Saturn Aura, voiture de l'année dernière

Publié le 21 février 2008 dans 2008 par Alain Morin

L’année dernière, non sans surprise, la Saturn Aura a remporté le titre convoité de Voiture de l’année, décerné par l’Association des journalistes automobiles du Canada (AJAC). La compétition était féroce et elle n’a pas reçu cet honneur pour ses beaux phares seulement. Son châssis particulièrement réussi, ses lignes très esthétiques, son moteur 3,6 litres et, finalement, l’ensemble de la voiture ont joué en sa faveur. Une voiture équilibrée, c’est ça ! Une année a passé. Nous avons eu amplement le temps de conduire toutes les versions de l’Aura. Douze mois plus tard, mérite-t-elle toujours son titre ?

Nous ne vous ferons pas languir… Oui ! Elle le mérite toujours. Oui, nous avons toujours autant de plaisir à prendre son volant. Oui, la qualité de la finition s’est améliorée chez General Motors. Non, elle n’est pas encore parfaite ! Cette année, la Saturn Aura propose pas moins de trois modèles qui, tout en étant physiquement semblables, diffèrent passablement côté mécanique. On retrouve tout d’abord l’Aura XE, dite de base. Pour pouvoir l’offrir à un prix vraiment bas (environ 25 000 $), Saturn a laissé de côté plusieurs accessoires plus ou moins utiles, tels les feux de brouillard, le climatiseur automatique, les contrôles de la radio au volant, les sièges avant électriques, et autres babioles du genre. Son V6 de 3,5 litres de 224 chevaux n’est pas des plus récents mais, malgré une certaine rugosité au repos (sur idle), on ne peut lui chercher noise. Ses performances sont loin d’être décevantes et il est possible de franchir le sempiternel 0-100 km/h en moins de10 secondes. Les reprises sont toutes aussi véloces Au chapitre de la consommation, par contre, ça se corse un peu. Ce moteur étant relié à une transmission à quatre rapports, l’absorption d’essence s’avère un peu élevée. D’ailleurs, sa consommation est à peine moins élevée que celle du moteur 3,6 litres de la version XR.

La XR, une version plus sportive de l’Aura et mieux équipée, mérite un très moderne V6 de 3,6 litres qui développe pas moins de 252 chevaux et presque autant de couple. Il assure à la berline des accélérations et des reprises franchement excitantes. On l’a accolé à une transmission automatique à six rapports, ce qui permet d’abaisser la consommation et, comme nous le disions dans le paragraphe précédent, il ne consomme quasiment pas plus que le 3,5 litres. Seul bémol : 252 chevaux pour une traction (roues avant motrices), c’est beaucoup. L’effet de couple est donc très présent (en accélération vive, les roues avant cherchent à aller de gauche à droite), ce qui n’est pas le cas de la version XE. Heureusement, l’Aura XR reçoit, d’office, le système Stabilitrak. Mais ce dernier agit avec tellement peu d’autorité que les roues avant patinent à qui mieux mieux sans intervention apparente. Bons pneus d’hiver chaudement recommandés !

Aura Green Line

Outre ces deux versions, il existe un modèle, dont le prix se situe à mi-chemin entre la XE et la XR, et qui se démarque par sa motorisation hybride. Il s’agit la Saturn Aura Green Line. Cette livrée « verte » compte sur un quatre cylindres Ecotec de 2,4 litres qui développe 164 chevaux et 159 livres-pied de couple. Son architecture est très semblable à celle du 2,4 litres ordinaire, mais les ingénieurs lui ont greffé un tandem moteur électrique/génératrice. Cet ensemble assiste le moteur à essence durant les accélérations et se recharge à partir de l’énergie générée par l’utilisation des freins. Lorsque le véhicule arrête, à un feu rouge par exemple, le moteur à essence cesse de fonctionner. Il s’agit d’un système efficace et peu coûteux à produire que l’on retrouve aussi sur le Saturn Vue. Mâté à une transmission à quatre rapports spécialement adaptée pour le 2,4 hybride, cet ensemble moteur/génératrice s’avère d’une belle transparence tout en faisant de la douceur sa principale qualité. De plus, l’économie d’essence n’est pas une vaine promesse puisque nous avons obtenu une moyenne de 9,0 litres aux cent kilomètres lors de notre essai.

Toutes les Aura sont construites autour d’un châssis d’une belle rigidité au quel on a accroché des suspensions MacPherson à l’avant et multibras à l’arrière. Il nous a semblé que celles de la XE étaient davantage axées sur le confort. En virage, la voiture sous-vire un peu, la caisse affiche un certain roulis mais pour en arriver là, il faut avoir, au préalable, mal jugé sa courbe ou désiré dépasser ses limites puisque conduite selon les règles de l’Art, l’Aura affiche un comportement routier tout à fait sain. À cet effet, veuillez prendre note que la tenue de cap à haute vitesse n’est pas des plus rassurantes. La XE roule sur des pneus de 17" tandis que la XR reçoit des pneus de 18" qui n’affectent que très légèrement le confort des occupants. Les freins sont à disque aux quatre roues et l’ABS fait partie de la dotation de base. Par contre, ils s’avèrent très justes en situation d’urgence et ceux de nos modèles d’essai avaient tendance à surchauffer rapidement.

Le clou de finition

La finition de l’habitacle de toutes les Aura que nous avons conduites ne péchait pas par excès de zèle. Après avoir enfin doté ses voitures de matériaux convenables, GM devrait maintenant s’attaquer à la finition ! Un coin de tapis mal installé, un appuie-bras lâche et des garnitures de sièges qui se détachent, ça vous fait déchanter rapidement ! Heureusement, GM a finalement compris qu’il faut une quantité minimum d’espaces de rangement, le système audio est de qualité et les jauges sont du plus bel effet la nuit venue. Par contre, certains pourraient critiquer le volant un tantinet trop grand, le toit ouvrant bruyant (sur un de nos modèles d’essai) et des portières avant très larges mais difficiles à rejoindre quand on est assis dans le véhicule. Le coffre s’avère de bonnes dimensions mais son ouverture est très petite, une malheureuse habitude qui semble se répandre dans l’industrie. Les dossiers des sièges arrière s’abaissent de façon 60/40 mais ils ne forment pas un fond plat. Parlant des sièges arrière, ils font preuve d’un certain confort et l’espace, autant pour les jambes que la tête, n’est pas compté.

Vendue à un prix très compétitif, la Saturn Aura mérite pleinement son titre de voiture de l’année. Même si la version XE avec son 3,5 litres semble moins intéressante, il ne faut pas se laisser influencer par les chiffres. Son manque de puissance est amplement compensé par son équilibre général. Quant à la Green Line, elle prouve que les véhicules hybrides peuvent présenter un bon rapport qualité/prix. 

Feu vert

Lignes réussies, excellent rapport qualité/prix,
habitacle confortable, moteurs bien adaptés,
version hybride

Feu rouge

Finition souvent bâclée, effet de couple (3,6 litres),
système Stabilitrak un peu endormi (3,6 litres),
petite ouverture du coffre, freins peu performants

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