Les véhicules autonomes n’empêcheraient que le tiers des accidents

Publié le 5 juin 2020 dans Technologie/Véhicules autonomes par Guillaume Rivard

Une nouvelle étude américaine jette une douche froide sur les véhicules autonomes, souvent vantés comme la solution miracle pour éliminer les erreurs humaines de telle sorte qu’il n’y ait plus aucun décès sur les routes.

Selon l’Insurance Institute for Highway Safety (IIHS), le même organisme qui s’occupe des tests de collision aux États-Unis, ils permettraient d’empêcher seulement un accident sur trois.

En analysant plus de 5 000 cas signalés par la police ces dernières années, il a été déterminé qu’au moins 90% d’entre eux étaient la faute du conducteur, mais seulement le tiers auraient pu être prévenus par des véhicules autonomes. On parle des accidents causés non seulement par les facultés affaiblies du conducteur (alcool, drogue, fatigue, etc.), mais aussi par des erreurs de jugement, des distractions et des fausses manœuvres, entre autres.

« C’est probable que les voitures 100% autonomes du futur développeront des capacités de détection encore meilleures, mais nos recherches nous indiquent que ce ne serait pas suffisant pour éliminer la majorité des accidents », affirme Jessica Cicchino, vice-présidente de la recherche à l’IIHS et co-auteure de l’étude.

Afin de prévenir les autres deux tiers des accidents, ces véhicules devront être programmés avec une gestion du risque et des capacités décisionnelles totalement repensées qui priorisent la sécurité au détriment d’une mobilité rapide et pratique, suggère l’organisme. Autrement dit, ils ne devraient pas seulement être capables de remplacer les humains au volant; ils devraient être encore plus sensibles, plus prévoyants, plus intelligents, meilleurs pour s’adapter aux différentes conditions routières… et moins pressés de se rendre à destination.

En 2018, en Arizona, un véhicule autonome expérimental d’Uber a tué une piétonne sur le bord de la route parce qu’il a mis du temps à l’identifier et n’a pas été en mesure de prédire qu’elle allait traverser la voie ni d’effectuer la manœuvre d’évitement nécessaire.

L’IIHS fait remarquer aussi que certains accidents sont inévitables, comme ceux provoqués par un bris du véhicule. Et même dans un monde où il n’y aurait que des voitures autonomes, leurs capteurs et systèmes ne seraient pas à l’abri d’un mauvais fonctionnement.

La conduite autonome : ce qu’en pense Antoine Joubert

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