Opération minoune SVP

Publié le 2 septembre 2022 dans Blogue par Antoine Joubert

Comme tout amateur d’automobiles, je m’amuse de temps à autre à survoler les petites annonces. À regarder les voitures à vendre, qu’elles soient récentes, plus vieilles ou antiques. Parfois, je passe un peu de temps sur des encans virtuels. Mon constat? Le Québec est rempli de ce que j’appelle des cadavres roulants. Des véhicules dans un état lamentable, qui sont mis en vente et que des gens achètent, sans se douter des innombrables problèmes qui les accompagnent. Plusieurs auront recours au financement pour payer - sans le savoir - de véritables citrons, avec un effet boule de neige sur le portefeuille.

Bien qu’au Québec certaines lois soient plus sévères qu’ailleurs, je suis donc à même de constater que le parc automobile est en piteux état. Ce dernier vieillit parce que les gens conservent maintenant leur véhicule plus longtemps, mais aussi parce que les véhicules passent plus facilement l’épreuve du temps qu’il y a dix ans. Ceux-ci sont généralement mieux construits, plus solides et mieux armés pour faire face à nos hivers.

Dans certains ateliers mécaniques et commerces de pièces automobiles, on remarque depuis peu que les gens acceptent de débourser un peu plus pour mieux entretenir leur véhicule. Sans doute y voient-ils une plus grande pertinence considérant la valeur montante des véhicules. Ou serait-ce parce qu’on sait qu’il est aujourd’hui plus difficile de mettre la main sur une voiture neuve?

Cela dit, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour éduquer et surtout convaincre l’automobiliste de bien entretenir son véhicule. Un entretien qui est évidemment bénéfique sur le comportement du véhicule, sur son rendement énergétique et sur la longévité des pièces. Par exemple, un entretien annuel des freins et un simple alignement prolongera de beaucoup la durée de vie des pièces de frein et des pneumatiques, dont la pression devrait idéalement être vérifiée chaque mois.

Photo: Marc-André Gauthier

Le bon entretien d’un véhicule est aussi primordial pour la sécurité. Vous ne freinerez pas de la même façon avec un véhicule désaligné, à la suspension défoncée, avec des étriers de frein saisis et des joints à rotule usés à la corde qu’avec un véhicule neuf. Ajoutez à cela des pneumatiques usés et mal gonflés et vous avez là un scénario catastrophe. Pourtant, et au risque de me répéter, la SAAQ ne fait absolument rien pour sensibiliser l’automobiliste au bon entretien de son véhicule. Aucune campagne de sensibilisation et encore moins d’inspection obligatoire, ce qui permettrait sans aucun doute de réduire le nombre d’accidents, parfois même mortels. Et lorsque le pire survient, on se contente de supposer que la vitesse pourrait être en cause.

Je me permets donc de dire ceci. Rouler à 85 km/h dans une zone de 70 km/h n’est pas un problème. Or, ça le devient très sérieusement avec une voiture en piteux état. Il est grand temps que la SAAQ comme les autorités policières sévissent. Que ces dernières effectuent ce qu’elles appelaient jadis des « Opérations minounes », pour s’assurer de retirer ou faire réparer ces véhicules qui sont de véritables dangers publics pour le conducteur comme pour les autres.

Photo: Marc-André Gauthier

Si je reviens à la charge avec ce sujet, c’est parce que cette semaine j’ai aperçu une jeune femme qui a perdu le contrôle de sa Hyundai Elantra 2011 à l’approche d’un virage. Elle roulait devant moi à une vitesse tout à fait normale. Or, la chaussée un peu glissante combinée avec des pneus usés à la fesse et, qui plus est, de la mauvaise taille, l’ont carrément amenée à perdre le contrôle de sa bagnole. Comme elle était enfoncée dans le fossé, je me suis immobilisé pour lui porter secours. Plus de peur que de mal : la jeune femme n’avait aucune blessure. En quelques secondes, j’ai pu constater que deux des trois lumières de frein ne fonctionnaient pas, que le témoin d’anomalie des freins ABS était allumé et que le pare-brise était craqué. Également, que le filtre d’habitacle n’avait probablement jamais été changé puisque le pare-brise était tout embué. Qu’en était-il des freins, de la suspension et des pièces de direction? Je n’ose même pas l'imaginer.

Chose certaine, cette jeune femme a eu peur. Heureusement pour elle, elle n’a subi aucune blessure et a pu reprendre la route après qu’une remorqueuse ait tiré sa voiture - demeurée intacte! - du fossé. Je me suis permis de lui recommander une petite visite au garage, ce à quoi elle m’a répondu qu’elle préférait changer d’auto. J’ai donc quitté les lieux en me disant que tôt ou tard elle se retrouverait à nouveau avec des problèmes similaires. Parce que la clé, ce n’est pas de changer de voiture chaque fois que quelque chose ne va pas. C’est d’entretenir celle que l’on a.

À voir aussi : l'inspection mécanique, pour ou contre ?

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