Pendant ce temps... chez Hyundai

Publié le 19 juillet 2024 dans Blogue par Antoine Joubert

En faisant fi des Tesla qui se vendent en un claquement de doigts, Hyundai figure parmi les constructeurs qui excellent le mieux dans le monde de l’électromobilité. Certains diront que Chevrolet rattrape avec brio le temps perdu, ce qui est vrai. Chez Hyundai, l’engouement pour les produits électrifiés demeure, alors que l’offre comporte pour l’heure trois propositions. Le Kona, l’Ioniq 5 et l’Ioniq 6. Suivront rapidement d’autres modèles qui risquent aussi d’attirer l’attention du public, comme le fait actuellement l’EV9 de Kia.

Cet engouement explique pourquoi, pendant près de trois ans, les gens se sont battus pour l’obtention d’un véhicule. En déboursant parfois des sommes dépassant largement le prix de détail suggéré, se fichant même des modalités de financement. Inutile de vous dire que l’économie énergétique face à un petit VUS à essence ne palliait pas dans ce cas la surprime déboursée pour ces véhicules, malgré les incitatifs gouvernementaux en place.

Heureusement, d’autres ont été plus chanceux et ont payé le juste prix. Parfois deux fois plutôt qu’une, puisque les concessionnaires faisaient tout pour obtenir des modèles d’occasion qu’ils pouvaient revendre en surenchère, tout en vendant une autre unité, neuve. L’astuce du « deux transactions en une » allait constituer une règle d’or pour les concessionnaires, surtout de marque coréenne, aux prises avec de sérieux problèmes d’inventaire. Mais voilà, le vent a tourné. Une Ioniq 5 n’est désormais plus une denrée rare, au point où l’on pourrait même vous offrir de petits rabais. Attention, rien de comparable avec ce que propose Toyota avec son bZ4X à taux subventionné. Mais une offre, disons, plus attrayante qu’il y a quelques mois à peine.

Photo: Toyota

Pour comprendre cet inventaire soudainement généreux des Ioniq 5 et 6, il faut se tourner vers la Colombie-Britannique, qui a récemment changé ses règles d’admissibilité aux crédits. Dorénavant, un véhicule ne peut être admissible au crédit provincial que si son prix d’entrée est inférieur à 50 000 $. Cela ne laisse donc qu’une poignée de modèles admissibles comme la Fiat 500e, le Kia Niro, le Mazda MX-30 ou encore le nouveau Chevrolet Equinox EV. Sans oublier le Kona Electric de Hyundai, qui est d’ailleurs toujours aussi rare chez les concessionnaires, contrairement aux Ioniq 5 et 6.

Ainsi, parce que plusieurs modèles initialement destinés au marché de la Colombie-Britannique ne se qualifient plus, ceux-ci sont rapatriés au Québec où les 7 000 $ de rabais sont en vigueur jusqu’au 31 décembre 2024. En combinant ce facteur avec les commandes tardives des dernières années, qui débarquent enfin en concession, alors que les clients sont désormais moins nombreux, on comprend pourquoi les concessionnaires Hyundai peuvent vous livrer l’Ioniq 5 de votre choix dès aujourdhui.

Photo: Hyundai

S’il en est ainsi chez Hyundai, dites-vous que les autres marques vivent la même situation. Chez Volkswagen, les ID.4 jadis rarissimes se multiplient dans les stationnements de concessionnaires, avec une grande difficulté à trouver preneur. Pareil pour le Subaru Solterra, le Nissan Ariya et le Ford Mustang Mach-E. Or, le problème de Hyundai est malheureusement plus grand. Parce que la maison mère canadienne a choisi d’acheminer des milliers de VÉ au Québec considérant qu’il s’agissait du meilleur endroit pour les écouler, mais en privant en revanche les concessionnaires de la Belle Province de modèles à essence plus abordables.

Ainsi, un concessionnaire qui livre annuellement 1 000 véhicules ne recevra au mieux que trois Elantra sur une base mensuelle. Peut-être, un ou deux Venue. Et la situation n’est pas plus rose pour le Kona à essence, pour lequel les listes d’attente s’allongent. Alors oui, aussi drôle que ça puisse paraître, les véhicules abordables chez Hyundai se font de plus en plus rares. Et les plus faciles à obtenir sont les Ioniq 5 et 6, très bien équipés. Le monde à l’envers, direz-vous! Quoi qu'il en soit, voilà une preuve que l’industrie peine à suivre la fluctuation très rapide des marchés.

À voir aussi : entrevue avec Steve Flamand, directeur exécutif, ventes et stratégie numérique chez Hyundai Canada

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