Ferrari F12 Berlinetta 2014: La valse des superlatifs

Publié le 1er janvier 2014 dans 2014 par Jacques Duval

Le règne d’une Ferrari dure en moyenne de 7 à 8 ans. Après quoi, celle que l’on aura adulée comme le nec plus ultra de la réputée marque italienne sera remplacée par un nouveau modèle censément supérieur au précédent à tous les points de vue. La presse spécialisée en vantera les mérites haut et fort avec sa valse de superlatifs, révélant du même coup en quoi elle est meilleure que sa devancière. Comme aucun journaliste n’ose émettre une critique sur une Ferrari, ce sera votre seule façon de connaitre les petits bobos d’un modèle périmé. Quoiqu’une Ferrari n’est jamais obsolète quand on connait les montants faramineux qui sont déboursés de nos jours pour d’anciennes créations de la firme de Maranello.

Après cette digression, voyons à quoi ressemble la dernière œuvre de Ferrari vouée à une utilisation routière. Nommée F12 Berlinetta, elle ressort une appellation trop souvent mise au rancart et qui donne encore plus d’authenticité aux voitures arborant l’emblème du Cavallino Rampante. Dans ce contexte, le terme Berlinetta ne correspond nullement à une petite berline et a été utilisé par Ferrari en de nombreuses occasions pour des voitures sport qui sont passées à l’histoire, des voitures qui cadraient avec ce qu’Enzo Ferrari considérait comme la Ferrari idéale, soit celle pourvue d’un vibrant V12 placé à l’avant.

L’éloquence des chiffres

Ne serait-ce que pour cela, la dernière F12 a droit à une effusion de louanges. Elle les justifie pleinement quand on consulte les chiffres : deux secondes plus rapide que la divine Enzo sur le circuit maison de la firme à Fiorano et une seconde plus véloce que la version la plus aboutie de la 599, la GTO. Le contraire eut été surprenant à la lecture des coordonnées de la F12. Sous le capot avant, le V12 atmosphérique à injection directe de 6,2 litres est fort de 740 chevaux à 8250 tr/min qui sont acheminés aux roues arrière par une boite de vitesse semi-automatique et double embrayage à 7 rapports. 

Comme si cela n’était pas suffisant pour affirmer sa suprématie, le nouveau porte-étendard de Ferrari a été soumis à un régime minceur dont le principal ingrédient a été l’aluminium utilisé pour le châssis et la carrosserie, ce qui résulte en une rigidité accrue de l’ensemble de 20 %. Raccourcie de 4,7 cm par rapport à la 599, la F12 est aussi 6,3 cm plus basse, ce qui se solde par une diminution de poids de l’ordre de 50 kg. Tous ces chiffres sont d’une éloquence formidable quand on se retrouve au volant de ce véritable concentré de savoir-faire. Elle n’a pas l’agilité d’une Mini Cooper, on s’entend, mais offrez- lui une route un tant soit peu ouverte et préparez-vous à vivre des émotions fortes.
D’autant plus que cette Ferrari a fait l’objet à haute vitesse d’une recherche aérodynamique visant à réduire la trainée tout en améliorant la portance. Témoin, ces deux renflements latéraux coiffés de l’emblème jaune du cheval cabré qui contribuent à une meilleure gestion de la résistance de l’air.

Des performances ahurissantes
Deux souvenirs refont surface dans l’analyse de la F12 Berlinetta. D’une part, sa docilité et je dirais même sa facilité de conduite tranchent carrément avec ce que j’ai connu des nombreuses Ferrari que j’ai eu le bonheur (tout de même) d’essayer au fil des ans. Bien des modèles ne méritaient pas de telles épithètes. L’autre souvenir illustre avec grande éloquence l’accélération des performances au cours des dernières décennies. Si, par chance, vous avez un exemplaire du Guide de l’auto 1970, vous y noterez que la Ferrari 275 GTB 4 de l’époque mettait 5,9 secondes à atteindre 60 mph et un peu plus pour boucler le 0-100 km/h. La F12 2014 s’acquitte de cette tâche en la moitié moins de temps, soit 3,1 secondes. Ahurissant! Pour que le contraste soit encore plus frappant, on pourrait même ajouter que la grande majorité des voitures actuelles sont capables de boucler les temps d’accélération de l’époque.

La confirmation de la plus grande civilité des Ferrari Grand Tourisme nous vient d’une statistique émanant de chez Ferrari et qui veut que ces modèles sont beaucoup plus souvent utilisés sur une base quotidienne que, par exemple, la 458 et toutes ses devancières à moteur central, nettement plus pointues. En fait, la nouvelle F12 possède même parmi les divers réglages de sa suspension, un mode que l’on croirait avoir été étudié pour le réseau routier québécois. Le manettino qui prend place sur le volant permet en effet de choisir l’option bumpy road (route cahoteuse) afin d’adoucir l’amortissement au passage de revêtements dégradés. Cela fait monter d’au moins un cran la cote de confort de la voiture.

La carrosserie est elle aussi conçue pour peaufiner les performances. Car, en plus, des pontons latéraux cités plus haut, les prises d’air latérales du bouclier avant assurent un meilleur refroidissement des freins en carbone céramique.

Sommes-nous devant la meilleure voiture de sport du monde avec la Ferrari F12? Voilà une question à laquelle on ne saurait répondre sans un match comparatif chimérique avec les autres voitures d’exception de ce monde. Il est permis de croire toutefois que la dernière-née des Ferrari ne sera battue à ce jeu que par le modèle qui lui succèdera dans 7 ou 8 ans.   

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