Le salon du véhicule indisponible

Publié le 29 avril 2022 dans Blogue par Antoine Joubert

En seulement trois jours, le Salon du véhicule électrique de Montréal aura accueilli plus de 43 000 visiteurs.

En effectuant une règle de trois, on peut dire que cet événement a attiré pratiquement autant de gens que le traditionnel Salon de l’auto de Montréal, qui se déroule pendant dix jours et qui, à sa dernière édition, attirait 183 000 visiteurs.

Il s’agit d’un résultat impressionnant pour ce Salon dédié aux modèles électriques, surtout compte tenu de l’indisponibilité des véhicules, ce qui rend inutile la promotion de quelques modèles.

Cette fâcheuse situation n’allait pourtant pas empêcher les constructeurs d’être majoritairement présents au Salon du véhicule électrique de Montréal, où l’obtention de la plupart des véhicules exposés exige de longs délais d’attente. Par exemple, Toyota exposait son nouveau VUS bZ4X 100% électrique ainsi que le RAV4 Prime hybride rechargeable. Des véhicules pour lesquels il faut respectivement patienter 12 et 24 mois avant de les obtenir. Même chose du côté de Hyundai, qui avait sans doute la gamme la plus complète, incluant le très convoité IONIQ 5.

Photo: Hyundai

Tout au long de l’événement, des gens passaient au kiosque du Guide de l’auto pour nous poser mille et une questions souvent similaires. Et dans la plupart des cas, ils étaient conscients des délais d’attente, se sentant parfois privilégiés de réussir à mettre leur nom sur une liste afin d’obtenir un jour, un de ces modèles. Je me remémore d’ailleurs cet homme un peu vantard qui s’est tenu pendant 45 minutes sur le coin de notre kiosque à écouter les gens nous poser des questions, en mentionnant qu’il adorait sa IONIQ 5 tout équipée et qu’il l’avait obtenue rapidement grâce à ses « contacts ». Il ne s’est d’ailleurs pas non plus gêné, torse gonflé, de rappeler aux gens à quatre ou cinq reprises qu’il l’avait payée comptant!

À deux reprises durant le salon, j’ai donné une conférence sur les raisons justifiant cette pénurie de modèles dans le monde de l’électrique. En somme, j’y expliquais que la pénurie de puces électroniques est relative, puisque chez Tesla (qui ne fabrique que de l’électrique), les délais de livraison sont drôlement moins longs qu’ailleurs. J’ai donc évoqué le poids du Québec dans le marché nord-américain, les règles gouvernementales trop peu sévères et la profitabilité moindre de vendre des véhicules au Canada pour expliquer la rareté de ces modèles pourtant si convoités chez nous. Des informations qui ont peut-être permis aux futurs acheteurs de comprendre que les concessionnaires ne sont pas réellement responsables et que le blâme devrait plutôt être redirigé vers le manufacturier et sur sa volonté à vendre chez nous des véhicules moins profitables.

Si, clairement, Tesla - comme les fabricants coréens - a le vent dans les voiles dans le monde de l’électrique, on ne peut en dire autant de certains, qui nagent à contre-courant en tentant de résister à cette nouvelle réalité. C’est le cas de plusieurs constructeurs japonais, qui étaient d’ailleurs pour la plupart tous absents du salon, à l’exception de Subaru et Toyota, qui exposaient leurs modèles conjointement développés, soit les Solterra et bZ4X.

Photo: Subaru

Nissan brillait par son absence, ayant refusé de déplacer un véhicule concept du pourtant très attendu Ariya. Mazda a également boudé le salon, avec son MX-30, tandis que Mitsubishi aurait pu faire connaître son Outlander PHEV de nouvelle génération, qui sera commercialisé l’automne prochain.

Parmi les autres absents, pensez à Porsche, à Mercedes-Benz et surtout, à Volkswagen, qui n’a pas cru bon de présenter son ID.4, pour lequel les concessionnaires ont cessé de prendre des commandes.

Photo: Volkswagen

Bref, on a eu droit à un salon où les absents étaient tout de même assez nombreux, mais où des constructeurs comme Polestar, Kia, Hyundai, BMW, Ford et General Motors ont notamment pu se faire remarquer. D’ailleurs, je n’ai jamais autant entendu parler de Polestar qu’à cet événement, notamment parce que ce constructeur est capable de livrer des véhicules dans un délai raisonnable. Pour plusieurs, un facteur qui prévaut sur tous les autres.

En vidéo: Le Guide de l'auto au Salon du véhicule électrique 2022

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