Audi e-tron - Déjà dans l'ombre

Publié le 1er janvier 2022 dans 2023 par Antoine Joubert

Bien qu’Audi ait été le premier constructeur à véritablement répliquer au Tesla Model X, plusieurs ont récemment suivi. Au point où, en 2023, l’offre est plus riche que jamais. Cadillac LYRIQ Lexus RZ 450e et Polestar 3 viennent donc cette année s’ajouter à la liste, déjà bonifiée en 2022 par l’arrivée d’un très convaincant BMW iX. Et l’e-tron dans tout ça?

Tout d’abord, il faut savoir que l’e-tron n’a jamais eu pour objectif de brasser l’industrie ou de redéfinir les normes. Son approche stylistique témoigne à elle seule d’une stratégie plutôt timide de la part d’Audi, puisque ce modèle se fond dans la masse au même titre qu’un Q7. Certes, la calandre pleine et la partie arrière plus élancée de la version Sportback apportent des touches plus distinctives, mais rien comme ce que propose la concurrence. Remarquez, l’e-tron exploite une plate-forme que partagent bon nombre de VUS à essence du groupe Volkswagen, du Touareg au Bentley Bentayga.

Vendu à seulement 727 unités l’an dernier au pays, l’e-tron joue donc hélas un rôle symbolique sur notre marché. Parce que la majorité des unités produites sont distribuées en Europe, là où les lois forcent la vente de véhicules électriques, mais aussi parce qu’Audi écoule d’un claquement de doigts l’ensemble des modèles qui touchent le sol canadien. Une situation qui pourrait être appelée à changer, mais qui, dans le contexte actuel, explique l’intérêt à miser principalement sur des Q5, Q7 et Q8.

Quatre nuances de gris…

Si BMW ou Jaguar s’efforcent avec leurs modèles respectifs d’offrir une multitude de teintes extérieures, il en va autrement chez Audi. Du noir, du blanc et quelques gris. C’est tout. Vous pourriez - pour 2023 - choisir l’édition Vorsprung permettant de dynamiser le look avec des jantes et garnitures noir piano et des étriers de frein orange. Cependant, pas de couleurs vives comme ce fut jadis le cas, alors que le e-tron était pratiquement seul de son clan. Heureusement, on se reprend à l’intérieur où la présentation est magnifique, mais où le choix des teintes comme des matériaux laissent davantage place à l’imagination. Après tout, lorsque l’on débourse plus de 100 000 $ pour un véhicule, il fait bon de pouvoir le personnaliser un tantinet! Conducteur et passager font face à un poste de conduite en harmonie directe avec ce que l’on retrouve notamment dans un Q7. C’est-à-dire une planche de bord entièrement numérique caractérisée par trois écrans dont les fonctions sont bien réparties pour une ergonomie efficace. Visuellement attrayante, cette planche offre aussi cet avantage d’un retour haptique des touches numériques, permettant de clairement définir les actions du conducteur. Un élément qui peut sembler anodin, mais qui impacte fortement sur l’expérience d’utilisation.

Vêtu de ses plus beaux habits, l’habitacle de l’e-tron est également très spacieux. Un peu moins que le BMW iX à qui il concède l’avantage d’un plus long empattement, ce qui n’empêche pas les occupants de se sentir en première classe. Remarquez, le confort est à ce point impressionnant qu’il fallait concevoir un habitacle à la hauteur.

Très lourd, l’e-tron adopte une conduite aseptisée. Le comportement n’est pas particulièrement dynamique, même en mode Sport, conséquence de cette masse de plus de 2 600 kilos. Ne comptez donc pas y retrouver la verve et la maniabilité d’un Q7, il n’en est rien. Même la puissance en accélération déçoit par rapport à la concurrence. Cela dit cela ne signifie pas qu’il manque d’allant. Dans un autre registre, le véhicule est solide et magnifiquement assemblé. Son comportement est également très prévisible et son freinage, toujours à la hauteur.

Autonomie à la traîne

L’an dernier, quelques rares unités d’une version e-Tron S Sportback dotée de trois moteurs électriques ont touché le sol canadien. Un modèle qui était plus performant, mais qui décevait à cause d’une autonomie d’à peine 335 km, pour une facture débutant à 110 000 $. Remarquez, la version ordinaire, la seule disponible pour 2023, déçoit elle aussi à ce chapitre, affichant au mieux 364 km d’autonomie. Celle-ci baissera avec la version Sportback à 362 km et encore davantage avec l’option des jantes de 21 pouces. On retranche donc ici 160 km à l’autonomie d’un BMW iX xDrive50i, de facture comparable. Il faut dire que seuls 90% des capacités de sa batterie de 95 kWh sont exploitables, Audi préférant en prolonger la durée de vie plutôt que de chasser quelques coûteux kilomètres d’autonomie.

Bien que séduisant, force est d’admettre que l’e-tron fait aujourd’hui face à une féroce concurrence, à qui Audi doit concéder plusieurs avantages. Ne soyons toutefois pas inquiet : chaque e-tron nous étant destiné trouvera preneur, parce qu’au Québec, on s’arrache les voitures électriques, quelles qu’elles soient.

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