié en 1994 avec un avant de seconde génération restylé et un V8 Cosworth HB de 700 chevaux. Logiquement, la dernière itération passe à l’électrique. Elle est dotée d’une batterie de 50 kWh et de quatre moteurs pour une puissance totale de… 1973 chevaux! Elle promet le 0 à 100 km/h en moins de 2 secondes et peut rester collée à la piste grâce à une aérodynamique agressive, notamment à l’arrière. Dites, Postes Canada, pour vos livraisons rapides, ça ne vous tente pas?

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