La VW GTI face à la MazdaSpeed3

Publié le 12 octobre 2010 dans Matchs comparatifs par Guy Desjardins

À première vue, ces deux voitures ne révèlent pas grand-chose sur leur réel potentiel. En langage spécialisé, on les qualifierait de « sleeper », c'est-à-dire, de voitures aux allures traditionnelles cachant des motorisations puissantes et livrant des performances étonnantes.

Et on doit admettre que la MazdaSpeed 3 et la Volkswagen GTI ne présentent pas des styles qui les démarquent du lot. Bien sûr, quelques artifices viennent rappeler que ce sont des voitures d'exception. Dans le cas de la GTI, ce sont les roues de 18 pouces, la ligne rouge incrustée dans la calandre et l'insigne GTI sur la voiture. Rien de bien extravagant. Du côté de la Speed 3, outre les roues de 18 pouces, les jupes de bas de caisse, l'aileron arrière, la double sortie d'échappement et l'écusson MazdaSpeed, on remarque une énorme entrée d'air sur le capot avant. Malgré cela, les deux voitures passent pratiquement inaperçues pour la majorité de la population. La Kizashi de Suzuki faisait tourner beaucoup plus de têtes sur son passage.

À l'intérieur, c'est encore plus discret avec quelques touches esthétiques ici et là permettant de se rappeler que l'on conduit une voiture hors de l'ordinaire. Évidemment, il est pratiquement impossible de réinventer l'habitacle pour le rendre unique, ça couterait beaucoup trop cher à réaliser. On se tourne donc vers de petits détails qui peuvent paraître anodin pour plusieurs mais ô combien importants pour celui qui s'occupe de régler les paiements mensuels. Pour la MazdaSpeed3, on remarque entre autre un indicateur de pression du turbo alors que la GTI propose un volant de type Formule 1 de petit diamètre mais disposant d'une excellente prise.

Toutefois, l'attrait majeur de ces deux bombes de performances est sans contredit leur mécanique. Et c'est pour cette raison qu'elles sont si désirables. Dans les deux cas, on propose une motorisation à 4 cylindres jumelée à une transmission à 6 rapports. On retrouve donc à la base, une mécanique similaire.

La brute Speed 3

Toutefois, dans le cas de la Mazdaspeed 3, on a greffé un turbocompresseur au 4 cylindres. Réglé à près de 1,5 bar, le turbo permet de faire passer la puissance à 263 chevaux, ce qui est énorme pour une voiture de cette taille et de ce poids. Cette démentielle motorisation, jumelée à la seule transmission disponible, une manuelle 6 rapports, permet d'obtenir des temps d'accélération extrêmement rapides. Par contre, afin de réaliser ces temps, il faut immanquablement faire les changements de vitesses à la perfection. Et si l'on considère également la légère tendance à l'effet de couple et les accélérations brutales de la voiture, il faut être très bien préparé et attaché pour ne pas perdre de précieuses secondes à se stabiliser pour bien agripper le levier des changements de rapports. Après quelques bonnes accélérations, on se rend compte rapidement que le premier rapport est court et que les suivants sont beaucoup plus faciles à gérer. Le magnifique son guttural de l'échappement permet de rendre l'expérience de conduite encore plus enivrant, surtout lorsque l'on atteint la zone rouge. La présence d'un levier de vitesse à courte course permet de passer les rapports rapidement et la sensation mécanique qui s'en dégage donne le sentiment de conduire une voiture beaucoup plus onéreuse et exotique. À quelques occasions, le bruit de sifflement du turbo nous rappelle que l'on ne conduit pas n'importe quelle Mazda. La tenue de route est ferme, gracieuseté des pneus à profil bas de 18 pouces. Les sièges retiennent bien mais pas autant que ceux de la Mitsubishi Lancer EVO. Bref, la seule amélioration notable serait l'ajout d'une transmission automatique à double embrayage avec palettes au volant.

Docile GTI

Et c'est là que la Volkswagen GTI se démarque de la Speed3. Bien que le moteur turbocompressé de la petite sportive de Volkswagen ne développe que 200 chevaux, ses incroyables temps d'accélération sont principalement rendus possibles grâce à la transmission DSG du fabricant allemand. Très performante, cette transmission permet de passer les rapports en une fraction de seconde en utilisant les palettes montées derrière le volant. On peut donc s'agripper fermement au volant (pas trop tout de même!), garder le cap parfaitement et se concentrer uniquement à changer les rapports. L'effet de couple n'est pas aussi présent que sur la Mazdaspeed et les accélérations s'avèrent beaucoup plus linéaires et constantes sur tout le régime moteur. Le son de l'échappement est agréable et n'interfère pas trop dans l'habitacle. Mais pour du son pur, la Speed offre plus à ce chapitre. La tenue de route de la GTI est ferme et le roulis est pratiquement inexistant. Le freinage est puissant et la conduite performante, surtout lorsque le levier de vitesses est à la position « S ». Mais bien que la GTI soit chirurgicalement plus précise que la Speed, elle doit s'avouer vaincue en puissance brute.

Au final, ce sont deux excellentes voitures qui réveillent le pilote de course en nous. Elles procurent un incroyable et réel plaisir de conduite à tous ceux qui adorent « conduire » leur bagnole. La Speed 3 présente un ensemble modifié génétiquement alors que la GTI s'avère plus traditionnelle. Et dans les deux cas, plusieurs pièces de performances sont disponibles pour améliorer encore d'avantage les performances.

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