Du génie québécois pour électrifier la filière batterie

Publié le 15 octobre 2021 dans Électrique par TVA Nouvelles

Une firme québécoise qui a développé un procédé unique gardé secret pour recycler 95% des batteries de voitures électriques espère battre les géants asiatiques sur leur propre terrain.

« Il y a les brevets, mais aussi l’expertise opérationnelle qui est importante et les secrets industriels », explique au Journal Jean-Christophe Lambert, responsable du développement des affaires chez Recyclage Lithion.

« On crée des boîtes noires où l’on ne donne pas nécessairement accès à tout à ceux qui achètent notre licence », ajoute-t-il

Jeudi, TVA Nouvelles a appris que Québec a accordé une subvention de 2 millions de dollars à Recyclage Lithion pour peaufiner les procédés de son usine pilote où l'on réussit à récupérer 95% d’une batterie au lithium-ion.

« Les Asiatiques sont plus avancées en termes de volume, mais nous on veut mettre en place de nouvelles usines avec des technos plus propres et plus performantes », a souligné Jean-Christophe Lambert de Recyclage Lithion.

Alors que l’on brûle souvent le lithium en tentant de recycler la batterie, Recyclage Lithion a trouvé comment le préserver pour pouvoir le réutiliser dans une nouvelle batterie.

« On utilise un procédé chimique. On met les matériaux dans une solution et on peut les récupérer les uns après les autres», explique Recyclage Lithion, qui aura sa première usine opérationnelle fin 2022.

Nouvelles obligations 

Pour le gouvernement Legault, cette usine de recyclage est stratégique dans la filière batterie et pour appuyer sur l’accélérateur, Québec va obliger d'ici 36 mois tous les constructeurs automobiles à avoir une chaîne de recyclage.

«Ce n'est pas une taxe, on s'entend bien, c'est réellement les producteurs qui auront à mettre en place cette filière-là de récupération pour un véhicule de 40 000 $, on parle probablement d'un frais supplémentaire de 175 $ », a expliqué le ministre de l’Environnement Benoit Charette à TVA Nouvelles.

Aujourd’hui, il y a plus de117 500 véhicules électriques immatriculés au Québec, on vise 1,5 million de dollars (hausse 30%) d'ici 2030. 

En 2027, on estime qu'il faudra traiter plus de 16 000 ensembles de batteries électriques, 73 000 en 2030, une augmentation de plus 450%. 

«On a le Nickel, on fait la cathode, l'anode, l'hydroxyde, on fait la cellule on va jusqu'au bout on gagne les séries mondiales», a imagé le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon à TVA Nouvelles.

«Si on se rend jusqu'au bout pour les cellules requises, juste au Canada, Ontario, Québec, on parle de 7 à 10 milliards, c'est un succès incroyable», a-t-il dit. 

Fin septembre, le géant automobile américain GM avait mis en garde le gouvernement Legault de vouloir se mettre à recycler trop rapidement des batteries de véhicules électriques qui sont encore utilisables.

« Nous espérons aider le gouvernement du Québec à éviter de commettre des erreurs telles que mandater un système qui recycle prématurément les batteries avant que leur durée de vie utile n’ait été atteinte », avait expliqué au Journal Tammy Giroux, responsable des relations gouvernementales du fabricant américain GM, qui a son siège social à Détroit.

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Recyclage Lithion  

(Source: Recyclage Lithion)

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