Ford Freestyle, l'ultime multisegment

Publié le 18 février 2006 dans 2006 par Marc Bouchard

Le mot ultime peut prendre plusieurs significations. La première, c’est évidemment le summum, ce que la nature fait de mieux. Difficile d’accoler ce qualificatif au Freestyle, tout le monde en conviendra. Par contre, il faut admettre que ce véhicule atteint vraiment un autre ultime en matière de multisegment ; on a tellement bien mêlé les styles et les genres, avec une silhouette trop carrée pour être aérodynamique, et trop grosse pour être un petit utilitaire, qu’on ne sait plus trop à quoi on a affaire.

Simplement en le regardant, on voit alors l’ultime multisegment, c'est-à-dire un véhicule installé quelque part entre toutes les catégories.

Quand le véhicule se met en mouvement, on change rapidement d'idée. Car en le voyant rouler, le Freestyle donne l'impression de se transformer. Il glisse sur la route avec une certaine grâce nonobstant ses dimensions imposantes. Assis derrière le volant, l'impression est encore meilleure, malgré certaines lourdeurs de conduite. Bref, le Freestyle le confirme, il est l’exemple presque parfait du véhicule pratique, et d’une polyvalence extrême.

Air de famille

De l’extérieur, les stylistes ont voulu conserver ce qui avait fait le succès de modèles comme l’Escape et l’Explorer, mariés à quelques lignes du F150, pour nous proposer un look aux limites du vieillot. Un choix qui sera peut-être raisonnable, puisque la silhouette saura bien vieillir, mais surtout, un choix qui permet une identification immédiate à la famille Ford. À l’intérieur, on a aussi conservé le design propre à Ford mais cette fois, personne n’y trouve à redire. La planche de bord est sobre, mais efficace, les commandes intuitives et les instruments généralement faciles à consulter. Certaines versions sont cependant munies de cadrans sombres, difficiles à déchiffrer.

Une autre bonne note aussi pour la troisième rangée de sièges, qui est celle qui offre le plus d’espace dans sa catégorie. Évidemment, pas question d’y loger des mastodontes, mais l’espace disponible est plus que raisonnable.

Pour le propulser, le Freestyle est doté d’un moteur V6 3 litres d’une puissance de 203 chevaux couplé à une transmission à rapports continuellement variables. Inspirée de Audi, cette boîte de fabrication ZF est d’une grande souplesse.

Signalons enfin qu’il est possible d’obtenir un Freestyle équipé d’une traction intégrale de bonne qualité, qui répond aux moindres besoins des conducteurs. Essayée en hiver, celle-ci a notamment permis de circuler sans trop d’hésitation, alors que les conditions routières auraient normalement exigé d’une simple traction un plus grand ralentissement.

En matière de construction, le Freestyle, c’est le petit frère de Volvo. Basé essentiellement sur le XC90, l’utilitaire maintes fois récompensé du constructeur suédois, le Freestyle reprend plusieurs de ses mécanismes. Du nombre, les essieux arrière indépendants, des freins à disque aux quatre roues (ce qui n’est pas rien pour un véhicule de ce genre) et une structure de sécurité calquée directement sur ce que les Suédois ont à offrir de mieux. On propose même en option un rideau gonflable pour les passagers avant et arrière, ce qui devrait être un impératif dans un véhicule à vocation familiale.

Concernant les performances sur la route, le Freestyle se défend bien, même s’il ne brûle pas le tarmac à chaque départ. Un seul moteur est au catalogue, mais il se montre bien suffisant. Pour ce qui est de l’accélération, le Freestyle fait la barbe à bon nombre de ses concurrents directs et, mine de rien, tire son épingle du jeu au départ comme en reprise.

Ajoutons à cela un freinage surprenant d’efficacité malgré le poids global du véhicule, (merci aux quatre disques) et une direction tout aussi étonnante de précision, et vous obtenez un très heureux mélange. Il est vrai cependant que la direction redonne peu de sensations au conducteur, ce qui rend la conduite plus sportive presque impossible.

Pratique partout

Parce qu’on traite ici d’un multisegment, l’utilisation maximale de l’espace intérieur est indispensable. Ce qui, dans le cas du Freestyle, est une véritable réussite. Les sièges avant sont confortables et faciles d’accès pour les personnes de toute taille. Les passagers arrière devront légèrement se contorsionner pour accéder à la troisième rangée, mais y parviendront sans trop de mal (j’y suis parvenu, et je ne suis pas un modèle de souplesse et de grâce). Grand avantage, les deux rangées arrière sont surélevées, ce qui procure aux passagers une meilleure vision de la route… et de l’écran du lecteur DVD vendu en option.

Le Freestyle répond donc à la lettre aux exigences de la catégorie des multisegments. Et il répondra aux exigences de ceux qui veulent tout faire avec leur véhicule. Y compris simplement le conduire...

Feu vert

Traction intégrale
Équipement de sécurité
Freins efficaces
Transmission précise

Feu rouge

Direction peu bavarde
Allure peu engageante
Finition parfois déficiente
Accès arrière ardu

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