Volkswagen Tiguan - Beaucoup de qualités, un gros défaut

Publié le 1er janvier 2022 dans 2023 par Michel Deslauriers

Lancée pour le millésime 2018, la deuxième génération du Volkswagen Tiguan a représenté un changement radical par rapport à la première. En effet, afin d’accroître ses ventes aux États-Unis, le constructeur a décidé de concevoir des véhicules spécifiques au marché nord-américain tout en y implantant une usine de production au Tennessee, assemblant la berline Passat à partir de 2011.

Cette Passat était différente de la version vendu ailleurs dans le monde, plus grosse et construite sur une plate-forme dédiée. Dans le même ordre d’idées, au lieu de nous servir la troisième génération du Touareg, Volkswagen a conçu l’Atlas, plus gros et plus abordable, alors que cette dernière mouture du Tiguan vendue chez nous est en fait l'une de deux variantes de l’utilitaire compact, alors qu’un Tiguan plus petit est également vendue dans d’autres marchés.

La stratégie a fonctionné

On a corrigé le principal défaut de la première génération du Tiguan, c’est-à-dire la petitesse de son habitacle et de son coffre, le modèle actuel figurant désormais parmi les plus volumineux du segment. Lors de sa métamorphose, le Tiguan est passé du plus court empattement de la catégorie au plus long, et seul le Mitsubishi Outlander affiche une longueur hors tout supérieure, d’à peine quelques millimètres. Pas surprenant que les ventes aient décollé à l’arrivée de cette deuxième génération.

Si le dégagement pour la tête et les jambes des passagers avant et arrière ne sont pas les plus généreux du segment, on a tout de même droit à un habitacle très spacieux. Une troisième rangée de sièges est même proposée en option. Une rareté chez les utilitaires compacts qui n’est partagée qu’avec l’Outlander. Le volume de chargement figure parmi les plus vastes du segment, mais contrairement au VUS compact de Mitsubishi, l’ajout de la troisième rangée réduit cet espace alors que dans la version à cinq passagers, on peut abaisser le niveau du plancher de chargement au besoin. Coté technologie, la déclinaison de base comprend une instrumentation numérique de 8 pouces et un écran tactile multimédia de 6,5 pouces, alors que les autres disposent d’un bloc d’instruments configurable de 10,25 pouces et d’un écran central de 8 pouces. Seule la version Highline (au sommet de la gamme) profite de la chaîne audio Fender, qui propose une très belle sonorité. La surveillance des angles morts et le freinage d’urgence autonome figurent de série dans chaque Tiguan, ce qui est appréciable.

Le design est moderne et la rigueur d’assemblage est à souligner, malgré quelques surfaces en plastique d’apparence bon marché. L’ergonomie des commandes est en recul depuis le rafraîchissement de l’habitacle l’an dernier, alors que les glissoirs tactiles servant à actionner la climatisation sont difficiles à utiliser lorsque le véhicule est en mouvement. Pour finir, sachez que la sensation des touches haptiques sur le volant n’est pas très agréable. En général, la vie à bord du Tiguan demeure toutefois plaisante.

C’est un Volkswagen ça?

Ce constructeur allemand nous a toujours impressionnés par l’efficacité et la puissance de ses petits moteurs turbocompressés. On n’a qu’à essayer une Golf GTI des 10 dernières années pour s’enivrer du couple généreux à bas régime et de la vivacité de ces mécaniques. Dans le Tiguan, c’est tout le contraire. Son 4 cylindres turbo de 2 litres, conçu spécialement pour optimiser l’économie de carburant, produit un modeste 184 chevaux. En revanche, chez Volkswagen, on compare cette motorisation à celles de base chez la concurrence, offrant généralement entre 170 et 190 étalons. Le couple de 221 lb-pi du Tiguan, disponible à partir de 1 900 tr/min, permet toutefois des décollages vifs.

Ça, c’est une fois qu’on est en mouvement, car le temps de réponse de l’accélérateur est laborieux, et cette demi-seconde d’attente nous fait appuyer davantage sur la pédale, occasionnant un décollage trop rapide. La boîte automatique n’aide pas non plus avec des à-coups marqués à basse vitesse, une réactivité engourdie lors des rétrogradations, le tout accompagné d’une sonorité du moteur peu raffinée. Le comportement routier du Tiguan compense un peu, malgré la légèreté de sa direction et le roulement plus ferme des roues de 19 et de 20 pouces des déclinaisons munies de l’ensemble R-Line.

Si ce sacrifice du plaisir de conduite a été mis au point dans le but d’économiser du carburant, le résultat n’est pas très concluant. Sa cote mixte ville/route de 9,4 L/100 km (9,8 avec l’ensemble R-Line) est l’une des plus élevées chez les VUS compacts. Au moins, lors de notre dernier essai, on est parvenu sans trop s’énerver à consommer sous la barre des 9 L/100 km et le moteur fonctionne sans problème à l’essence ordinaire. Au final, le Tiguan est indéniablement polyvalent et confortable, mais son agrément de conduite est gâché par sa motorisation peu raffinée. Pour l’ensemble de l’œuvre, il existe de meilleurs choix dans sa catégorie.

Feu vert

Feu rouge

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