Toyota Corolla, irréprochable banalité…

Publié le 19 février 2008 dans 2008 par Antoine Joubert

Vous vous attendiez sans doute à ce que Toyota nous arrive pour l’année-modèle 2008 avec une toute nouvelle Corolla ? Eh bien, moi aussi ! Mais il semble que les dirigeants de la marque ont choisi d’étirer la carrière de cette génération pour une sixième année. Toutefois, la cuvée 2008 de la Corolla ne nous sera pas offerte toute l’année durant. En effet, la nouvelle génération, présentée comme modèle 2009 et dont les photos d’espions circulent sur le web, sera dévoilée d’ici quelques mois seulement, et sur le marché dès le printemps 2008.

Mais pour le moment, c’est donc dire que Toyota reconduit la Corolla sans modifications d’importance. En réalité, le seul changement pour 2008 concerne le groupe d’options SE (qui était offert sur le modèle CE en 2007), et qui est désormais remplacé par une édition 20e anniversaire, visant à commémorer l’ouverture de la première chaîne d’assemblage canadienne de la marque. Sinon, tout le reste demeure identique, c’est-à-dire d’une irréprochable banalité. 

Nos parents l’adorent !

Il faut l’admettre, cette Corolla est d’un ennui certain. Et cela n’a rien de négatif, mais il faut savoir que l’acheteur de Corolla a généralement autant d’intérêt pour l’automobile que les inspecteurs de Transport Québec en avaient pour le viaduc de la Concorde ! Et chose amusante, ma maman ainsi que le papa de notre collègue Alain Morin roulent tous deux dans une Corolla toute neuve ! Voilà donc la preuve que notre passion pour l’automobile ne nous a pas été transmise par nos parents !

Papa Morin, qui cherchait sans doute à mettre un tant soit peu de piquant dans sa vie, a choisi la version S de la Corolla, laquelle se vêtit d’un aileron, de jupes aérodynamiques, de jantes d’alliage, de phares teintés et de feux antibrouillards. Plus jolie, cette version n’a bien sûr de sportive que son apparence, mais j’admets que le résultat est fort séduisant. Sinon, en version CE ou LE, on obtient un produit dont l’allure est banale, à la limite du sympathique. À bord, la Corolla plaît à plusieurs pour la position de conduite élevée qu’elle propose. Personnellement, j’aurais aimé un ajustement vertical de l’assise, mais il me faudra pour cela attendre la venue du nouveau modèle. En revanche, les sièges sont confortables et recouverts d’un tissu de qualité. Et à ceux qui souhaitaient une sellerie de cuir, sachez que Toyota a supprimé cette option pour 2008.

La planche de bord est pour sa part des plus classiques, à l’image des lignes extérieures. Sur certaines versions, l’éclairage électroluminescent des jauges vient légèrement égayer l’ambiance mais sinon, le degré de dynamisme à bord se compare presque à celui d’un corridor d’hôpital. Côté équipement, la Corolla est fidèle à sa réputation, c’est-à-dire un peu chiche. Par exemple, la version CE (la plus vendue), n’est pas pourvue d’essuie-glaces intermittents à cadence variable ou de pochettes de rangement au dos des sièges. Il faut pour cela choisir des modèles plus chics ! Qui plus est, alors que la presque totalité des rivales arrive de série avec six sacs gonflables, Toyota ne les propose qu’en option, sur la version la plus chère. Oh, et sachez également que les freins ABS sont absents sur le modèle CE, ce qui constitue une véritable aberration.

Le prix de l’essence, on s’en moque !

Toujours équipée de son réputé moteur quatre cylindres VVT-i de 1,8 litre, la Corolla démontre une puissance très adéquate. Et tant la boîte manuelle que l’automatique exploite correctement la puissance disponible. Cependant, lorsque sollicité, le moteur chante plutôt fort, ce qui devient vite agaçant. Mais ne vous en faites pas, à vitesse d’autoroute, il sait se faire discret. Très peu gourmande, la Corolla vous permettra d’économiser davantage, grâce à notre cher gouvernement, puisqu’un montant de 1 000 $ sur votre achat vous sera crédité (si vous optez pour un modèle à boîte manuelle). En effet, suite à la loi adoptée par le gouvernement Harper qui autorise des rabais pour les voitures à très faibles émissions, la Corolla a été l’une des seules voitures non hybrides à s’y qualifier (le gouvernement s’est basé sur les cotes obtenues par Énerguide). Personnellement, je vous dirais que cette loi est stupide et mal appliquée, car elle ne règle en rien nos problèmes environnementaux, mais pour l’acheteur d’une Corolla, c’est une bonne nouvelle.  

Sur la route, la Corolla n’est pas la plus agile. À ce niveau, Civic, Mazda3 et Lancer font nettement mieux. Équilibrée, elle propose cependant un comportement prévisible, voire sécurisant, malgré un important roulis en virage. Et pour le confort, c’est sans doute l’une des meilleures. Mais si la Corolla n’est pas la plus passionnante des berlines compactes, elle sait se faire grandement apprécier au quotidien. La voiture est maniable (merci au petit diamètre de braquage), bien suspendue et pourvue d’un système de freinage adéquat. Qui plus est, sa qualité d’assemblage est irréprochable, tout comme sa fiabilité légendaire.

Vous l’aurez donc compris, on ne se procure pas une Corolla pour épater ses voisins. Au contraire, ils risquent même de vous trouver sans personnalité ! Mais si ce qui vous importe se résume par les mots fiabilité, économie de carburant, qualité de construction et faible dépréciation, vous cognez à la bonne porte. Et n’ayez crainte, ce n’est pas parce que le modèle est appelé à changer sous peu que la valeur de votre voiture dépréciera davantage.

Feu vert

Fiabilité assurée
Voiture confortable
Très faible appétit de carburant
Faible dépréciation

Feu rouge

Ligne banale
Agrément de conduite inexistant
Où sont les six sacs gonflables ?
Pas d’ABS sur le modèle CE

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