Ford Fiesta 2011, mission accomplie

Publié le 27 août 2010 dans Premiers contacts par Denis Duquet

Depuis près d’une année, la compagnie Ford mène tambour battant une campagne publicitaire en faveur de la Fiesta. En effet, même si elle n’était pas sur le marché, le constructeur ne ratait jamais une occasion de  nous passer le message : la Fiesta s’en vient ! Mieux encore, on a fait venir une douzaine de versions européennes de la Fiesta afin de l’exhiber en public et de la faire conduire par les chroniqueurs automobiles et autres journalistes. Il faut d’ailleurs féliciter la direction de la compagnie qui a mis tant d’emphase pour mousser une sous-compacte, une  catégorie qui n’a généralement pas les faveurs du public américain, surtout aux États-Unis. Ceci est bénéfique pour toutes les autres automobiles  de la catégorie, un autre pas dans la bonne direction car ces voitures sont plus économiques en carburant et  polluent moins.

L’an dernier, nous avions eu l’opportunité de conduire une Fiesta européenne et le bilan avait été fort positif. La version définitive de cette voiture est maintenant arrivée sur notre continent  et il est intéressant de voir si la version nord-américaine est à la hauteur de nos attentes.

Une berline et un hatchback

Comme la clientèle américaine n’est pas trop entichée des voitures à hayon pour des raisons qu’il serait trop long d’expliquer, Ford a eu la sage idée de produire une version berline de la Fiesta. Cette-dernière ne possède pas la même grille de calandre tandis que la partie arrière est également différente par la force des choses. Ce modèle  sera commercialisé plus tard. Quant au modèle hatchback, celui est toujours aussi élégant et réussi que celui qui nous a été présenté l’an dernier. Les stylistes ont accompli du bon travail. Les phares de route à l’avant et les feux arrière contribuent à donner un caractère exclusif à cette voiture.

L’habitacle est réalisé à partir de matériaux de qualité que l’on n’associe pas nécessairement avec une voiture sous-compacte. Mais, justement, avec la Fiesta, Ford veut donner ses lettres de noblesse à la catégorie. La planche de bord est élégante et on remarque surtout la nacelle des commandes audio qui comprend bien des touches et des boutons, mais qui sont faciles d’utilisation. La même chose pour les trois gros boutons servant à régler la climatisation qui sont situés justement sous ce tableau de commandes. Celui-ci est surplombé par un écran à affichage par diodes électroluminescents. Celui-ci est de bonnes dimensions, mais les rayons du soleil rendent parfois sa consultation difficile. Par ailleurs, l’indicateur de vitesse et le compte-tours sont logés dans un module relativement élégant et de conception très stylisée. On retrouve entre ces deux cadrans un écran d’affichage pour indiquer  la consommation, le total des km parcourus, l’odomètre et la distance à parcourir avant le plein.
Les sièges avant sont confortables et le tissu qui les recouvre est de bonne qualité. Par ailleurs, la commande servant à incliner les sièges avant n’est pas facile à trouver. Quant aux places arrière, elles peuvent accueillir sans trop d’inconfort des personnes de taille moyenne. Par contre, le dossier se replie en mode 60/40, mais  en laissant un surplomb.

Mécanique sophistiquée

Le seul moteur au catalogue est un quatre cylindres de 1,6 litre de 120 chevaux, un peu faible à bas régime. Il est doté de la technologie Twin Independent Variable Camshaft Timing (Ti-VCT) permettant un bon rapport performance/consommation. Mais il est bruyant en accélération, généralement des bruits d’admission d’air. Ce moteur est techniquement avancé, mais il ne paie pas de mine. Alors que tous les autres moteurs de cette catégorie sont dotés d’une cache en plastique protégeant la mécanique des projections de la route, celui du Ford est à découvert. Comme il est doté d’une foule de fils et de tuyaux de toutes sortes, c’est quasiment inquiétant. On se croirait dans les années 70. C’est un détail, mais un détail qui risque d’influencer certains acheteurs.

Deux transmissions sont au programme : une boîte manuelle à cinq rapports et l’automatique à six rapports. De plus, celle-ci est à double embrayage, une première sur notre marché pour la catégorie. Une preuve que Ford entend bien offrir un produit techniquement avancé pour la classe B. Trop souvent par le passé, on nous proposait des sous-compactes propulsées par des mécaniques quasiment rétro. Pas cette fois et c’est tant mieux !

Pour le reste, c’est dans la bonne moyenne avec des freins arrière à tambour et une suspension arrière semi-indépendante. L’équipement de série est passablement étoffé cependant. Par exemple, la version SE à boîte automatique comprenait d’office des roues en alliage, des rétroviseurs extérieurs chauffants, un régulateur de vitesse, des sièges avant chauffants et le système SYNC.

Civilisée

Lorsqu’on prend place à bord, on a nullement l’impression d’être dans une sous compacte. La présentation est élaborée et l’attention aux détails nous porte à croire que l’on est au volant d’une voiture de catégorie supérieure. Il faut également souligner que la position de conduite est correcte tandis qu’un petit bouton rotatif monté sur la partie supérieure de la portière permet de régler facilement les rétroviseurs extérieurs qui sont de grandes dimensions.

Notre premier contact avec la version définitive de la Fiesta a été avec la boîte manuelle à cinq rapports. Les premiers changements de rapport ont permis de constater que la course du levier de vitesses pourrait être plus précise. Mais c’est relativement mineur, Nous avons eu beaucoup plus de difficulté avec l’étagement de cette boîte qui possède deux surmultipliées. Pour doubler, il faut pratiquement rétrograder en troisième, un exercice que certains trouveront agaçant. Et comme le moteur est bruyant, cette montée en régime donne l’impression que le moteur travaille très fort.

C’est beaucoup plus convivial avec la boîte automatique à double embrayage. Avec celle-ci, le moteur donne son plein rendement. Les passages des rapports sont très rapides également,  dommage que cette boîte ne permette pas les passages à commande manuelle. Enfin, toujours à propos de cette transmission, celle-ci donne des à-coups en première ou en seconde vitesse, surtout lorsqu’on circule à basse vitesse dans la circulation.

La tenue de route et le confort de la suspension  sont dans la bonne moyenne bien que certaines personnes vont trouver la suspension un peu ferme. Mas en usage normal, la Fiesta tient son bout sur la route tandis que son niveau de confort est élevé pour la catégorie. Enfin, la direction pourrait être moins assistée à basse vitesse. Mais cette direction à assistance électrique est dotée du système de contrôle EPAS très sophistiqué qui permet de compenser les forces latérales, le vent ou des pneus mal gonflés par exemple. Cette direction annule effectivement, jusqu’à un certain point, les forces du vent. Toutefois, lors de notre essai, nous n’avons pas été en mesure de vérifier ces promesses.

Somme toute, la Fiesta est une voiture généralement bien fignolée qui offre une bonne sophistication technique, un niveau de confort appréciable mais qui ne nous donne pas cette conduite un peu plus sportive et directe que certaines de ses concurrentes proposent. Ce n’est pas un défaut et plusieurs acheteurs vont la préférer à des modèles moins insonorisés et dotés d’une suspension moins confortable. Les ingénieurs de Ford ont visé le compromis le plus acceptable pour la majorité et ils l’ont atteint.

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