Nissan Altima, le plaisir, la famille ou la planète ?

Publié le 19 février 2008 dans 2008 par Alain Morin

Il est quelquefois intéressant de regarder les constructeurs se dépêtrer dans ce qu’est devenue l’industrie automobile depuis quelques années. Il faut plaire à tous, question de ne pas perdre d’argent, tout en ne se mettant pas chacun à dos avec des solutions trop extrémistes. Chez Nissan, on n’a pas pris de risques ! La populaire Altima répond à un public particulièrement large. Les familles peuvent choisir la berline à quatre cylindres, mais les familles qui aiment la performance craqueront pour la berline V6, et les familles ayant à cœur l’environnement jetteront leur dévolu sur la berline à motorisation hybride. Vous n’avez pas de famille ? Pas grave, l’Altima Coupé est là ! Avec un quatre cylindres ou un V6! 

L’an dernier, Nissan présentait une nouvelle génération de l’Altima. Même si les lignes générales reprennent celles du modèle précédent, il ne faut pas conclure pour autant que la voiture n’a pas changé. En fait, la plate-forme est nouvelle et plus rigide qu’auparavant, les suspensions ont été redessinées et les deux moteurs proposés ont connu beaucoup d’améliorations. De plus, l’habitacle a fait peau neuve. L’Altima peut ainsi livrer une lutte plus égale aux Honda Accord, Hyundai Sonata, Mazda6 et Toyota Camry de ce monde. Malheureusement, l’Altima nouvelle n’avait pas été dévoilée à temps pour respecter la date de tombée du Guide 2007. Depuis l’automne dernier, cependant, nous avons pu conduire plusieurs Altima. 

Altima berline

La première version à être dévoilée a été la berline. Cette décision s’explique facilement puisqu’il s’agit du modèle le plus populaire. Puis, en janvier dernier la version hybride a été commercialisée et, depuis le début de l’été, le modèle coupé se retrouve dans les salles d’exposition. Nous nous attendions à une sportive SE-R mais il semble que ce modèle très sportif ne verra pas le jour, du moins pas à court terme. Dommage. Autant la berline que le coupé ont droit à deux moteurs. Tout d’abord, Nissan présente un quatre cylindres de 2,5 litres (Altima 2,5). Ce moteur développe 175 chevaux et 180 livres-pied de couple. Puis, on retrouve un V6 bien connu chez Nissan, le 3,5 litres (Altima 3,5) de 270 chevaux et 258 livres-pied de couple. Ces deux moteurs peuvent être associés, selon les versions, à une transmission manuelle à six rapports ou à une CVT (à rapports continuellement variables) qui comprend un mode manuel. Toutes les Altima sont des tractions (roues avant motrices).

Même si la plupart des gens ont plus de respect pour une voiture à moteur V6 que pour le même modèle à quatre cylindres, ce dernier tire très bien son épingle du jeu. La puissance qu’il affiche, comme on l’a vu précédemment, n’est pas négligeable. Il parvient à lancer l’Altima de façon convaincante même si sa sonorité n’est pas tellement riche. Nissan déclare 8,9 litres aux 100 km pour ce quatre cylindres, autant avec la transmission manuelle que la CVT, ce qui est l’équivalent de la Honda Accord et meilleur que les Mazda6 et Toyota Camry. Ce 2,5 litres semble mieux s’entendre avec la transmission manuelle à six rapports qu’avec la CVT. L’étagement de la manuelle nous a paru fort correct tandis l’embrayage se montre très progressif et bien dosé mais la course du levier pourrait être un tantinet plus courte. La CVT fonctionne adéquatement mais, en accélération franche, elle amène le moteur à des régimes très élevés et l’y fait demeurer tant que le pied droit ne relâche pas un peu son emprise. Ce n’est pas mauvais en soi, mais comme le moteur est très bruyant à haut régime, on a l’impression qu’il va sortir du capot ! De plus, cette transmission n’entraîne que très peu de frein moteur, ce qui est un peu déconcertant au début. Mais, comme le dit celui qui vient de gagner à la 6/49, on s’y fait !

L’autre moteur, comme nous l’avons vu, est un V6 de 3,5 litres. Alors là, accrochez-vous, ça marche ! Les 270 chevaux ne se font pas prier pour faire accélérer la voiture de 0 à 100 km/h en 7,0 pile dans un grondement très apprécié. Par contre, il faut tenir le volant à deux mains, l’effet de couple (comme dans un couple, une roue tire beaucoup plus de son bord…) étant dominant. Malgré les prétentions de Nissan qui disait avoir en bonne partie réglé ce problème, nous devons avouer que ce n’est pas totalement réussi, surtout sur la berline. Ce problème n’est certes pas aussi majeur que sur la version précédente mais il se déclare toujours présent. Cependant, sur une des versions coupé essayées, l’effet de couple était beaucoup moins dérangeant. Le V6 affiche une consommation d’essence fort réservée avec des notes de 11,3 litres pour la transmission manuelle et de seulement 10,6 pour la CVT. Encore une fois, question de goût, nous préférons la transmission manuelle pour son agrément de conduite mais il faut avouer que la CVT rend le moteur plus économique. En passant, Nissan suggère de l’essence super pour le V6. Plus le prix de l’essence augmente, moins la suggestion est écoutée…

Altima Coupe

La vedette de l’année est sans contredit le modèle coupé. Lorsqu’est venu le temps pour Nissan de créer une Altima deux portes, il n’était pas question de simplement enlever deux portières à la berline et d’allonger les deux restantes. Les ingénieurs ont donc raccourci le châssis de 101 mm, amputant ainsi la longueur totale de 185 mm. Dans l’opération, la voiture a perdu environ 50 kilos par rapport à la berline. Même si nous n’avons pu conduire une berline et un coupé l’un après l’autre, il ne fait pas de doute que le coupé possède une sportivité un cran plus relevée. Cependant, la berline, qu’elle soit mue par le quatre cylindres ou le V6, n’est pas en reste. La tenue de route s’avère agréable et inspire la confiance. Si vous poussez trop loin, ou si vous circulez sur une surface à faible coefficient de friction, le système de contrôle de la traction et de la stabilité (si votre Altima en est équipée) se fera quasiment violence pour vous ramener dans le droit chemin. Autant dans le coupé que dans la berline, le V6, plus lourd, rend la voiture un peu moins agile et, surtout, moins équilibrée. Qui dit sportivité dit aussi suspensions un peu plus dures. Celles de l’Altima tapent un peu plus dur que la moyenne mais, à moins d’être vraiment sensible du popotin ou de la vertèbre, ce n’est pas dramatique. La direction s’avère un des points forts de l’Altima en étant à la fois précise et directe tout en procurant un bon feedback. Bravo ! Quant aux freins, ils sont à la hauteur de la tâche. Les distances d’arrêt sont courtes et l’ABS est bien dosé. Il est à noter que pour 2008, tous les modèles profitent de la répartition électronique de la force de freinage (EBD). Yé !

Les lignes du coupé le rapprochent, esthétiquement, de la nouvelle Infiniti G37 (Infiniti est la marque de prestige de Nissan, en passant) et, interrogés à savoir si les gens n’allaient pas prendre l’Altima Coupe pour une Infiniti G37 bas de gamme, ils nous ont répondu que non, non, non, ben voyons donc, personne ne pourrait penser ça ! L’auteur de ces lignes, pourtant… Mais comme le disait si bien un confrère à la méchanceté proverbiale, la partie arrière de l’Altima Coupe ressemble beaucoup plus à un Chevrolet Monte Carlo ! Les gens de Nissan sont par contre conscients que le marché des coupés n’est pas très fort au Canada. Ils en ont aussi profité pour nous dire que seul le capot était le même que sur la berline ! Tout le reste n’appartient qu’au coupé.  Même la hauteur des vitres latérales n’est pas la même, étant plus réduite. Les portières sont nécessairement plus lourdes que celles de la berline et s’ouvrent sur un habitacle, ma foi, fort réussi. Pour la version coupé, le frein à main loge sur la console étant donné la connotation sportive que cette configuration suggère. La qualité des matériaux et de la finition n’a pu être prise en défaut malgré toute ma mauvaise volonté. Quant à la visibilité, elle n’est pas insatisfaisante… pour un coupé.

Si l’accès aux places arrière ne cause pas trop de problèmes particuliers dans la berline, il en va autrement dans le coupé. Leur accès n’est pas des plus aisés et il faut vraiment avoir une bonne raison pour aller s’asseoir en arrière. Les places sont étriquées et l’espace est compté. Et dire qu’il y a une place centrale ! Si vous connaissez un adulte de taille normale qui a pu y tenir plus d’un kilomètre sans avoir recours à une thérapie, honorez-le ! Ces sièges possèdent des dossiers qui se rabattent de façon 60/40 pour agrandir le coffre. Le couvercle dudit coffre ouvre haut et a une bonne ouverture mais son seuil de chargement est élevé. D’après Nissan, le coupé, fabriqué comme la berline à Smyrna au Tennessee, sera surtout acheté par des femmes qui préféreront le quatre cylindres et la transmission CVT. 

Altima Hybride

Il est un modèle dont nous n’avons pas encore traité. Il s’agit de la version hybride. Même si Nissan avait déjà déclaré que l’hybridation de ses véhicules ne l’intéressait pas, l’entreprise a dû se plier aux exigences du marché et produit désormais une Altima Hybride. En fait, plutôt que développer à grands frais un système hybride, Nissan s’est associé à Toyota dont la réputation n’est plus à faire dans ce domaine. L’Altima Hybrid, offerte en livrée berline uniquement, reprend le moteur thermique quatre cylindres 2,5 litres de la version ordinaire en y ajoutant un groupe électrique moteur/générateur. Ce groupe donne un total de 198 chevaux et 199 livres-pied de couple. Le moteur électrique actionne, à lui seul, 199 livres-pied de couple de 0 à 1 500 tours/minute tandis que le moteur à essence en déploie 162 de 2 800 à 4 800. En pleine accélération, les performances de ce moteur hybride sont loin d’être mauvaises mais sa consommation d’essence devient celle du quatre cylindres. Au départ, l’Altima Hybrid se sert uniquement de la batterie (hydrure métallique de nickel, Ni-Mh) puis le moteur à essence vient à la rescousse. En fait, c’est dans la circulation dense que les bénéfices de l’Hybrid sont les plus évidents. Seule la transmission CVT à commande électronique est proposée avec ce modèle et on n’y retrouve pas de mode manuel. La Hybrid revient à peu près au même prix qu’une 2,5 S équivalente (donc équipée à ras bord et à laquelle on préfère généralement une 3,5SE), mais elle est éligible à une remise de 1 500 $ du gouvernement fédéral. Elle peut ainsi paraître une aubaine, d’autant plus qu’elle consomme moins. Mais avant de signer un chèque, informez-vous de la valeur de revente… Dans le cas présent (et dans le cas de tous les hybrides, en fait), la location pourrait s’avérer une bonne idée.

L’Altima propose déjà deux configurations et trois moteurs. Une version décapotable de l’Altima ne semble pas figurer dans les plans de l’entreprise mais personne n’a infirmé cette information non plus… Avec l’Altima, Nissan possède une voiture moderne, bien fignolée et abordable. Mais il ne faudra pas attendre des lunes pour devoir encore améliorer le produit. La compétition est incroyablement féroce dans cette catégorie.

Feu vert

Prix abordables, moteurs peu gourmands,
moteur quatre cylindres bien adapté,
version hybride, direction précise

Feu rouge

Suspensions un peu dures, effet de couple encore présent (V6),
version hybride un peu dispendieuse,
transmission CVT à apprivoiser, places arrière étriquées (coupé)

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