Nissan Versa - Pour combien de temps encore?

Publié le 1er janvier 2022 dans 2023 par Germain Goyer

De retour sur le marché depuis 2021, la Versa a tardé à faire son entrée au pays. Rappelons-nous que la Micra a « raccroché ses pneus » en 2019, créant ainsi un vide dans le segment des sous-compactes chez Nissan. D’autres constructeurs comme Toyota avec la Yaris, Hyundai avec l’Accent, Chevrolet avec la Spark et Honda avec la Fit ont déserté ce marché qui n’est plus suffisamment lucratif. De son côté, Nissan a décidé de nager à contre-courant. Il a d’abord introduit l’actuelle Versa sur le marché américain en 2020, nous faisant ainsi attendre pendant un an. Depuis, l’offre est uniformisée de part et d’autre de la frontière. Sans réel changement pour l’année modèle 2023, l’unique berline sous-compacte poursuit sa route.

La Versa ne reçoit pas de changement mécanique pour 2023 : elle conserve son moteur atmosphérique à 4 cylindres de 1,6 litre, bon pour 122 chevaux et 114 lb-pi. Certes, c’est peu, mais n’oublions pas qu’il s’agit en fait d’une petite auto et que c’est de loin supérieur aux 78 chevaux générés par le moteur de machine à coudre de la Mitsubishi Mirage.

La CVT en question

Dans sa mouture de base, la Versa reçoit une transmission manuelle à cinq rapports. Beaucoup de consommateurs paieront le supplément de 1500 $ pour obtenir un modèle S muni de la transmission à variation continue. Cette boîte équipe aussi les versions SV et SR qui sont plus cossues. Par le passé, Nissan a connu d’importants ratés avec cette transmission. Ses composantes de piètre qualité menaient à un bris prématuré de celle-ci. Nous demeurons méfiants face à ce type de boîte chez Nissan, bien que les plus récents produits de la marque ne semblent plus connaître les soucis antérieurs.

Vous vous en doutez, la Versa n’adopte pas une conduite endiablée. Comme véhicule urbain, elle effectue, somme toute, plutôt bien le travail. Son format est pratique en ville puisqu’elle se faufile dans la circulation et qu’on peut la stationner dans des espaces restreints. Cela dit, à son volant, on se rend rapidement compte qu’il s’agit d’une voiture bon marché. L’insonorisation est déficiente et le comportement de la transmission CVT dérangera certains conducteurs.

Si la Micra était mignonne, il en autrement pour la Versa. Loin d’être aussi attachante, elle a néanmoins l’avantage d’être plus pratique. La Versa, en bonne berline, a droit à un coffre alors que la Micra profitait plutôt d’un hayon. En ce qui concerne le volume de chargement, la Rio continue de l’emporter avec ses 493 litres.

Pas très populaire

Si Nissan vend peu de Versa sur notre marché, ça ne relève pas du hasard. Non seulement les sous-compactes sont souvent dépassées sur le plan technique et leur équipement déçoit, mais en plus, leur acquisition n’est pas intéressante sur le plan financier. La situation est encore plus flagrante dans le cas d’une location puisque la valeur résiduelle au terme de la location est très faible. Traditionnellement, les Québécois étaient plus friands de petits véhicules que le reste du continent, mais ils sont aussi, proportionnellement, plus nombreux à opter pour la location. Voilà qui n’est plus compatible.

Au moment d’écrire ces lignes, une Versa S à boîte CVT vous coûtera 323 $ mensuellement (tous frais inclus) pour une location de 48 mois. Dans le cas d’une Sentra S, également dotée d’une boîte CVT, vous paierez précisément 24 $ de plus que pour la Versa dans les mêmes conditions. Alors, pourquoi se priver d’une voiture plus spacieuse, plus puissante avec un écart équivalent à un petit café par mois? Attendez, ce n’est pas tout! Si vous désirez être dans le vent et que vous voulez un VUS, vous pourriez être tenté par un Kicks. Partageant une majorité de ses composantes avec la Versa, il arbore une allure plus à la mode. Grâce à sa valeur résiduelle plus élevée, vous débourserez 303 $ pour louer un Kicks S dans les mêmes conditions. Nissan devra sortir à nouveau la calculatrice s’il désire vendre davantage de Versa.

Pour toutes ces raisons, vous comprenez désormais pourquoi vous ne croisez que très rarement de Versa sur la route. En 2021, alors que la Versa était fraîchement débarquée sur notre marché, le constructeur japonais n’en a vendu que 1 189 unités au Québec. À titre de comparaison, Kia a vendu plus de 2 000 exemplaires de la Rio, un produit qui a atteint une certaine maturité. Certes, Nissan s’en sort mieux que Mitsubishi qui a écoulé , de peine et de misère, 420 Mirage dans la province.

Feu vert

Feu rouge

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