smart fortwo 2016: Loin, loin de la ville...

Publié le 6 septembre 2015 dans Premiers contacts par Alain Morin

« Emmène-moi, je t’en prie, loin, loin de la ville… » chantait Georges Thurston, alias Boule Noire. Jusqu’à cette semaine, je n’aurais d’ailleurs jamais pensé associer la plus petite voiture offerte au pays à cette chanson. Parce qu’une smart, c’était bon… à condition de ne pas sortir de la ville.

Or, voilà que Mercedes-Benz (la smart est construite par Mercedes-Benz, tout le monde sait ça!) vient de dévoiler une toute nouvelle génération de sa bibitte. Malgré un style plus masculin que par le passé, la nouvelle smart – avec un « s » minuscule — propose des dimensions identiques à celles de la précédente sauf pour la largeur qui a gagné dix centimètres. Ce qui fait d’une smart une smart est toujours là, de la très courte section avant au hayon en deux parties, collé au dos des occupants en passant par des panneaux de carrosserie en plastique et les roues placées le plus possible aux extrémités.

Assagie mais toujours un peu déjantée
Dans l’habitacle, c’est du smart tout craché mais, selon mon humble avis, c’est mieux présenté qu’avant. Si la qualité des plastiques est toujours relative, on retrouve davantage de rangements et le gros compteur de vitesse est facile à consulter. Les grosses buses de ventilation qui trônent au sommet du tableau de bord détonnent un peu mais, dans une smart, on n’en est pas à étonnement près! Le volant n’est pas ajustable en profondeur… ni même en hauteur! Pourtant, la position de conduite se trouve rapidement (heureusement, nous avons conduit des versions Passion et Prime dont le siège du conducteur s’ajuste en hauteur. Dans la version de base, il ne s’ajuste qu’en profondeur.)

Sous le capot avant, pas de moteur! Comme par le passé, divers éléments y sont logés comme les réservoirs de lave-vitre, de liquide de freins, d’antigel et la batterie. Le minuscule capot en plastique se détache et se rattache facilement grâce à deux petites clenches dissimulées dans la grille avant. Il tient encore du bricolage, retenu à la carrosserie par deux bandes de tissu! D’office, la grille avant est noire mais, selon la version et moyennant supplément, on peut l’avoir argentée ou blanche. Idem pour la cellule de sécurité Tridion(qui entoure l’habitacle et forme le gros du châssis), soulignée par une bande de couleur contrastante qui parcourt les flancs arrière de la smart.

Tiens, tant qu’à parler de la cellule de sécurité… Elle est fabriquée par Magna, une entreprise canadienne, dans une usine française, à deux pas de l’usine d’assemblage de Hambach où est assemblée la diminutive smart. Quant à la plate-forme proprement dite, on la retrouve aussi, allongée, sous la Renault Twingo (cette dernière, une cinq portes, bénéficie d’un empattement de 2 492 mm contre 1 873 pour la smart).

Plus de chevaux que de décibels. Enfin!
Le moteur est, comme toujours dans une smart, placé sous le plancher du coffre. Ce trois cylindres turbocompressé et doté de l’injection directe possède une cylindrée de 0,9 litre (898 cc pour être précis) et développe 89 chevaux à 5 500 tr/min et un couple de 100 livres-pied à 2 500 tr/min. Consultez la fiche technique. D’office, il est marié à une transmission manuelle à cinq rapports, une nouveauté pour l’Amérique, ou à une boîte automatique à double embrayage à six rapports.

La puissance n’est certes pas très élevée mais comme la smart ne pèse que 900 kilos lorsqu’équipée de la boîte manuelle, les performances sont décentes.

Cependant, plus que les performances, c’est tout d’abord le silence de fonctionnement de ce moteur qui impressionne. Ceux qui ont conduit la première génération, celle avec le moteur diesel qui menait un boucan d’enfer, ont de la misère à me croire, je sais! Les transmissions sont tout aussi impressionnantes. La manuelle est agréable à utiliser même si la course du levier est un zeste trop longue et que l’embrayage n’a pas tout à fait la fermeté désirée. En plus, plusieurs seront heureux d’apprendre qu’un mécanisme empêchant le recul en pente veille au grain.

L’importance d’entretenir de bons rapports
L’un des principaux reproches adressés à l’ancienne smart était son affreuse transmission manuelle automatisée qui prenait un demi-siècle pour passer d’un rapport à un autre. Ce temps est révolu. L’automatique à double embrayage fonctionne avec transparence, passe ses rapports très rapidement et toujours au bon moment. Un collègue s’est toutefois plaint qu’elle était parfois brusque en conduite urbaine, un problème que je n’ai pas rencontré.

Sur la route, la smart est beaucoup plus stable qu’avant, en bonne partie grâce à sa largeur accrue. Lorsqu’on abuse un peu trop des lois de la physique, la voiture sous-vire (l’avant continue tout droit) mais il n’est pas long que les assistances, qu’on ne peut désactiver, interviennent avec autorité. Bonne nouvelle, toutes les versions sont dotées du Crosswind Assist, un dispositif qui, par l’entremise des freins, stabilise la voiture lors de vents latéraux. Fini le temps où la smart se déportait de quelques centimètres à la moindre brise!

Même si elle fait preuve d’une nouvelle compétence sur la grand-route, la smart demeure une voiture de ville. Il suffit d’un demi-tour pour s’en convaincre. Elle ne vire pas sur un dix cennes, elle vire sur une tête d’épingle! C’est bien simple, je trouvais des raisons pour faire des demi-tours!

C’est combien de $$$?
Lorsqu’elle débarquera chez les concessionnaires le 18 septembre prochain, la smart fortwo coupé se détaillera ainsi :

Version Pure, boîte manuelle/automatique : 17 300 $/18 700 $

Version Passion, boîte manuelle/automatique : 18 800 $/20 200 $

Version Prime, boîte manuelle/automatique : 20 900 $/22 300 $

À cela peuvent s’ajouter, selon la version, les groupes Écran tactile (1 395 $), Sport (800 $) et Style (1 200 $) et quelques options, à l’occasion dispendieuses. Notez que la version cabriolet fera bientôt son apparition chez nous, que les concessionnaires écoulent la livrée électrique (ancienne génération) et que la forfour européenne ne fera pas le saut jusqu’ici.

La smart demeure une voiture coup de cœur. On se la procure parce qu’on tombe amoureux d’elle. Au moins, à partir de maintenant, l’histoire d’amour risque de durer plus longtemps. Surtout si l’on aime s’aventurer loin, loin de la ville.

Fiche d'évaluation
Modèle à l'essai smart fortwo 2016
Version à l'essai Prime
Fourchette de prix 15 500 $ – 21 000 $
Prix du modèle à l'essai 21 000 $
Garantie de base 4 ans/80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur 4 ans/80 000 km
Consommation (ville/route/observée) 4,9 / 3,7 / 7,2 L/100km
Options n.d.
Modèles concurrents BMW i3, Chevrolet Spark, Fiat 500
Points forts
  • Ligne moins caricaturale qu'avant
  • Transmissions réussies
  • Stabilité étonnante
  • Rayon de braquage hyper court
  • Performances adéquates
Points faibles
  • Ligne pas au goût de tous
  • Quelques matériaux bas de gamme
  • Prix haut de gamme
  • Coûts d'entretien devraient être élevés
  • Fiabilité à confirmer
Fiche d'appréciation
Consommation 4.0/5 Notre moyenne de 7,2 l/100 km ne réflète pas la réalité car nous avons conduit la voiture comme elle ne le sera sans doute jamais! Une consommation de 6,0 l/100 km est probablement envisageable.
Confort 3.5/5 Avec un empattement aussi court, on ne peut espérer un confort à la Lexus. Cependant, c'est nettement plus confo qu'avant.
Performances 3.5/5 Correctes pour l'utilisation anticipée
Système multimédia 3.0/5 Les Allemands ont souvent le don de compliquer les systèmes multimédias. Dans le cas présent, c'est dans la moyenne.
Agrément de conduite 4.0/5 Si, un jour, on m'avait dit que je donnerais 4 étoiles sur 5 à l'agrément de conduite d'une smart, je l'aurais envoyé paître...
Appréciation générale 4.0/5 La smart n'est pas une voiture pour tout le monde mais, désormais, on ne peut plus en rire.
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