Subaru Ascent 2019 : une ascension lente

Publié le 21 août 2019 dans Essais par Michel Deslauriers

On peut certainement comprendre la volonté de Subaru d’introduire un VUS intermédiaire à trois rangées de sièges sur le marché nord-américain. Après tout, plus d’un million de ces véhicules familiaux trouvent preneur chaque année aux États-Unis, alors le potentiel d’amasser de bons profits est là.

Rival direct aux Ford Explorer, Toyota Highlander, Honda Pilot et Chevrolet Traverse, pour n’en nommer que quelques-uns, le Subaru Ascent 2019 a bien amorcé sa carrière chez nos voisins du Sud. Toutefois, au Canada, les consommateurs ne sont pas aussi enthousiastes envers ce produit, mais il faut dire que le marché canadien préfère les VUS compacts en ce moment.

Ce n’est pas la première fois que le constructeur japonais tente sa chance dans ce segment, ayant introduit le Subaru Tribeca à sept passagers – ou B9 Tribeca durant les premières années – en 2005. Il ne s’est pas très bien vendu, mais la compagnie a persisté à le garder au sein de sa gamme pendant neuf ans.

D’abord, l’Ascent est un véhicule plus concurrentiel puisqu’il est plus gros dans toutes les dimensions extérieures, ceci se traduisant par un habitacle plus logeable. De plus, son design est plus conventionnel, se fondant mieux avec ses adversaires, et la plupart des acheteurs de VUS semblent peu intéressés par un style moins traditionnel de toute façon.

Photo: Michel Deslauriers

Sous le capot, on retrouve un nouveau quatre cylindres turbocompressé de 2,4 litres, qui sera également proposé dans les Subaru Legacy et Outback 2020. Produisant 260 chevaux ainsi qu’un couple de 277 livres-pied entre 2 000 et 4 800 tr/min, ce moteur s’avère plus musclé que le six cylindres à plat de 3,6 litres de la marque, qui prendra bientôt sa retraite, mais n’est évidemment pas aussi raffiné. Sa sonorité à plein régime ne vous donnera pas la chair de poule, mais il consomme peu d’essence.

En fait, le Subaru Ascent 2019 figure parmi les VUS à trois rangées de sièges les moins énergivores sur le marché, avec des cotes ville/route de 11,6/9,0 L/100 km, aux côtés des Mazda CX-9, Toyota Highlander et Nissan Pathfinder. Par contre, en conduite réelle, on a dû se contenter d’une moyenne de 11,5 L/100 km lors de notre essai, ce qui n’est pas très impressionnant.

Le moteur de 2,4 litres fait certainement le boulot, tout comme la boîte automatique à variation continue à laquelle il est boulonné. Toutefois, on a observé d’occasionnels à-coups de la motorisation à très basse vitesse, un tantinet désagréable. En général, on préfère la douceur d’un bon moteur V6, et l’on serait prêts à sacrifier quelques dixièmes de litre d’essence par rapport au quatre cylindres de l’Ascent.

Photo: Michel Deslauriers

Convenablement équipé, le Subaru peut remorquer jusqu’à 2 268 kilogrammes (5 000 livres), mais curieusement, la capacité de la déclinaison de base est limitée à 907 kg (2 000 lb). C’est la même motorisation, mais un système de refroidissement moins efficace vient amputer lourdement la capacité de remorquage. On devine qu’il s’agit d’une simple tactique pour inciter les consommateurs à choisir les versions cossues.

Et franchement, la variante Commodité de base ne déborde pas de caractéristiques de toute façon. Elle comprend des sièges avant chauffants, un aménagement pour huit passagers, un climatiseur automatique à trois zones et une chaîne audio basique avec écran tactile de 6,5 pouces ainsi qu’une intégration Apple CarPlay et Android Auto. Oh, et 19 porte-gobelets! Dix-neuf. Ce n’est pas une erreur de frappe.

En optant pour la version Tourisme, on ajoute un toit ouvrant panoramique, un hayon à commande électrique, une clé intelligente, une surveillance des angles morts et une alerte de trafic transversal arrière, un volant et un levier de vitesses gainés de cuir ainsi qu’un écran tactile de 8,0 pouces, plus convivial.

Photo: Michel Deslauriers

Elle peut également être équipée de sièges capitaine dans la deuxième rangée pour une capacité de sept passagers. Les déclinaisons Limited et Premier misent sur des caractéristiques haut de gamme comme une sellerie en cuir, des roues de 20 pouces, un volant chauffant, des sièges de deuxième rangée chauffants, des sièges avant ventilés, un rétroviseur intérieur à caméra arrière, une chaîne harman/kardon à 14 haut-parleurs et plus de ports USB.

Les coussins de siège de deuxième rangée ont été installés à une bonne hauteur par rapport au plancher, permettant un meilleur confort, et l’accès à la troisième rangée est facile. Tous les sièges arrière peuvent être rabattus, créant ainsi un généreux espace de chargement – bien que le plancher ne soit pas complètement plat –, surpassé seulement par ceux des Honda Pilot, Chevrolet Traverse et Volkswagen Atlas.

Certains détails ont été bien pensés dans l’Ascent, comme le cache-bagages pouvant être rangé sous le plancher lorsque non utilisé, et en option, la caméra arrière pouvant afficher ce qui se passe derrière dans le rétroviseur intérieur conventionnel – bien que l’on doive s’habituer à son angle de projection. Cependant, on aurait aimé avoir des vitres arrière à levée et descente automatiques, ce que même notre luxueuse version Premier à l’essai ne proposait pas.

Le Subaru Ascent 2019 est indéniablement polyvalent, confortable et surtout habile, puisqu’il est muni du rouage intégral à prise constante de la marque. Cette mécanique figure parmi les meilleures de l’industrie pour confronter la rude saison hivernale au Canada.

Photo: Michel Deslauriers

Vendu à partir de 35 995 $ avant les frais de transport et de préparation, l’Ascent est concurrentiel. Le meilleur choix de la gamme serait la version Tourisme à 40 995 $, bien que la Premier tout équipée ne dépasse pas la barre des 50 000 $.

En somme, le Subaru Ascent est un solide VUS intermédiaire à trois rangées qui en offre beaucoup, mais qui ne se distingue toutefois pas dans son segment. De plus, ce n’est pas le modèle le plus raffiné de sa catégorie. En contrepartie, à la fois les fidèles de la marque et les nouveaux clients y trouveront leur compte. Pour le moment dans cette catégorie, on accorde nos pointages les plus élevés au Ford Explorer 2020 redessiné, au Honda Pilot ainsi qu’aux cousins coréens Hyundai Palisade et Kia Telluride.

Fiche d'évaluation
Modèle à l'essai Subaru Ascent
Version à l'essai Premier
Fourchette de prix 35 995 $ – 49 995 $
Prix du modèle à l'essai 49 995 $
Garantie de base 3 ans/60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur 5 ans/100 000 km
Consommation (ville/route/observée) 11,6 / 9,0 / 11,5 L/100km
Options n.d.
Modèles concurrents n.d.
Points forts
  • Excellent rouage intégral
  • Espace de chargement généreux
  • Prix intéressant
Points faibles
  • Sonorité de moteur peu raffinée
  • Version de base inintéressante
  • Consommation en conduite réelle discutable
Fiche d'appréciation
Consommation 4.0/5 Excellente sur papier, un peu moins en conditions de conduite normales.
Confort 4.5/5 Beaucoup d’espace pour tout le monde, bon soutien des sièges.
Performances 3.5/5 On n’obtient pas le raffinement et la douceur d’un bon moteur à six cylindres.
Système multimédia 3.5/5 Il n’est pas le plus complet en matière de caractéristiques, mais au moins, l’intégration Apple CarPlay et Android Auto figure de série.
Agrément de conduite 3.5/5 Conduite solide, mais surtout appréciable en hiver grâce au rouage intégral très efficace.
Appréciation générale 3.5/5 Un bel effort de Subaru pour créer un VUS à trois rangées, mais il y a tellement de bons choix sur le marché, et l’Ascent n’arrive pas à se distinguer nettement.
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