Kia Stinger GT 2018 : le monde a bien changé

Publié le 14 mai 2018 dans Essais par William Clavey

Quand la marque Kia est apparue sur notre marché au début des années 2000, plusieurs consommateurs avaient peine à croire que le constructeur resterait longtemps sur nos routes. Après tout, son concurrent coréen direct à l’époque, Daewoo, n’a pas fait long feu ici.

Dans ce temps-là, une Kia, c’était une auto « cheap »; une alternative abordable à un véhicule seconde main. Or, la qualité de finition, les performances, le raffinement et la valeur de revente ne faisaient pas partie de son vocabulaire.

Nous voici en 2018, et Kia est encore ici, mais très différent. En peu de temps, le constructeur s’est grandement amélioré sur tous les points, la qualité de ses produits est désormais à la hauteur des produits japonais et, dans certains cas, même allemands. La Stinger GT, une berline sportive de luxe, est le fruit de cette transformation rapide.

Dans l’imaginaire de Peter Schreyer
Si vous ne savez pas qui est Peter Schreyer, sachez qu’il est un designer allemand qui a fait ses dents chez Audi, pour ensuite passer du côté de Kia en 2005. C’est grâce à lui que les Kia sont si jolies depuis quelque temps et la Stinger, eh bien, c’est son dernier bébé, mais pas juste le sien. La Stinger vient aussi du savoir-faire de Luc Donckerwolke, lequel a travaillé chez Volkswagen et dont le nom a figuré sur des Bentley et des Lamborghini. Pas si mal comme duo, non?

Le résultat est sans contredit absolument réussi. En termes de proportions, la Stinger est une berline intermédiaire, mais elle est munie d’un hayon, un peu comme une Buick Regal GS, une Audi S5 Sportback ou une BMW Série 4 Gran Coupé, faisant d’elle une auto hyperpratique. Une fois la banquette arrière rabaissée, on parle de 1 158 litres d’espace. Certes, c’est spacieux, mais moins que le coffre d’une Regal GS (1 718 litres).

Mais quelle belle bagnole, cette Stinger! De tous les angles, que ce soit par sa calandre agressive incorporant les traits de la famille Kia, par ses énormes freins Brembo cachés derrière d’élégantes jantes de 19 pouces, ou par sa ligne de toit racée qui se termine par de minces feux à DEL hautement stylisés, la Stinger attire les regards. Surtout, son design est unique et n’emprunte aucun élément esthétique à la concurrence.

Toutefois, nous avons un reproche à lui faire : les fausses entrées d’air sur le capot… pas certain que ce soit une bonne idée!

Les performances sont bien présentes
Au moins, les entrées d’air sur les côtés de l’auto servant à refroidir les gros freins, ce sont des vraies, révélant d’ailleurs une mécanique assez remarquable. Au Canada, les choses sont assez simples, il n’existe que deux déclinaisons, dont la Stinger GT. Les consommateurs peuvent aussi opter pour une Stinger GT Limitée ajoutant une chaîne audio Harman Kardon, un écran multimédia de huit pouces au lieu de sept, des sièges en cuir nappa et quelques gadgets de sécurité de plus. C’était la version que nous avions à l’essai.

Un seul moteur est offert dans les Stinger GT, soit un V6 biturbo de 3,3 litres, le même que dans les Genesis G70 et G80 Sport. Dans la Stinger, il développe 365 chevaux et un couple de 376 lb-pi. Toutes les Stinger vendues au Canada proposent de série une transmission intégrale, et la boîte de vitesses est une automatique à huit rapports avec l’assistance au démarrage, ou launch control.

Déclinée ainsi, la Stinger réalise le 0-100 km/h en 4,5 secondes. Derrière le volant, les accélérations sont fulgurantes, voire presque violentes. Le V6 livre sa puissance en pleine douceur, ne manquant jamais réellement de souffle et n’affichant presque aucun délai avant que les turbos embarquent. La boîte automatique enfile les rapports tellement rapidement, qu’elle fait presque penser au système PDK à double embrayage de Porsche. Non, nous n’exagérons pas.

En fait, cette observation au sujet de la boîte de vitesses n’est qu’une des nombreuses vertus de la Stinger, qui, rappelons-le, a été conçue en Allemagne, par des Allemands. Bref, c’est de la qualité.

D’ailleurs, il y a un « autre » monsieur venu d’Allemagne qui a travaillé sur ce bolide, Albert Biermann. Lui, il était responsable de mettre au point le châssis et la suspension des BMW M sur le circuit du Nürburgring. Alors, c’est sans surprise que la Stinger se comporte justement comme une BMW.

Solide
On remarque d’ailleurs une solide construction, un habitacle hautement insonorisé et une douceur de roulement franchement raffinée. Les divers modes de conduite font un merveilleux boulot quand vient le temps d’alterner le comportement du véhicule, notamment la suspension adaptative, permettant à la Stinger d’être soit ultradouce, soit agressive dans les virages. Il y a même un mode Smart qui adapte les réglages de l’auto en temps réel selon les demandes du conducteur.

Dans le spacieux habitacle de la Stinger, on remarque la finition des poignées et les buses de ventilation en métal brossé. Le système multimédia de Kia est facile à comprendre et ses menus sont attrayants. Les sièges avant sont hyperconfortables, par contre la ligne de toit restreint quelque peu le dégagement pour la tête des occupants arrière.

La Stinger n’est pas impressionnante pour une Kia, elle est impressionnante, point!

Elle a néanmoins des défauts : d’abord, sa consommation d’essence n’est pas très raisonnable, le mieux que l’on a pu enregistrer est une moyenne mixte ville/route de 11,4 L/100 km. Ses rivales allemandes sont moins énergivores. Ensuite, son raffinement est encore loin du niveau de sophistication d’une voiture européenne. Puis son moteur V6, bien que doux et puissant, n’émet pas un son particulièrement agréable – surtout que celui-ci est amplifié par les haut-parleurs en mode Sport. Pour finir, notre modèle d’essai émettait malheureusement un bruit de caisse irritant, venant du coffre à hayon, chose qui soulève des questionnements sur la qualité du produit.

Mais à 46 000 $, on la pardonne car, en général, la Kia Stinger GT 2018 est une berline sport performante et amusante à conduire. Ça prouve une fois de plus que les véhicules coréens ne sont plus qu’une simple aubaine à l’achat, mais de réels concurrents à ce qui se fait de mieux.

Fiche d'évaluation
Modèle à l'essai Kia Stinger 2018
Version à l'essai GT
Fourchette de prix 38 000 à 49 995 $
Prix du modèle à l'essai 38 000 $
Garantie de base 5 ans / 100 000 km
Garantie du groupe motopropulseur 5 ans / 100 000 km
Consommation (ville/route/observée) 13.5 / 10 / 11.4 l/100km
Options n.d.
Concurrents Audi A5/S5 Sportback, BMW Série 4 Gran Coupé, Buick Regal GS
Points forts
  • Design réussi
  • Valeur performance / prix incomparable
  • Habitacle confortable, coffre pratique
Points faibles
  • Bruits de caisse
  • Sonorité du moteur trop timide
  • Consommation d'essence perfectible
Fiche d'appréciation
Consommation 2.5/5 Nous avons enregistré une consommation moyenne de 11,4 L/100 km, ce qui n'est pas fameux dans le segment.
Confort 3.5/5 Un habitacle spacieux, des sièges avant confortables et une banquette arrière accomodante, mais le dégagement pour la tête est un tantinet restreint.
Performances 4.5/5 Des accélérations fulgurantes, une tenue de route digne des meilleures Allemandes et une puissance de freinage remarquable.
Système multimédia 5.0/5 Facile à comprendre et bien présenté, compatible Android Auto / Apple CarPlay.
Agrément de conduite 4.0/5 C'est une voiture qui créé des sensations fortes à chaque instant qu'on la conduit, peu importe le mode de conduite choisi.
Appréciation générale 4.5/5 Il faut donner le mérite à Kia : la Stinger est une berline sportive absolument réussie sur tous les points, et avec un prix si alléchant, on ne peut lui reprocher grand-chose.
Share on FacebookShare on TwitterShare on Google+Share by emailShare on Pinterest
Partager
Commentaires