Volvo XC90 T8 2017 : un hybride costaud qui adore l’hiver

Publié le 10 février 2017 dans Blogue par Marc Lachapelle

ÅRE, Suède – Pour plusieurs, tout véhicule hybride équipé d’au moins un moteur électrique est conçu uniquement pour consommer moins de carburant et sauver la planète. Point.

Or, il était une fois des ingénieurs suédois qui voyaient la chose de manière tout à fait différente. Ils étaient convaincus qu’un véhicule à groupe propulseur hybride devait pouvoir affronter toutes les conditions de conduite imaginables avec autant d’aplomb que les meilleurs modèles conventionnels. En plus de consommer moins et de sauver la planète. Au moins un peu.

C’est pourquoi Volvo a profité du lancement mondial de son nouveau V90 Cross Country pour nous faire conduire le XC90 T8 à groupe propulseur hybride rechargeable au cœur de l’hiver suédois. Une excellente idée, dans ma tête de journaliste automobile québécois.

Photo: Volvo

Par monts et par vaux bien glacés
Au programme, d’abord une centaine de kilomètres de conduite sur les routes ondulées, étroites et sinueuses, souvent glacées et parfois bosselées de la région montagneuse d’Åre, à environ 600 kilomètres au nord-ouest de Stockholm.

Et le lendemain, ô merveille, quelques heures de pilotage sur deux grands tracés de type slalom, découpés sur la surface glacée du lac Ånnsjön. Cet exercice devient doublement intéressant en passant du XC90 T8 au nouveau V90 Cross Country et ensuite au V40 Cross Country, un modèle qui n’est pas offert chez nous. Du moins pas sous sa forme actuelle. Ça viendra bientôt, par contre, lorsque Volvo lancera une nouvelle série 40 construite sur l’architecture adaptable CMA (Compact Modular Architecture), conçue pour les compactes, comme son nom le dit.

Pour que toutes ses machines aient le minimum nécessaire de mordant et de motricité sur la glace vive, Volvo les a toutes chaussées de pneus Nokian Hakkapeliitta dont la bande de roulement était sertie de quelques centaines de crampons de 1,2 mm, donc plus petits que les pointes de 1,5 mm qu’utilise Porsche sur ses voitures pour le premier niveau du programme Camp4 à Mécaglisse.

Photo: Volvo

Des apparences trompeuses
Le nouveau V90 Cross Country était parfaitement à l’aise sur la glace du lac Ånnsjön, comme vous pouvez le découvrir dans l’article qui lui est consacré et en le voyant multiplier les longs dérapages sur la vidéo qu’on y trouve également.

Quant au V40 Cross Country, c’est une petite peste qui devenait diablement amusante à piloter sur la glace une fois que l’on avait compris que son rouage automatique à quatre roues motrices offre le maximum de motricité lorsque toutes les roues sont pointées droit devant. Parce que le rouage transmet alors jusqu’à 70% du couple vers l’essieu arrière.

Et pourtant, la révélation de la journée, à ma grande surprise, fut le XC90 T8, ce luxueux utilitaire sport au profil anguleux qui est un peu plus long, large et haut que le V90 Cross Country, mais surtout plus lourd d’environ 350 kilos, même s’ils partagent l’architecture modulable SPA de Volvo.

Ce surpoids provient en bonne partie des moteurs électriques, de la batterie lithium-ion de 9,2 kWh (113 kg à elle seule) et de toute la quincaillerie du groupe propulseur hybride qui lui procure une autonomie électrique de 43 kilomètres et une cote de consommation combinée assez incroyable de 2,1 l/100 km, selon des normes européennes plutôt optimistes, à vrai dire.

Le moteur électrique qui fait du XC90 T8 un quatre roues motrices en entraînant ses roues arrière ajoute 87 chevaux aux 316 que produit son quatre cylindres thermique de 2,0 litres à injection directe, suralimenté à la fois par un turbo et un surcompresseur, pour une puissance totale de 403 chevaux. Sur le sec, le T8 devrait atteindre 100 km/h en 5,6 secondes. Sur la glace, il accélère autant que le lui permettent ses pneus.

Photo: Volvo

Agile et stable même sans filet
Sur les deux grands serpentins glacés du lac Ånnsjön, le XC90 T8 enfile les virages en succession, tour après tour, sans broncher. Il reste toujours parfaitement docile et stable, quel que soit le mode de conduite choisi parmi les sept qui sont offerts : AWD, Save, Pure, Hybrid, Power, Off Road et Individual. L’intégration des aides à la conduite est à peu près parfaite et leurs interventions virtuellement imperceptibles et inaudibles.

Le plus étonnant, c’est que le comportement et les réactions du T8 demeurent tout à fait prévisibles même si on règle l’antidérapage en mode Sport, ce qui le désactive presque entièrement et permet d’enchaîner les survirages et dérapages contrôlés, à volonté.

Mieux encore, j’attaque le slalom le plus serré en mode Pure, avec les seules roues arrière entraînées par le moteur électrique et l’antidérapage en mode Sport, même si les instructeurs suédois me le déconseillent. Résultat : je réussis à tricoter ce parcours sans difficulté aucune, avec mon aiguille de deux tonnes et demie, alors que je croyais en perdre le contrôle au premier braquage. C’est dire à quel point sa masse est bien répartie, sa direction précise et ses systèmes électroniques efficaces.

Même en poussant fort et en bravant les limites sur une surface qui ne pardonne rien, l’équilibre et les réactions prévisibles et progressives du XC90 T8 sont remarquables. Sur les routes suédoises, glacées ou non, ces qualités se traduisent par une grande confiance et une conduite détendue pour le conducteur de cet hybride costaud qui en a vu d’autres. Surtout que l’on a la bonne idée de laisser tous les systèmes de sécurité veiller au grain.

De quoi admirer calmement, en tout confort, le tapis blanc et les arbres givrés qui défilaient autour de nous sur le chemin du retour ce jour-là, dans le comté de Jämtland. J’imagine très facilement ce costaud de Volvo XC90 T8 à Tremblant, dans Charlevoix ou à l’ombre d’Orford autant qu’à Val-D’Or, Gaspé ou Chicoutimi.

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