Vous souvenez-vous de… la BMW Z1?

Publié le 10 janvier 2020 dans Voitures anciennes par Hugues Gonnot

Elle a fait la couverture du Guide de l’auto 1988, mais elle n’a jamais été vendue chez nous. Elle était au départ un prototype, mais a finalement été commercialisée. On pouvait la conduire les portes ouvertes en toute sécurité.

« Elle », c’est la BMW Z1.

Un projet d’ingénieurs
Tout commence début 1985 avec l’ouverture de la division BMW Technik GmbH, dont le but est de développer de nouveaux concepts de véhicules ou de technologies. C’est Ulrich Bez, futur PDG d’Aston Martin, qui est responsable des quelque 60 ingénieurs.

À peine six mois plus tard, un premier concept est présenté à l’interne. Il s’agit d’un roadster dessiné par Harm Lagaay, futur directeur du style chez Porsche. La direction autorise le développement du véhicule, qui est montré à la presse à l'été 86. Devant les réactions, BMW annonce sa production et la version de série est dévoilée en septembre 1987, au Salon de Francfort.

D’un Z qui veut dire futur!
Le Z de Z1 signifie zukunft en allemand, soit « futur ». Et effectivement, la Z1 embarquait son lot de solutions innovantes pour l’époque. Ce qui marque le plus, ce sont les portes coulissantes, un équipement encore aujourd’hui unique (les Kaiser Darrin 54 avaient déjà des portes qui coulissaient dans la carrosserie, mais d’avant en arrière).

Elles sont rétractables électriquement dans le soubassement pour avoir une conduite vraiment en plein air (on peut les abaisser à la main en cas de besoin, si la batterie est morte par exemple). Pour ouvrir depuis l’extérieur, il suffit d’appuyer sur la serrure. À l’intérieur, une simple poignée commande l’ouverture. On peut évidemment ouvrir ou fermer les fenêtres, mais celles-ci sont obligatoirement baissées quand la porte est ouverte.

Photo: BMW

Le châssis, constitué d’acier galvanisé à chaud, assure seul l’ossature de la voiture, aucun panneau de carrosserie n’étant porteur. Ces derniers, en thermoplastique pour les éléments latéraux et en GRP pour les capot, coffre et couvre-capote, sont amovibles. À l’époque, BMW suggérait que le propriétaire d’une Z1 pouvait changer la couleur de son auto en une heure simplement armé d’un tournevis (dans la réalité, ceux qui ont essayé ont plutôt mis un à deux jours).

Au pire, vous pouvez même rouler sans le moindre panneau de carrosserie! Le pare-brise intègre un arceau de sécurité. Les ingénieurs de BMW Technik ont voulu mettre l’accent sur l’aérodynamisme. C’est pourquoi on ne retrouve pas d’aileron avant ou arrière. C’est le plancher, composé d’un sandwich de matériaux composites, qui assure la canalisation de l’air (en conjonction avec un pot d’échappement spécifique) pour former un diffuseur à l’arrière. Ceci permet d’obtenir un Cx de 0,36 toit relevé.

Le train arrière constitue la dernière innovation. Il s’agit du premier essieu multibras développé par BMW et dont une évolution se retrouvera sous les carrosseries des Séries 3 E36.

Pour le reste, on est en terrain connu. La suspension avant, le 6 cylindres en ligne de 2,5 litres (170 chevaux) et la boîte de vitesses Getrag à 5 rapports proviennent de la 325i E30.

Photo: BMW

Une réaction enthousiaste…
Ainsi donc, BMW présente au Salon de Francfort 1987 son premier roadster 2 places depuis la 507 (1956-1960). Les commandes affluent. Et pourtant, l’auto n’est pas donnée : plus de 80 000 marks allemands, soit l’équivalent du prix d’une Porsche 911.

On annonce sa venue prochaine en Amérique du Nord (voir le Guide de l’auto 88). Mais la production peine à démarrer, car la Z1 est assemblée à la main et requiert de nouveaux procédés de fabrication. Par exemple, la peinture des panneaux de carrosserie en composite demande trois niveaux de dureté de vernis, selon l'emplacement (très souple sur les pare-chocs, mi-dur sur les côtés et dur sur les capot, coffre et couvre-capote). Les premiers exemplaires ne sortent de chaîne qu’en octobre 1988.

Photo: BMW

… mais qui retombe
Entre temps, l’enthousiasme s’est un peu calmé. La forte spéculation autour des premiers bons de commande a quelque peu refroidi les acheteurs et BMW peine à faire monter les cadences de production. Au final, la Z1 ne sera jamais vendue en Amérique du Nord et seuls 8 000 exemplaires seront fabriqués (plus 12 prototypes), dont plus de la moitié en 1990 uniquement. La production s’arrêtera en juin 1991.

L’héritage de la Z1 n’est pourtant pas à sous-estimer. Ses développements techniques se sont retrouvés dans des modèles de grande série et elle a ouvert la porte aux Z3 et Z4 que nous connaissons aujourd’hui (sans oublier la Z8!). Trente plus tard, la Z1 fait encore tourner les têtes, spécialement lorsqu’elle roule portes ouvertes!

En vidéo : 10 modèles qui prendront de la valeur en 2020

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