Acura TSX 2008, pour les non-conformistes

Publié le 14 février 2008 dans 2008 par Denis Duquet

Nous l’avons déjà écrit, la compagnie Honda et sa division Acura font souvent les choses différemment. Ce constructeur a une préférence marquée pour les moteurs quatre cylindres, pour les suspensions relativement souples et un design à part. De plus, il fait généralement fi des modes du moment. La TSX en est un autre exemple probant. Dérivée de la Honda Accord européenne et japonaise, cette berline cible une clientèle qui saura apprécier son caractère unique.

Il est certain que cette Acura ne plaira pas à ceux qui aiment flasher… La TSX est sobre, très sobre. Ses lignes fuyantes sont plus classiques qu’autre chose. Les stylistes ont opté pour une ceinture de caisse élevée, un pavillon particulièrement bas, le tout ancré à une grille de calandre chromée qui est l’élément visuel le plus caractéristique de cette voiture. Ce faisant, on a repris en quelque sorte certains caractères de style propres à Alfa Romeo. Si vous trouvez que la partie arrière vous rappelle celle de la BMW Série 3 de la génération précédente, vous n’êtes pas le seul à y voir une ressemblance. Malgré ces associations visuelles, la silhouette de la TSX est en filiation avec les autres berlines de la marque, mais en étant nettement plus discrète.

Petit moteur, 204 chevaux !

Honda a toujours été un grand spécialiste des moteurs de petite cylindrée produisant beaucoup de chevaux, et le moteur 2,4 litres de la TSX confirme cette règle avec une puissance de 205 chevaux. Compte tenu de la vocation de berline sportive de cette Acura, il est couplé à une boîte manuelle à six rapports. La transmission manumatique à cinq rapports pouvant être contrôlée par des pastilles placées derrière le volant est optionnelle. La plate-forme est très rigide et la suspension avant à leviers triangulés a prouvé son efficacité sur de nombreux autres modèles Acura ou Honda. À l’arrière, la suspension indépendante à leviers multiples se révélera relativement souple en conduite sportive. Nous y reviendrons plus tard.

Comme tous les modèles Acura, la qualité des matériaux et de la finition est sans reproche. La voiture donne l’impression d’être assez petite, mais il s’agit d’une illusion d’optique. Par exemple, cette TSX est plus longue et plus haute qu’une Audi A4 et son empattement est également plus long. Ce n’est qu’en largeur qu’elle cède quelques millimètres à sa rivale germanique. Et cette différence n’affecte pas son habitabilité car les occupants des places avant ne se sentent nullement à l’étroit. Les places arrière sont correctes pour la catégorie tandis que le coffre est même plus spacieux que celui de la RL, la grosse berline de la marque. Terminons ce tour du propriétaire en soulignant que les sièges avant sont confortables tout en offrant un support latéral supérieur à la moyenne. Devant lui, le conducteur voit deux grands cadrans, faciles à consulter, avec chiffres blancs sur fond noir. Le volant est parsemé de touches de commandes alors que la version Navi possède un écran LCD de bonne dimension. Détail intéressant, sur la TSX, ces deux cadrans sont de grosseur égale, mais sur la TL, l’indicateur de vitesse trône au centre du module des instruments.

Conduite polyvalente

La version avec la boîte manuelle me semble la plus agréable à conduire. La course du levier de vitesse est courte et précise et c’est un plaisir que de passer d’un rapport à l'autre. La course de la pédale d’embrayage est longue, mais le point de friction est relativement haut, ce qui permet de changer les vitesses très rapidement. Et c’est tant mieux puisque ce moteur ne livre ses chevaux qu’à un régime assez élevé et les changements de rapports sont nécessairement nombreux, mais combien agréables. Pas besoin de conduire à tombeau ouvert sur une route secondaire pour avoir du plaisir au volant d’une TSX. En fait, à son volant, rouler dans la circulation urbaine devient presque un ravissement.

Rien n’est parfait, et il faut déplorer une direction un peu trop assistée sans oublier la boîte automatique qui enlève du punch à ce petit moteur. Autre bémol, les pneumatiques sont trop glissants en virage. Pour votre information, notre voiture d’essai était chaussée de pneus Michelin Pilot si j’en crois mes notes. Le roulis de caisse en virage serré et la direction trop assistée seront plus ou moins appréciés par certains. Mais si vous adaptez quelque peu votre conduite, vous prendrez votre pied et vous pourrez vous imaginer que vous roulez en Alfa Romeo tant le comportement est plus ou moins similaire. Somme toute, la TSX s’adresse à des gens qui privilégient la conduite impliquée et qui aiment les caractéristiques d’une petite cylindrée performant à haut régime.

Feu vert

Agrément de conduite, finition impeccable,
moteur nerveux, mécanique fiable,
sièges avant confortables

Feu rouge

Silhouette générique, certaines options onéreuses,
boîte automatique limite l'agrément, habitabilité moyenne,
pneumatiques moyens

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