Citroën M35 et GS Birotor : il n’y a pas que Mazda qui a vendu du rotatif!

Publié le 25 mars 2020 dans Voitures anciennes par Julien Amado

Dans cette nouvelle série d’articles intitulée Histoire de France, le Guide de l’auto vous fait découvrir des véhicules construits de l'autre côté de l'Atlantique. Retrouvez des modèles mythiques, insolites ou méconnus qui n’ont jamais été vendus au Québec.

Quand on évoque les moteurs rotatifs, on pense tout de suite à Mazda. Que ce soit avec la Cosmo à la fin des années 1960 ou plus récemment avec les RX-7 et RX-8, le constructeur japonais est toujours associé à cette technologie.

Et d’après les dernières informations en provenance du manufacturier, le moteur rotatif va revenir sous la forme d’un prolongateur d’autonomie pour un véhicule hybride.

Mais revenons dans les années 1960. À cette époque, l’essence ne coûte pratiquement rien, l’Amérique du Nord roule avec des V8 tous plus gros les uns que les autres et la situation économique est au beau fixe.

Pour Citroën, constructeur reconnu pour son sens de l’innovation, le moteur rotatif pourrait être un nouveau moyen de se démarquer sur le marché. Absence de vibrations, performances convaincantes, moins de pièces en mouvement, le moteur rotatif possède beaucoup d’avantages sur le papier.

Photo: Citroën

Le constructeur français va alors s’associer à NSU pour développer un moteur de type Wankel. Et la première auto qui va remplir cette mission chez Citroën c’est la M35.

Un prototype et des clients cobayes

On reproche parfois aux constructeurs de se servir des consommateurs pour finaliser le développement de leurs véhicules. Dans le cas de la M35, il n’y a pas de tromperie puisque c’est écrit sur la vitre arrière (voir galerie photos).

La M35 est un petit coupé basé sur la Citroën Ami8, qui n’était pas un premier prix de beauté au départ… Après les modifications, on obtient un prototype au profil étrange équipé d’un moteur rotatif à simple rotor de 49 chevaux.

Citroën avait initialement prévu 500 modèles de test, mais ce nombre n’aurait jamais été atteint. Les sources donnant des chiffres variables, il est difficile de se prononcer.

Photo: Citroën

Ce qui est certain en tout cas, c’est que cette expérience va finalement donner naissance à une berline de grande série, la GS Birotor. Comme son nom l’indique, l’auto est motorisée par un moteur rotatif à deux rotors développant 107 chevaux.

La fiche technique annonce tout de même 175 km/h en vitesse de pointe, ce qui est plutôt élevé pour l’époque.

De son côté, NSU sortira la Ro 80 avant Citroën, un modèle qui fait d’ailleurs partie des pires autos jamais conduites par Jacques Duval.

Au plus mauvais moment

Vendue cher, mais plus performante et dotée d’un équipement plus luxueux qu’une GS « normale », la Birotor va être lancée au plus mauvais moment : lors du premier choc pétrolier en 1973.

Beaucoup trop gourmande et plus capricieuse qu’une berline dotée d’un moteur à pistons, sa commercialisation sera un échec cuisant.

Photo: Citroën

Alors que la GS a été un immense succès commercial en Europe, et en particulier en France, il s’est écoulé moins de 900 unités de la Birotor. Quand on sait que Citroën a vendu environ 1,8 millions de GS, cela laisse songeur sur l’ampleur du revers subi par le constructeur.

Combien des ces autos existent encore aujourd’hui? Il est très difficile de faire une estimation. Une M35 était en vente en septembre 2018, et quelques GS Birotor seraient encore roulantes. Mais ces autos doivent probablement intéresser des amoureux de Citroën ou des collectionneurs qui n’ont pas nécessairement l’intention de rouler avec ces véhicules. En effet, la remise en état d'une auto aussi rare est beaucoup plus complexe que celle d'une GS classique.

Ce projet coûteux, l’achat de Maserati, l’échec de la Citroën SM et une gamme vieillissante vont précipiter la marque dans de grandes difficultés. Alors détenue par Michelin, elle va faire faillite en 1974 avant d’être reprise par Peugeot qui crée PSA Peugeot Citroën en 1976.

Peugeot va alors revendre Maserati, couper les projets coûteux et jugés trop hasardeux et créer une synergie et un partage étroit entre les deux marques. C’est d'ailleurs cette stratégie qui prévaut encore aujourd’hui au sein de l’entreprise.

En vidéo : 10 modèles PSA qu'on aimerait voir au Québec

Share on FacebookShare on TwitterShare by emailShare on Pinterest
Partager

ℹ️ En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies telle que décrite dans notre Politique de confidentialité. ×