Nissan LEAF - Quelques retouches ne suffisent pas

Publié le 1er janvier 2022 dans 2023 par Julien Amado

Lorsque la première Nissan Leaf est apparue sur le marché, c’était une pionnière. En 2012, cet ovni était regardé comme une curiosité par la majorité des acheteurs. Il faut dire que son autonomie était très limitée et son champ d’utilisation plutôt restreint, surtout en hiver. Une décennie plus tard, un grand nombre d’automobilistes s’intéressent aux véhicules électriques, à plus forte raison depuis que le prix d’un litre d’essence ordinaire tourne autour des 2 $.

Mais pour la Leaf, l’arrivée massive de la concurrence lui a fait perdre de sa superbe. Pour tenter de compenser cet état de fait à moindre coût, Nissan a décidé d’offrir quelques retouches esthétiques à sa voiture électrique. On ne peut pas vraiment parler d’une révolution stylistique, mais si vous êtes observateur, vous remarquerez la calandre qui perd son « V » chromé au profit d’une teinte intégralement noire. Et c’est désormais le nouveau logo de Nissan qui orne la partie avant. L’aileron arrière a aussi été remanié, afin d’améliorer l’aérodynamique selon le constructeur. Cela dit, nous sommes d’avis que cette modification devrait avoir un impact négligeable sur l’autonomie totale de la voiture. Le changement le plus visible se trouve du côté des roues, avec de nouvelles jantes de 17 pouces au design plutôt original, qui tranche avec le modèle 2022.

Comme les années précédentes, il est possible de choisir entre deux batteries différentes. La mouture de base SV dispose d’une capacité de 40 kWh et promet une autonomie de 240 km. Le moteur électrique développe 147 chevaux et 236 lb-pi. Plus haut dans la gamme, les modèles « Plus » sont plus puissants avec 214 chevaux et 250 lb-pi sous le pied droit. Les performances augmentées vont de pair avec une batterie de 62 kWh, ce qui permet de parcourir jusqu’à 349 km avec une seule charge. Pour 2023, Nissan a décidé de retirer du catalogue la SV, mais surtout la S Plus, qui avait la meilleure autonomie (363 km).

Le confort comme atout principal

En montant dans une Leaf, on mesure à quel point les années ont passé. Plastique dur, design démodé, la présentation n’est plus vraiment en phase avec ce que propose ses rivales. Nissan a ajouté son nouveau logo sur le volant et un écran d’accueil quand on démarre l’auto, mais c’est un peu léger pour se mesurer à des concurrentes dont la connectivité est désormais bien plus évoluée. Cela dit, reconnaissons à Nissan une ergonomie réussie, avec une grande quantité de boutons physiques faciles à actionner. Le coffre, dont la contenance atteint 668 litres, est volumineux et se charge aisément grâce au large hayon. Les sièges avant, très confortables et accueillants, permettent d’envisager les longs trajets sans difficulté. C’est aussi le cas du roulement, dont la douceur et la prévenance sont un avantage certain sur les routes du Québec. Même si l’asphalte devient très irrégulier, les occupants demeurent bien isolés du monde extérieur.

Le modèle de base accélère adéquatement, tandis que les déclinaisons Plus sont plus dynamiques et plaisantes à conduire. La Leaf ne vous propulse pas avec la force d’une Tesla Model 3, mais c’est amplement suffisant pour aller du point A au point B. L’insonorisation soignée est également un atout précieux.

En ville, le système e-Pedal, qui permet d’accélérer et de ralentir uniquement avec l’accélérateur, fonctionne à merveille. À moins d’avoir besoin de freiner très fort, on peut conduire la majorité du temps avec la seule pédale de droite. Et c’est tant mieux car la pédale de frein, dure et pas vraiment dosable, n’est pas très agréable à utiliser. Finalement, le principal reproche que l’on peut faire à la Leaf, c’est sa conduite sans saveur. Elle est facile à prendre en main et c’est une bonne alliée au quotidien, mais sa direction légère et peu communicative anesthésie les sensations remontées au conducteur.

Ça sent la fin…

Au terme de notre essai, nous sommes d’avis que la voiture électrique de Nissan conserve des qualités intéressantes et pourrait convenir à des acheteurs désireux de réduire leur facture énergétique. Mais si on la compare directement aux derniers modèles sortis sur le marché, la Leaf peine à cacher son âge. On voit clairement que Nissan tente de la maintenir à flot avec quelques retouches en attendant une remplaçante.

Certaines rumeurs parlent d’un petit utilitaire, au format plus réduit que l’Ariya, qui se pointerait à l’horizon 2025. En attendant, c’est à une Leaf vieillissante de faire le dos rond pour une ou deux années supplémentaires, avant de quitter définitivement la gamme Nissan. Et quand ce jour arrivera, on se souviendra tout de même que la Leaf aura marqué l’histoire automobile, en étant une des pionnières de la propulsion électrique.

Feu vert

Feu rouge

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